Philippe WANG : « Les TIC constituent un moyen pour les femmes de s’émanciper en développant leur propre activité »

Huawei pour l'autonomisation et la valorisation de la femme africaine.

“ Le droit à la connectivité est un droit humain fondamental et la pierre angulaire du progrès économique contemporain, en Afrique, mais également dans le monde de manière plus générale.”

Dans cet entretien exclusif, Mr Philippe WANG, Vice-President Exécutif  de Huawei Nothern Africa nous fait part des engagements et initiatives liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication prises par Huawei pour l’autonomisation et la valorisation de la femme africaine.

Quel bilan faîtes-vous aujourd’hui de la proportion des femmes dans l’économie numérique en Afrique ?

 Le droit à la connectivité est un droit humain fondamental et la pierre angulaire du progrès économique contemporain, en Afrique, mais également dans le monde de manière plus générale. Bien que la transformation numérique représente l’occasion pour le continent africain de dynamiser sa croissance économique, tout en améliorant les conditions de vie des populations, elle n’est malheureusement pas homogène en Afrique ; la fracture numérique étant aussi bien géographique que genrée. 

 Si les femmes ont eu tardivement recours aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), elles perçoivent aujourd’hui le plein potentiel de ces solutions, vecteurs et piliers de leur émancipation et de leur développement. Malgré tout, le secteur des TIC reste encore dominé par les hommes. Une étude de l’UIT (Union internationale des télécommunications) publiée en 2020, a montré que la proportion de femmes utilisant Internet était inférieure de 12% à celle des hommes en Afrique.

Les inégalités en termes d’accès à la connectivité, les difficultés d’accès aux financements ainsi que le manque de formation dans le secteur numérique sont quelques-unes des raisons qui expliquent la faible représentation des femmes dans le domaine des nouvelles technologies, en Afrique. Ces obstacles empêchent ces entrepreneures de pleinement profiter des bénéfices de la transformation numérique en cours sur le continent africain. 

 Pourtant, les TIC sont à même d’offrir un monde de nouvelles opportunités aux femmes africaines. C’est pourquoi, il est nécessaire de remédier à ce problème de connectivité afin de permettre aux jeunes filles et aux femmes de réaliser leur potentiel économique. 

 

Comment la Tech peut-elle être un facteur d’inclusion des femmes ?

La technologie est à même d’opérer de grandes avancées et de laisser à voir de grands changements. Le développement du continent africain va de plus en plus être porté par les nouvelles technologies. Pourtant, alors que les femmes représentent environ 60% de la population active en Afrique, leur participation dans l’économie numérique est relativement faible. Or, au regard de leur proportion dans la population globale du continent, il est vital qu’elles prennent de plus en plus part à cette révolution numérique, les femmes constituant, en raison de leurs activités, un vecteur essentiel de croissance pour l’Afrique. 

 Les nouvelles technologies constituent un moyen pour les femmes de s’émanciper en développant leur propre activité, comme le souligne la large diffusion de l’e-commerce. Selon une étude de la GSMA, d’ici à 2030, l’accès des femmes aux TIC représenterait une hausse des revenus par habitant de 20%. En ce sens, les nouvelles technologies répondent d’abord à un impératif économique (création d’emplois qui conduit donc à une réduction du chômage), permettant à la femme d’être plus intégrée dans l’économie réelle. Mais le numérique répond aussi à un impératif social, la technologie étant là afin que personne ne soit laissé pour compte. Pour les femmes, si le numérique est facteur d’inclusion, elle est également un vecteur d’émancipation, d’autonomie et de promotion du leadership.

Ainsi, il est urgent de combler le fossé numérique. Cela passe notamment par l’éducation, l’objectif étant de doter les femmes de compétences et de connaissances nécessaires à leur réussite. Chez Huawei, l’inclusion numérique des jeunes filles et des femmes est au cœur de notre vision et nous nous mobilisons activement pour la faire advenir, en mettant en place des programmes de formation, en investissant dans les infrastructures, ou encore, en participant à des événements et en étant partenaire de programmes d’envergure en faveur des femmes.

