Quand les femmes s’impliquent dans la protestation civile en Afrique

Quand les femmes s'impliquent dans la protestation civile en Afrique
EPA/Jim Hollander

Que serait vraiment le monde sans les femmes ? Impossible de l’imaginer quand on sait qu’elles en sont à l’origine. Elles sont pourtant marginalisées depuis des siècles dans le jeu politique et citoyen. Chaque année, de nombreuses manifestations se tiennent aux quatre coins du globe où, à chaque fois elles s’illustrent  en tant que lumière récriminatrice. 

Faisons un saut dans le temps pour nous questionner sur les origines de l’invisibilisation des femmes Africaines : dans les sociétés Africaines précoloniales qui  étaient loin d’être parfaites,  certains régimes dit matriarcaux n’affichaient en réalité qu’une façade matrilinéaire. Le sexisme étant déjà une réalité. C’est la colonisation -arabe et européenne- qui a cristallisé cette culture dans laquelle la femme est accessoire à la société. Où elle est vue comme la subordonnée du mâle.

Même après “l’émancipation” et les indépendances des États Africains, le système instauré était bien évidemment en faveur des hommes.  

Ce sont pourtant des femmes qui en 1949 ont marché sur Grand-Bassam en forme de protestation, pour demander la libération des responsables politiques Ivoiriens  emprisonnés par les autorités coloniales françaises. 

Aujourd’hui, encore elles continuent d’endosser le rôle de justicières pour se battre pour le rappel constant de leurs droits en tant que femmes mais aussi en tant que citoyennes. 

Rappelons nous de cette jeune  soudanaise qui en Avril 2019  est devenue un symbole de lutte contre le régime de son pays. Elle  appelait à la démission du président Omar El-Béchir devant une foule de manifestants à Khartoum.

L’ivoirienne Pulchérie Gballet ainsi que sept autres opposantes ont  suivi son exemple en s’opposant lors d’une marche pacifique contre l’annonce de la candidature du président en raison des textes de la constitution qui ont été violés. Elle est incarcérée arbitrairement  depuis plus de deux mois à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Les féministes ivoiriennes  se sont massivement mobilisées pour exiger sa libération. 

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En parlant de féminisme, au Nigéria, lors des marches de protestations anti-SARS, c’est la coalition des féministes locales qui était en front de figure, récoltant donations, vivres et partageant en temps réel les informations sur les différentes manifestations en cours dans le pays. 

Il existe de nombreuses références contemporaines qui méritent encore d’être citées dans cet article mais il est important de souligner que toutes ces femmes qui s’impliquent dans les manifestations le font par devoir, par activisme… par féminisme. Le  féminisme lui-même étant dans sa définition un mouvement qui tend à promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. Donc à faire évoluer la société vers un monde meilleur. 

Ce mouvement continuera d’exister tant que les femmes continueront de porter ces nombreuses luttes sans être rétribuées à juste titre dans l’histoire ou même avec un soutien actif sur le moment.

Ignorer le pouvoir des femmes dans notre société c’est marcher dans un mur les yeux fermés. Le futur sera bien féminin et il est temps que le monde suive le mouvement et mette la femme à la place qu’elle mérite

 

Rédacteur Mode et People ELLE Côte d'Ivoire
J'aime le papier glacé des magazines de mode, la Diversité avec un grand D, le Made in Africa et le partage Mode et People au sein du Digital. J’entretiens depuis peu un rapport particulier avec les vêtements de designers africains. S’il vous plaît, ne me parlez pas de jogging pants.