S’aimer dans toutes ses formes : Un acte de résistance

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Une lettre d’amour à votre corps

  

La grossophobie ordinaire, dans les petites actions

La grossophie ordinaire, on la retrouve dans les petites actions. Les petits gestes.
Les petites réflexions envers soi-même. Le regard intransigeant en passant devant
le miroir. Un regard punitif. Une pensée intolérante envers son corps quand on ne
parvient plus à enfiler un pantalon. Au fil des regards, des pensées, nous
détachons et affichons la beauté de notre corps, sous prétexte qu’il a pris
quelques kilos en trop.

La course vers le #BodyGoal sur les médias sociaux 

Depuis le début de la pandémie, de nombreux programmes fitness sont devenus
très célèbres, de Afrifitness 1 à and8Fitness 2 , ces nouvelles coachs afro-
influenceuses ont accumulé des millions de vues et se sont inscrits dans la viralité
du moment. Avec pour objectif de vous faire atteindre votre #PeachGoal ou un
#Hourglassbody, ces challenges gratuits et accessibles nous donnent
l’opportunité de travailler sur nos corps, nous garder saines et bien dans nos
esprits. Et on adore !

 

Il suffit d’un clic maintenant pour avoir le corps parfait. Ces challenges étant plus accessibles donnent l’impression que nous n’avons pas le choix que de perdre du poids. Ou nous aurons failli à nous-même. Cette quête trendy du corps aux fines hanches, fesses bombées et ventre plat, nous rend encore plus obsédés par le culte de la minceur. Dans leurs subtilités, certains de ces challenges nous nourrissent d’une pensée consumante, auxquels nous participons à répandre, celle qu’il existe un #bodygoal à atteindre. 

 

L’ignorance derrière notre grossophobie

Ces challenges ont beau nous apprendre à atteindre nos objectifs physiques, ils
ne nous apprennent pas plus à nous aimer le gras, le gros, le bon des corps
gracieux. Ils ne nous apprennent pas à être plus tolérant.e.s des corps qui ne
s’alignent pas à cet idéal, captifs de standards de beauté qui impactent notre
estime de soi.
Ils nous maintiennent aussi ignorantes. car nous ne sommes pas toutes égales
face à la perte de poids, par notre morphologie et notre métabolisme ‘’économe’’ qui tente de dépenser le moins d’énergie possible, donc rends plus
difficile de brûler les calories, contrairement, à un métabolisme ‘’dépensier’’ soit
qu’il parvient à brûler plus de calories, ce qui facilite la perte de poids.
"Ces résultats corroborent l’idée que certains sujets obèses vont devoir se battre
davantage pour perdre du poids en raison de différences métaboliques", explique
Martin Reinhardt, l’auteur principal de ces travaux.
De cette ignorance découle d’autres formes d'équations erronées, comme :
Être mince = bonne santé VS être gros.sse = être en mauvaise santé.
Les facteurs de minceur ou de grosseur sont multiples et complexes. Notre état
physique, n’est pas et ne devrait pas être un indicateur de notre niveau de santé.

“Ces résultats corroborent l’idée que certains sujets obèses vont devoir se battre davantage pour perdre du poids en raison de différences métaboliques”, explique Martin Reinhardt, l’auteur principal de ces travaux. 

 

De cette ignorance découle d’autres formes d’équations erronées, comme : 

Être mince = bonne santé comme – être gros.sse =  être en mauvaise santé. 

Les facteurs de minceur ou de grosseur sont multiples et complexes. Notre état physique,  n’est pas et ne devrait pas être un indicateur de notre niveau de santé. 

 

La préparation des  #SummerBodies

L’approche de l’été qui frappe à nos portes, est l’occasion du rappel des
#SummerBodies, qui refont surface dans nos timelines. Ces rappels qui poussent
nos corps à se préparer pour leur sorties, sous-entendent, que s’ils ne sont pas
polis et préparés, ils ne valent pas la peine d’être vu, d’être apprécié, d’être
honorés et d’être célébrés. Au fil des saisons, nous pouvons voir sur nos timelines,
l’idée se propager, que si nos corps se veulent sortables pour l’été, ils doivent être
préparés.