 Cependant, des efforts restent encore à faire, notamment en matière d’investissements et de financements ; ces obstacles empêchant les femmes de profiter pleinement des avantages de la transformation numérique. Il est du rôle de chaque partie prenante, y compris des États et du secteur privé, de promouvoir et de mettre concrètement en place des projets et des financements, afin que les femmes soient pleinement intégrées à l’économie numérique. 

 Au regard de la place que les femmes sont amenées à jouer dans la révolution numérique du continent, il est essentiel de les accompagner pour les former, persuader les investisseurs, etc. In fine, ces actions seront également bénéfiques à l’ensemble du continent, qui verrait alors s’accélérer la 4e Révolution Industrielle.

 

Comment la dynamique entrepreneuriale des femmes peut-elle se faire à travers le numérique ?

Avec la crise de la COVID-19, le numérique a pris une importance grandissante dans nos vies quotidiennes, bouleversant nos modes de production, de consommation et de communication. Ce changement dans nos vies respectives représente tout particulièrement une opportunité pour les femmes, pour qui, cette dynamique constitue un levier d’autonomisation sans précédent, notamment à travers l’entrepreneuriat.

 L’Afrique est un continent qui regorge de richesses, d’opportunités et de talents. Les initiatives d’entrepreneuriat féminin y sont nombreuses : en avril 2021, on recensait 600 millions de créatrices d’entreprises sur le continent, soit 24% d’entrepreneures parmi la population féminine, contre 17% pour les États-Unis et 6% en Europe et Asie centrale. Cependant, peu d’entre elles exercent une profession en rapport avec le digital. 

 Pourtant, favoriser l’accès et la maîtrise des solutions numériques est primordial pour les femmes en Afrique ; le numérique étant un formidable accélérateur de l’entrepreneuriat féminin. Nous le voyons, les femmes sur le continent africain sont de véritables entrepreneures et ont un fort impact positif sur l’économie. Elles sont animées d’un fort dynamisme et d’une volonté sans pareille. Or, en facilitant l’accès à l’information, à la connaissance, aux outils financiers et aux transactions commerciales, la technologie numérique porte en elle le pouvoir et le potentiel de révolutionner l’entrepreneuriat féminin. 

 

Pouvez-vous présenter des programmes et initiatives clés que Huawei Northern Africa a mis en place en faveur de l’inclusion des femmes ?

La numérisation est un moteur de transformation et de croissance du continent africain. Chez Huawei, nous sommes convaincus de l’opportunité que représente le digital pour les femmes africaines qui choisissent d’entreprendre ; le numérique étant une véritable opportunité d’émancipation et de développement, tant dans leur vie personnelle que professionnelle. C’est pourquoi, nous les accompagnons continuellement avec nos solutions et nos infrastructures, mais également en proposant divers programmes de formation. 

 Chez Huawei, l’éducation est la clé, en ce sens qu’elle est à même de renforcer la capacité des femmes à entreprendre et à réussir. Huawei a par exemple mis en place la « ICT Academy dans 318 universités et collèges de haut niveau dans la région Northern Africa, pour enseigner aux étudiants des connaissances de pointe en matière de TIC. Ce programme de formation a ainsi formé plus de 56 000 personnes, seulement dans la région Northern Africa de Huawei au cours des dernières années. Nous pouvons aussi citer le programme Seeds for the Future, lancé depuis 2014 afin d’identifier et de révéler de jeunes talents en TIC sur le continent. L’édition 2021 a vu une explosion de la participation des femmes, qui ont représenté plus de la moitié des candidats dans le monde entier. Enfin, les trois grands axes de notre initiative mondiale clé « TECH4ALL » résument parfaitement notre ambition sur le continent africain en termes de connectivité : il s’agit de promouvoir l’inclusion numérique – sociale et géographique – dans les communautés africaines, d’aider les plus marginalisés à accéder aux nouvelles technologies, tout en favorisant le progrès économique et le développement durable du continent.

