Quand la recherche d’une femme de ménage se transforme en casse-tête chinois

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Le casting pour une femme de ménage révèle des profils différents. Lequel sera le plus idoine pour votre foyer ?

Parmi les petits bonheurs octroyés par le retour en Afrique, embaucher une ménagère se hisse à la première place. Fini les tâches ingrates du quotidien qui consument votre énergie. Mais avant de se délecter de ses services, débusquer, ce trésor s’impose. En une semaine, je me mue en chasseuse de têtes hors pair pour dénicher la fée du logis. Me voyant un peu trop optimiste, ma famille et mes amis vont vite calmer mon enthousiasme de Repat fraîchement débarquée. Ils égrènent en détails les différents profils d’employés de maison qui risquent de croiser ma route. Médusée, j’écoute le récit rocambolesque de leurs aventures domestiques.

Léocadie, la bonne élève

 Elle s’appelle Léocadie. Elle a quarante ans, trois enfants, le corps généreux, le sourire franc, le pas lent, mais possède une motivation à revendre. Au service du même foyer depuis quinze ans, elle maîtrise les codes pour pérenniser sa place confortable. Honnête, ponctuelle, travailleuse et apte à prendre des initiatives, autant dire qu’elle s’érige en exception. Son sens de la retenue et fidélité la situent comme une pièce cruciale du puzzle familial. Elle comprend vite en devenant ménagère que sa bonne conduite sera sa meilleure alliée. 

Prisca, l’instable

Prisca cumule sept ans d’expérience professionnelle. Frêle, elle déploie néanmoins beaucoup d’énergie dans ses tâches domestiques. Ses seuls talons d’Achille sont la maladie et les enterrements. Combien de fois une personne peut-elle attraper le paludisme en alternance avec un décès dans son entourage? À chaque palu ou deuil, c’est à la générosité de l’employeur qu’on fait appel. Après avoir adhéré à la «commedia dell’arte» les premiers mois, les différents patrons de Prisca l’ont mis face à ses responsabilités et elle s’est retrouvée sans travail. À trop vouloir tirer la corde sensible et tester les limites, on perd au change…

Yasmine, la yoyette

Yasmine est une yoyette (une jeune fille à la mode) comme on dit chez moi A vingt ans, seuls son téléphone, sa manucure et sa coiffure lui importent. Pour continuer à profiter de ses plaisirs superficiels, elle parvient à duper cette mère de famille en quête d’une nounou pour son enfant de deux ans. Un mois de travail avec salaire en poche a raison de sa motivation. Elle dépense son magot en quelques heures, preuve d’une immaturité criante. Dans quelques semaines, elle jouera un autre rôle pour un prochain engagement ponctuel. Prisca incarne le stéréotype de cette jeunesse en perdition qui vit au jour le jour et rêve de devenir Beyoncé ou Rihanna sans démontrer le moindre effort. 

Bernadette l’envieuse

Bernadette travaille depuis quelques mois pour ce couple d’expatriés. Elle a été recommandée. L’appartement spacieux répond aux standards européens. Elle jalouse tout chez eux, leur fraîcheur, leur aisance financière et leur épicurisme. Derrière le sourire professionnel et la bonhomie apparente, l’aigreur creuse son sillon. Durant les congés de ses hôtes, elle essaie les habits de Madame et s’applique à vivre leur vie par procuration. Mois après mois, Bernadette cumule les larcins : vol d’argent, de denrées alimentaires, de vêtements… La sanction tombe vite grâce aux caméras distillées dans l’appartement. L’envie et la malveillance pervertissent les rapports humains et constituent la plupart du temps, la base des relations de subordination.

 

Léocadie, Prisca, Yasmine et Bernadette forment en réalité le patchwork de tous les employés de maison : des qualités et des défauts. À nous de placer le curseur de notre tolérance à leur égard. Ma mère m’a appris que malgré certains manquements,  traiter cet entourage avec respect demeure nécessaire : offrir un repas, une avance sur salaire, payer les frais médicaux. Un employé bien considéré est plus apte à travailler avec entrain. Certes, ils trouveront toujours un terrain pour affûter votre agacement journalier, mais n’oublions pas de leur dire merci.

 

Carmen 

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Amoureuse des mots depuis toujours, Carmen Manga grandit entre le Cameroun et la Belgique. Depuis 2018, elle conte au travers de « Chroniques d’une Repat », ses pérégrinations entre les deux continents. Sous un ton caustique et drôle, elle vous présente une galerie de personnages hauts en couleurs, fruit de la réalité et de son imagination.