Octobre Rose – Chaque soutien compte

Octobre rose marque le mois de prévention contre le cancer du sein.  Le cancer du sein, et celui de l’utérus, est l’une des premières causes de mortalité des femmes africaines. Sachant que les femmes représentent un peu plus de 50 % de la population du continent africain, leur santé à risque pose alors d’énormes incidences sur le développement du continent. 

Dès lors, il devient important de sensibiliser et d’encourager les femmes à consulter, rendre les services plus accessibles et d’investir dans les infrastructures, qui visent à améliorer la santé de la femme.

Quelques données sur le cancer du sein en Afrique 

  • D’après l’OMS  en 2020,  plus de 2,2 millions de cas de cancer du sein ont été recensés, ce qui fait du cancer du sein, le premier cancer de la femme dans le monde. 
  • À l’échelle mondiale, la plupart des cas de cancer du sein et des décès par cancer du sein sont recensés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. 
  • Dans de nombreux pays en développement, réduire la mortalité liée à ce cancer est un défi majeur de santé publique
  • Au Sénégal, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent pour les femmes, avec celui du col de l’utérus. 
  • On estimait en 2012, 853 cas par an avec 472 décès selon les chiffres rendus publics par l’Agence internationale de recherche sur le cancer du Sénégal.
  • En une décennie, le nombre de cas a doublé, en 2020, le CIRC estimait que plus de 11 000 personnes étaient atteintes d’un cancer au Sénégal avec environ 8 000 personnes qui en mouraient.
  • Selon le RORAF (Réseau des organisations féminines de l’Afrique Francophone), le cancer du sein reste la première cause de mortalité des femmes au Sénégal. 
Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)

Bien que le traitement du cancer ait énormément progressé, notamment dans les pays à revenu élevé, ces améliorations restent à reproduire dans les pays à revenu moins élevé. En effet, on constate que  le taux de mortalité liée au cancer du sein a chuté de 40 % entre les années 1980 et 2020. Une des raisons qui expliquent des chiffres aussi alarmants dans les pays à revenu moins élevé est la difficulté que présente la prévention et le dépistage du cancer du sein. 

Barrières au dépistage 

Déficit de sensibilisation

Parmi les obstacles au dépistage, on compte l’absence en amont et/ou en continue de  campagnes de dépistage au niveau national en vue d’inciter les femmes à consulter suffisamment tôt. Selon la Docteure Ndèye Marième Diagne Guèye, oncologue (spécialiste des tumeurs cancéreuses) à l’hôpital Principal de Dakar,  il faudrait idéalement passer une mammographie tous les deux ans pour vérifier s’il n’y a pas de cellules cancérigènes développées au niveau des seins. Une information que beaucoup de personnes ignorent. 

 

 Auto-Examen des seins (AES) 

L’étude menée par  ‘’The Pan African Journal’’ sur la problématique de la prise en charge des cancers du sein au Sénégal présente des données sur l’auto-examen des seins qui sont relativement faibles. Les auteurs de cette recherche notent une faible connaissance de l’AES et un faible taux d’engagement des personnels de santé pour le partager. Cette approche devrait non seulement impliquer les personnels de santé, mais aussi les médias, les assistants sociaux, les relais communautaires, permettrait de vulgariser l’auto-examen des seins de manière holistique. 

Doctissimo – Autopalpation mammaire : comment faire l’autopalpation en images – autoexamen du sein

Un stade déjà avancé 

Pour éviter le pire, le dépistage est important, à condition qu’il soit réalisé suffisamment en avance. D’après l’enquête du Pan African Medical Journal sur la prise en charge des cancers du seins au Sénégal,   75 % des patientes se font consulter à des stades déjà avancés. Cette prise en charge tardive requiert en général un accompagnement plus long, plus coûteux et plus douloureux. 

Prix et coût du du dépistage

En général, l’accès à la mammographie présente un coût élevé dans plusieurs pays africains. Prenons l’exemple du Sénégal, où le coût de la mammographie est à 60 000 FCFA dans les cliniques privées et  à 40 000 FCFA dans le public. Ces montants restent très élevés pour une majeure partie des sénégalaises, surtout qu’il est fortement encouragé de faire plusieurs mammographies au cours de  sa vie de femme.

 

Parmi les initiatives en place 

On note notamment plusieurs initiatives pour faire de la prévention et rendre le dépistage accessible à la population. 

Ligue sénégalaise contre le cancer

Ligue sénégalaise contre le cancer (LICSA) 

Une association qui offre diverses formes de soutien aux patientes. Notamment un soutien financier. L’association est financée majoritairement par des dons de particuliers et à un tiers par l’Etat sénégalais. 

Chaque Octobre, elle met également en place une campagne de sensibilisation en mettant à disposition des kits de dépistages gratuits dans la ville de Dakar. 

Ligue sénégalaise contre le cancer

La prise en charge de l’état 

Depuis Octobre 2019, le Sénégal prend en charge les frais de chimiothérapie pour les patientes atteintes du cancer du sein et du col de l’utérus, réduisant ainsi les coûts pour bon nombre de patientes. Cependant, l’état ne prend pas en charge le reste des coûts liés au traitement, notamment la chirurgie, la radiothérapie, et les divers bilans qui restent à la charge du patient.

Le cancer du sein est la première cause de mortalité chez les femmes sénégalaises, et à l’échelle mondiale, c’est l’un des cancers les plus ravageurs. Le manque d’investissement dans les campagnes de dépistages, et le manque de ressources pour pallier les frais de dépistages contribuent à aggraver la situation, limitant les personnes à risque de faire leur dépistage à temps.

Pour mieux accompagner les personnes atteintes du cancer du sein, l’investissement courant dans des campagnes de sensibilisation diffusées auprès d’une diversité d’acteurs est crucial. Pareillement, la prise en charge de manière holistique des soins permettant de traiter l’évolution du cancer est primordiale. 

 

Fabiola Mizero Ngirabatware

Fabiola Mizero Ngirabatware

Désireuse de voir un monde marqué par plus d'alliances et de justice réparatrice, je facilite des conversations complexes qui aspirent à créer des changements systémiques. En tant que Consultante en développement organisationnelle, je soutiens mes clients à transformer leurs pratiques organisationnelles et leur modèle de gouvernance pour les rendre plus réflexives, durables et inclusifs. Formée en médiation et résolution de conflit, j’explore l'impact des relations de pouvoir et de privilège au sein des organisations à but non-lucratifs et des institutions publiques. Passionnée d'écriture, mes écrits explorent la résilience et la résistance qui co-existent avec les enjeux de classe, genre et de racisme.

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