 Avec ces différents programmes et initiatives, nous ambitionnons de former les jeunes filles et femmes aux technologies émergentes, telles que 5G, l’intelligence artificielle, ou encore le cloud ; ceci afin de les faire entrer pleinement dans l’ère du numérique. Nous avons également pour ambition de réduire la fracture numérique entre les hommes et les femmes. Il est essentiel que les jeunes filles et femmes du continent soient soutenues, afin qu’elles puissent se projeter dans l’ensemble de la chaîne des métiers composant l’écosystème numérique. 

 Nous sommes également partenaires de plusieurs initiatives et programmes, comme le WIA (Women in Africa) Young Leaders, en 2021. En collaborant avec cette organisation de référence, nous avons voulu réitérer notre engagement pour l’Afrique, et notamment en faveur des femmes africaines. Un an plus tôt, en juillet 2020, nous avions également lancé un partenariat avec DYNEXAFRICA, une organisation caritative féminine en Côte d’Ivoire. Celui-ci a permis d’offrir une formation professionnelle liée aux sciences, aux technologies et à l’ingénierie de l’information aux femmes vivant en zones rurales. En 2020, le programme a bénéficié à plus de 1 000 femmes. 

Edmonde Djiokeng Teboh
Edmonde Djiokeng Teboh
Directrice des Relations publiques chez Huawei CEMAC,

En interne également, nous nous engageons pour la parité et l’inclusion afin de faire avancer la cause des femmes, en Afrique, mais pas seulement. Dès 2016, le Groupe a ainsi lancé une initiative pour encourager nos collaborateurs de sexe masculin à soutenir la campagne HeForShe lancée par les Nations Unies afin d’atteindre l’égalité des sexes.

 Chez Huawei, investir dans la formation et dans le développement de talents numériques et se mobiliser en faveur de l’autonomisation des femmes sur le continent, c’est investir dans la croissance économique et sociale de l’Afrique.

 Quelles sont les perspectives d’avenir en matière d’inclusion des femmes pour les 5 prochaines années chez Huawei ?

 Aujourd’hui, le numérique n’est plus une question sectorielle, mais c’est un enjeu transversal qui touche l’ensemble des secteurs et des strates de la société. En tant que leader mondial de fourniture de solutions et d’infrastructures TIC, Huawei a pour ambition et volonté de donner accès aux technologies numériques au plus grand nombre. 

 Chez Huawei, nous voulons donner à voir le potentiel du continent : nous sommes en Afrique pour l’Afrique. Le numérique est un vecteur de croissance et de développement socio-économique ; c’est ainsi un levier de prospérité et de progrès pour les générations futures. 

 Pour les prochaines années à venir, Huawei Northern Africa continuera de s’investir dans la création d’un vivier de talents en TIC en Afrique, tout en renforçant son implication dans l’inclusion des femmes et leur autonomisation. 

 Pour ce faire, nous allons accentuer et développer nos programmes de formation, avec pour ambition de former 150 000 personnes au cours des cinq prochaines années. Chez Huawei, nous sommes convaincus que la formation dans le secteur des nouvelles technologies de l’information permettra de changer le monde, en renforçant le leadership des femmes sur le continent et en permettant leur émancipation. 

 

 

 

 

Rédactrice Beauté ELLE Côte d'ivoire
Je dirige un cabinet de Consulting en développement de para-pharmacie et de marque dermo-cosmétiques. Je forme les para-pharmacies, coiffeurs, esthéticiennes, marques sur le soin du cheveu, cuir chevelu et de la peau. Je fais également des coachings beauté et donne des consultations aux particuliers.