#WomentoWomen, le mouvement qui dénonce le féminicide

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Si vous vous êtes connectés récemment sur Instagram, vous avez certainement vu passer sur votre feed des photos de célébrités, mais aussi de vos ami.es en noir et blanc  avec le #ChallegedAccepted ou #WomentoWomen. Ce mouvement se veut célébrer la femme au-delà des rivalités et de la compétition et appel à la solidarité et sororité. Pour participer aux challenges il suffit simplement d’être nominé par une femme de votre entourage et à votre tour, vous pouvez nominer des femmes qui vous infusent de courage et d’inspiration dans votre entourage.

 

«Je garde et soutiens mes sœurs. Allumer une bougie pour l’une de mes sœurs ne diminue pas la mienne» nous partage Tiwa Savage qui a pris part au challenge, plusieurs autres célébrités, mais aussi femmes dans le monde ont pris part aux challenges dans le but d’élever mutuellement la femme. 

 

Les dessous du challenge 

 

Bien qu’il reste difficile d’établir une origine précise à ce challenge, on peut dire qu’il a  fortement été infusé par des événements récents concernant le respect et les droits de la femme. On peut notamment penser au discours de la démocratie Alexandra Ocasio-Cortez qui dénonce le sexisme passif et culturel dans la société américaine qui est devenu viral sur les réseaux sociaux.  Mais le narratif moins connus, on le retrouve de l’autre de la méditerranée, plus précisément en en Turquie ou des internautes turques ont également clame l’origine du challenge #WomentoWomenChallenge en relatant  que l’intention initiale qui visait à  mettre en lumière certes la cause des femmes, mais la cause de la violence faite aux femmes. 

 

En effet, suite au violent assassinat d’une jeune étudiante turque, Pinar Gültekin par son petit-ami, une vague de d’indignation et de dénonciation des violences faites aux femmes bouscule tout le pays. Plusieurs internautes, notamment le compte de @beelzeboobz devenu virale suite à son poste explicatif sur le challenge partage «La Turquie est l’un des pays les plus ravagées par le féminicide». En effet rien qu’en Août 2019, on comptait 284 femmes assassinées, il faut savoir que ce chiffre ne témoigne que des cas qui ont été rapporté, mais beaucoup de violence faites aux femmes se font rapportés. 


L’activiste turque  @beelzeboobz met en lumière les lacunes du système judiciaire turque mais aussi l’impunité des violences faites aux femmes par le gouvernement turc «Nous n’avons pas un système judiciaire ou un gouvernement qui activement tente de prévenir ou interrompre la violence faite aux femmes.  Notre gouvernement tente même actuellement de retirer de la convention d’Istanbul un loi qui protégerait les femmes de la violence conjugale. (…) La Turquie tout entière se réveille chaque matin avec des photos en noires et blancs de femmes décédés dans les journaux et sur les réseaux sociaux. Le challenge noire et blanc à commencer avec l’intention de mettre en lumière cet enjeu. Pour rendre hommage ces femmes. Mais aussi pour montrer, qu’un beau jour, n’importe quelle femme pourrait retrouver sa photo en noire et blanc annonçant son décès  dans les journaux ou dans les réseaux sociaux qui pourrait être confrontés à ces mêmes violences.»

Le #ChallengedAccepted a donc une tout autre signification en Turquie actuellement et il est brandit par des femmes et féministes turques pour dénoncer cette réalité accablante et pour réclamer le droit à la dignité et à la vie des femmes turcs. 

 

L’influenceuse turque et américaine, Zeycan Rochelle, a expliqué sur son compte 

« Vos magnifiques photos en noir et blanc, servent en effet à encourager les autres femmes comme si elles étaient vos sœurs, mais sont avant tout là parce que tellement d’hommes ne tiennent pas compte de nous et de notre valeur».

 

Ce qui nous rappel que tant que les hommes ne feront pas partie de la conversation, et ne se sentiront pas concernés par la violence faite aux femmes, nous ne pourrons pas l’éradiquer. Nous ne pourrons pas non plus parler d’une société qui élève les femmes, si nous n’avons pas tout le monde autour de la table. 

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As #challengeaccepted continues to trend, here is some more information on the origin of the post & how it became suddenly popular out of nowhere❕ . It began to spread first in Turkey as millions of us here grieve the deaths of several women, this week alone, who have garnered a lot of media attention as victims of Femicide. . As the Turkish government looks to back out of the Istanbul Convention, which is made to protect the high number of domestic abuse cases against women, people are angry & banded together to show solidarity against this action. . Your beautiful black & white photo is yes, meant to empower other women as your sister, but because so many men disregard & dispose us of our worth. . I urge you to google Femicide and read the horrific accounts some women have faced. Violence against women anywhere is a tragedy! Share with purpose ✨ . #Femicide #womenempoweringwomen #sisterhood #kadınaşiddetehayır #istanbulsözleşmesiyaşatır #Feminism

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De l’Afrique à la Turquie, continuions à démontrer du soutien, les unes aux autres, mais surtout à lutter contre la normalisation des violences faites aux femmes. Continuions à nous indigner face au féminicide, à l’impunité des crimes genrés, à l’absence d’un cadre législatif adéquat, aux blagues et commentaires sexistes, aux manques de parités et de représentations… Des femmes qui se soutiennent entre elle, c’est une première étape, mais une société qui se dote des pratiques et d’une mentalité non violente, des hommes et des femmes qui déconstruisent leur sexisme internalisé, c’est un tournant que nous méritons tous et toutes. 

Désireuse de voir un monde marqué par plus d'alliances et de justice réparatrice, Fabiola facilite des conversations complexes qui aspirent à créer des changements systémiques. En tant que Consultante en développement organisationnelle, elle soutient ses clients à transformer leurs pratiques organisationnelles et leur modèle de gouvernance pour les rendre plus réflexives, durables et inclusifs. Formée en médiation et résolution de conflit, Fabiola explore l'impact des relations de pouvoir et de privilège au sein des organisations à but non-lucratifs et des institutions publiques. Passionnée d'écriture, ses écrits explorent la résilience et la résistance qui co-existent avec les enjeux de classe, genre et de racisme.