 

C’est le cumul de toutes ces perceptions erronées et coup de pressions, qui nous font véhiculer de la grossophobie ordinaire. 

 

De plus, à chaque haute saison de grand hashtag qui nous dictent comment devraient être nos corps, nous oublions que c’est l’industrie de fitness qui se fait beaucoup plus d’argent sur le dos de nos insécurités. L’industrie de la minceur est estimé à plus de 500 milliards d’euro par an en France. Il va s’en dire qu’ils ont beaucoup à perdre, si nous commencions à nous sentir bien dans notre peau. Autant dire que l’industrie de la minceur ne dort pas. C’est une industrie vivante, qui innove toujours et est prête à toujours proposer des produits et des services minceurs, toujours plus adaptés, accessibles, et coûteux pour repasser sur tout ce qui dépasse et est en trop. 

 

Combattre notre grossophobie internalisée : Un acte de résistance 

 

Pour déconstruire la grossophobie qu’on a envers les autres, il faut déconstruire celle qu’on a envers soi-même.  Comme chaque forme de discrimination, nous devons accepter de lever le voile sur la façon dont nous avons internalisé la grossophobie. Voici des façons de combattre activement la grossophobie en vous et autour de vous : 

 

  1. Personne grosse ou non, nous devons questionner et challenger les pensées qui nous viennent à l’esprit comme ‘’ Elle a tellement de chance d’être mince ‘’ ou ‘’ Si elle perdait un peu de poids, elle serait tellement plus jolie’’ ou ‘’ Pas une bouchée de plus, sinon je vais continuer à grossir ‘’ Il faut commencer par déconstruire l’idée que le niveau de beauté que nous avons, dépend du poids que nous avons. 
  2.  Dans un monde digitalisé plus que jamais, nous avons le pouvoir de choisir les contenus et les comptes que nous suivons. Diversifions les comptes que nous suivions et exposons nous à la diversité des corps, des esprits et des êtres, que cette connectivité nous offre. Si tous les comptes inspirants et motivants que vous suivez sont tous très homogènes, dans leur traits physiques, il est temps de vous poser quelques questions.

 

Suivez des personnes inspirantes, grosses qui abordent et déconstruisant la grossophobie au quotidien comme au quotidien @gaelleprudocien, @jessicajedeyoga @munameisjessamyn @Lizzo @radicalbodylove @edynloveslife sont bloggers qui sont actives et grosses qui vivent une vie saine. Pleine. et qui challengent notre vision de la grosseur, dans toute leur fabulosité. 

 

           3.   Guérissons la honte qu’on a reçu en se faisant comparer aux corps des
autres, la honte qu'on ressent en filant sur notre feed instagram, la honte de
se sentir moins désiré et désirable. Nous ne sommes pas responsables et
redevables à des standards de beauté valorisons les corps gros, les bourrelets, les poignées d’amour, les pommettes…. C’est un véritable combat de tous les jours, que de se regarder et de s’apprécier dans sa grosseur, et d’apprécier les autres dans
leurs grosseurs. Mais c’est un combat nécessaire, qui contribue à changer
les normes et les codes sociaux. Un acte de résistance. Un acte qui
révolutionne les pensées et leurs impacts sur la perception des corps
acceptable et appréciables.

 

Enfin, Gros, mince, entre les deux, où peu importe. Ce qui est le plus important c’est
de construire une relation avec son corps. Adepte du sport, ou sportive
saisonnière, cultivons la liberté d’être dans toutes nos formes et résistons et
révolutionnons l’amour propre qui s'étend sur tous la diversité des corps et des
esprits.

 

 

Désireuse de voir un monde marqué par plus d'alliances et de justice réparatrice, Fabiola facilite des conversations complexes qui aspirent à créer des changements systémiques. En tant que Consultante en développement organisationnelle, elle soutient ses clients à transformer leurs pratiques organisationnelles et leur modèle de gouvernance pour les rendre plus réflexives, durables et inclusifs. Formée en médiation et résolution de conflit, Fabiola explore l'impact des relations de pouvoir et de privilège au sein des organisations à but non-lucratifs et des institutions publiques. Passionnée d'écriture, ses écrits explorent la résilience et la résistance qui co-existent avec les enjeux de classe, genre et de racisme.