La pollution de l’air à Abidjan : « c’est comment ? »

ELLE GREEN

Tout comme l’eau, l’air est un élément vital pour tout être vivant sur Terre. De manière générale, l’air est composé de 21% d’oxygène, de 78% d’azote et de 1% d’autres gaz…


Tout d’abord, sans avoir recours aux valeurs seuils de pollution, force est de constater que l’air d’Abidjan est très fortement pollué. On a tous connu l’expérience de dégoût lorsqu’un véhicule passe près de nous et qu’une fumée noire, blanche ou grisâtre sort de son pot d’échappement pour se disperser dans l’air environnant. On a tous senti cette odeur nauséabonde qui provient des lixiviats d’ordures des camions poubelles ou encore des décharges à ciels ouverts. On a tous été étouffé à un moment ou un autre de notre vie par les fumées issues des feux de brousse ou des réchauds domestiques. Donc tous ces éléments qui sont toujours récurrents aujourd’hui, nous donnent bien des indices sur le niveau de pollution de l’air abidjanais. 

Quand on essaie d’orienter notre regard vers l’horizon, on remarque aisément que l’air n’est pas à 100% translucide. On peut observer des poussières (ou matières en suspension) dans l’air ou d’autres éléments qui empêchent de voir nettement de loin. Mais concrètement, qu’est ce qui provoque cela et quelles peuvent être les conséquences sur notre santé ?

À Abidjan, les sources de pollution de l’air sont multiples et variées… Trafic routier, industries, feux domestiques, feux de brousse, décharges d’ordures à ciel ouvert, etc… Concernant le trafic routier, les pollutions proviennent spécifiquement des gaz issus des pots d’échappement des voitures et des particules en suspension soulevées par le passage de leurs pneus sur la voirie. Lorsque le carburant (Diesel, Essence) ou les véhicules (« véhicule France au revoir ») ne sont pas conformes aux normes occidentales, cela favorise la production de gaz toxiques qui sortent des pots d’échappement des voitures. Il en est de même pour les industries dont le processus de combustion de matériaux fait partie de leurs procédés de fabrication. Les décharges à ciel ouverts dégagent des gaz toxiques ou peuvent faire l’objet de feux clandestins ou aléatoires ce qui favorise l’évaporation de fumées chargées en molécules issus de déchets de toutes sortes. 

Des conséquences sur la santé ?

Eh bien oui, des maladies infectieuses (typiques des « pays du Sud ») comme la tuberculose, ou le cancer du poumon, la bronchopneumopathie chronique (plus dans les pays « développés ») et d’autres maladies respiratoires… 

Du coup, quelles sont les zones les plus touchées à Abidjan ?

Malheureusement les zones industrielles de Yopougon (Nord-Ouest d’Abidjan) et de Vridi (dans la zone portuaire au Sud-Ouest).  Et en plus, le trafic routier représente 10% du total des émissions globales de gaz dans l’air derrière les feux domestiques en première position et les décharges à ciel ouvert, en seconde position. 

On peut dire qu’on respire « bien » à Abidjan … ! 

 

 

 

Je suis fascinée par la nature et ses interactions avec l'Homme et les animaux. Ce qui m'a conduit à faire des études supérieures scientifiques et politiques dans les domaines de l'eau et de l'environnement. En parallèle à cela je suis mannequin "atypique" et j'aime la mode, les cultures afro-descendantes et j'aspire à toujours mettre en exergue les liens possibles entre mode, environnement et cultures précoloniales africaines.