La sexualité libre de la femme en CI, on en parle ?

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Dans cette question qui parait et qui est objectivement simple, plusieurs thèmes sont mis en avant : la sexualité, la femme, la société (Ivoirienne) et enfin la liberté (qui sous-entend d’une liberté supposée juste et égale vis-à-vis des Hommes). Tout d’abord, parlons de la sexualité. Que représente la sexualité du sexe féminin aujourd’hui en Côte d’Ivoire ? 

SAMI TCHAK, Écrivain féministe africain qui traite le sujet de la sexualité de la femme africaine d’hier à aujourd’hui

Nous vivons dans une société patriarcale et codifiée par nos religions et nos cultures. La société ivoirienne est modelée par des hommes pour des hommes. Aussi, sur le plan des relations intimes, la femme est considérée comme un objet que l’on possède que l’on contrôle directement ou indirectement.  Selon moi, une femme libre sexuellement est une femme qui a des droits et qui schématise ces droits par des actions autant qu’un homme peut le faire. La polygamie, la polyandrie sont acceptées, tolérées pour les hommes et pourtant subit par les femmes. On nage dans une sorte d’autorisation ou d’excuse de l’homme sur la polygamie ou d’autres « pratiques, habitudes » sexuelles qui ne sont pas si appliqués également aux femmes ou du moins officiellement. Une femme avec plusieurs partenaires ou avec l’envie d’en avoir qu’ils soient hommes ou femmes subira des critiques et sera par conséquent marginalisée psychologiquement ou physiquement. Cet état de fait est tel qu’il est depuis toujours (et même avant la colonisation) inscrit dans nos cultures. 

En fait, la femme est considérée comme un être humain et non un objet mais cet être, soumis à certaines formes de coercition, a des marges de manœuvres qui suivent une ligne patriarcale dominante. Ces marges, en fait, sont plus ou moins grandes selon ce que la société dit autoriser ou autorise ouvertement. Donc oui, la femme est libre et/ou peut être libre sexuellement en CI mais sans pour autant l’assumer ouvertement et durablement en comparaison avec l’homme ivoirien. 

Malheureusement ou heureusement ? 

Dans tous les cas, un souci d’égalité H-F face à ces questions est plus que criard ici. Cette officialisation de la domination masculine dans nos sociétés et même aujourd’hui sur les générations des années 80 à 2000 est toujours d’actualité. Il est vrai que des évolutions sur ces sujets ont été accomplis, à savoir qu’on excise moins aujourd’hui ou encore que la femme contrôle partiellement sa fécondité (par les méthodes de contraception existantes même si le droit à l’avortement est toujours illégal dans notre pays) par exemple. Cependant, l’esprit de se conformer aux normes qui arrangent les besoins et les attentes des hommes ivoiriens vis-à-vis des femmes ivoiriennes finit par prédominer sur tout le reste en devenant la nouvelle (pourtant très ancienne) norme… 

Cela étant dit, il faut quand même garder à l’esprit qu’en toute chose il y a toujours des exceptions qui confirment la règle et qu’il faut de tout pour faire un monde ! 

 

 

Je suis fascinée par la nature et ses interactions avec l'Homme et les animaux. Ce qui m'a conduit à faire des études supérieures scientifiques et politiques dans les domaines de l'eau et de l'environnement. En parallèle à cela je suis mannequin "atypique" et j'aime la mode, les cultures afro-descendantes et j'aspire à toujours mettre en exergue les liens possibles entre mode, environnement et cultures précoloniales africaines.