L’accès à l’eau potable : quels enjeux pour Abidjan ?

Abidjan est une capitale en pleine expansion démographique et urbaine. L’exode rural, le développement économique et urbain et la croissance démographique depuis l’après-guerre font partie des raisons de cette évolution notable. Plus la population d’une ville augmente, plus le développement des infrastructures de base (Santé, Éducation, Eau, Logement, Énergie) doit s’aligner avec cette croissance et le secteur de l’eau potable en fait partie.  En effet, Abidjan est surpeuplé et ses infrastructures hydrauliques ne répondent plus dans leur totalité aux attentes de leur fonction. Par exemple, la capitale possède 16 châteaux d’eau dont 9 sont fonctionnels à ce jour… 

La ville ne possède pas de station d’épuration des eaux usées (les ménages, les industries, les activités agricoles) et donc le recyclage de l’eau est inexistant. Toute l’eau potable consommée provient de la nappe d’eau souterraine d’Abidjan qui se nomme « Continental Terminal ». Aujourd’hui cette ressource en eau est menacée du fait de la pression exercée par la demande en eau supérieure à sa capacité de réponse, du fait des pollutions anthropiques et des activités d’exploitation de sable des lagunes qui la fragilisent et du fait du changement climatique qui a un impact direct sur la recharge de la nappe par les pluies saisonnières. En outre, il pleut de moins en moins à Abidjan pour diverses raisons et cela a un impact conséquent sur la recharge en eau de cette nappe d’eau souterraine. 

De plus, les réseaux de distribution d’eau potable ont un rendement de 50%. Sur 100% de l’eau provenant des châteaux d’eau et qui doit être distribué dans les ménages de la ville, seulement 50% arrivent à destination et les 50% restants sont perdus à cause de fuites dans les réseaux d’approvisionnement en eau sous terre. 

En gros, si votre quartier fait face à des coupures d’eau chroniques c’est parce qu’à ce jour, il n’y a pas assez d’eau pour tous et que lorsqu’il y en a potentiellement celle-ci n’arrive pas aux robinets des ménages de manières simultanée et constante. 

Comment pallier à ce problème d’ordre vital ?

Les pouvoirs publics aujourd’hui s’attellent à réaliser des études sur les lagunes de sorte qu’elles puissent être utilisées comme ressources de compensation au déficit en eau disponible par rapport aux besoins de la ville. Ils réfléchissent également sur la construction de stations d’épuration des eaux usées afin que toute eau utilisée puisse être traitée et utilisée à nouveau d’une manière ou d’une autre. 

Il reste la question de l’efficience des réseaux d’approvisionnement en eau… 

 

Kimmy Touré

Kimmy Touré

Je suis fascinée par la nature et ses interactions avec l'Homme et les animaux. Ce qui m'a conduit à faire des études supérieures scientifiques et politiques dans les domaines de l'eau et de l'environnement. En parallèle à cela je suis mannequin "atypique" et j'aime la mode, les cultures afro-descendantes et j'aspire à toujours mettre en exergue les liens possibles entre mode, environnement et cultures précoloniales africaines.

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