Interview croisée de 4 Figures de l’Empowerment

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Interview exclusive croisée Covergirls Mars

112 ans plus tard, le monde entier commémore encore la journée internationale des droits de la femme. Et si ce principe voté en 1909 crée toujours autant d’émotions, le discours féministe par contre, résonne de plus belle, sans pour autant engendrer le moindre conflit. Ce combat universel réside dans la réussite.

 

Il était évident, qu’en ce mois de luttes, nous puissions présenter quatre modèles de Leadership au féminin, car nous souhaitons inspirer et fondamentalement léguer une transmission pour un futur égalitaire au sein de notre rédaction. Réunies pour être en tête d’affiche de notre quatrième numéro, ces quatre figures de l’Empowerment ont eu un plaisir fou à nous partager leur vision, perception et combats. L’interview croisée.

 

Qui êtes-vous ?

Akissi : Je suis Loukou Akissi delta dit Akissi delta, actrice, productrice et réalisatrice de film et série télévisée.

Linda : Je suis Dr Linda Kaboré : pharmacienne, présidente et initiatrice d’Africa Santé Expo, marraine des tradipraticiens de Côte d’ivoire, directrice des Ruthy’s + concept store, et aussi d’une société de représentation de laboratoires.

Aya : Je m’appelle Aya Konan, j’ai 4 enfants. Je suis Fondeuse et Designer entrepreneur dans plusieurs secteurs d’activités comme l’Art, la mode et la décoration.

Fatim : Je suis Fatim Cissé, mère de 2 garçons, entrepreneur et chef d’entreprise dans le domaine des nouvelles technologies et des télécommunications. Je suis titulaire d’un bachelor en sciences économiques, d’un Master en sciences de la gestion, du Senior Executive program de Harvard Business School et du Executive program de l’université de Singularité à la Sillicon Valley

Avez-vous une citation qui vous définit ?

Akissi : « Le travail bien choisi et bien fait ne te trahira jamais. »

Linda : « Oser et croire en ses rêves ; car aucun rêve n’est trop grand pour une femme »

Aya : « Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands » Ellen Johnson Sirleaf

Fatim : « Il y a quelque chose dans la persévérance qui finit par obliger le destin »

 

3 réussites dont vous êtes le plus fière

Akissi :

  1. En tant qu’actrice cinéma je rêvais de faire mon film et grâce à Dieu, il s’est réalisé. Cette production m’a permis de glaner beaucoup de prix y compris le prix d’excellence.
  2. L’accueil que je reçois à chaque fois que je suis invitée dans différents pays africains et européens.
  3. La série MA FAMILLE a suscité beaucoup de réactions positives dans le milieu du cinéma. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, beaucoup me disent que la série ma famille leur a donné la motivation de se lancer dans la production audiovisuelle, et c’est vraiment gratifiant.

Linda: 

  1. Mes enfants sont ma plus grande fierté, depuis qu’ils sont petits, je leur ai toujours dit que ce n’est pas la quantité de temps passé ensemble qui était le plus important mais la qualité de temps.
  2. De pouvoir transmettre la connaissance que j’ai eu la chance d’acquérir tout au long de ma vie et de voir ces personnes réussir dans la vie, chacun à son niveau.
  3. D’avoir pu malgré les obstacles, réalisé de nombreux rêves. Le problème est que dès que j’en réalise un, il y en a un autre qui fait surface. Ma mère dit toujours qu’elle a dû me fabriquer des piles sous les pieds ! (rires)

Aya : 

Premièrement on travail, ensuite mes amitiés qui n’ont jamais changé depuis (car les amitiés ne sont plus sincères de nos jours) et enfin ma jeunesse.

Fatim : 

1.J’ai eu la chance d’avoir deux garçons de 14 et 11 ans qui font ma fierté au quotidien. Ils font déjà montre de grandes valeurs et je m’estime extrêmement chanceuse de partager leur quotidien et de les voir grandir. 2.J’ai osé entreprendre et créer DUX, qui emploie aujourd’hui à temps plein plus de 10 salariés

3.Je suis aussi particulièrement fière de mon engagement social, et de mon implication dans des actions à l’endroit des populations défavorisées et vulnérables (malades, femmes et enfants).

 

Un adjectif qui vous définit ?

Akissi : « Courageuse ». Parce que depuis l’âge de 14 ans mon chemin a été difficile avec beaucoup de méchanceté qui continue d’ailleurs, mais je ne cesse de tenir bon.

Linda : Je dirais… Passionnée !

Aya : Celui qui me correspond le mieux c’est « résiliente »

Fatim : « Engagée. » Je suis une passionnée qui aime œuvrer pour des causes et pour l’atteinte d’objectifs toujours plus ambitieux que je me fixe. Je suis convaincue qu’il n’y a que par l’action que nous réussirons à faire bouger les lignes et opérer des changements sur notre continent.

 

Les femmes sont multi potentiels. Vous avec plusieurs cordes à votre arc. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Akissi : Je n’ai pas plusieurs cordes. Je dirais plutôt que je représente une marmite qui n’a pas de couvercle. En clair, je suis sans limites.

Linda : Dans ma présentation je vous ai cité ce que je fais au quotidien professionnellement. Vous avez dû vous rendre compte que je faisais plusieurs choses en même temps. Entre mes métiers dans la santé, mon rôle de formateur au Lion’s Club, mes boutiques Ruthy’s +, et ma vie de femme et de mère, mes journées ne sont jamais les mêmes, et j’essaye de gérer toutes ces vies en une.

Aya : C’est le cas de le dire et je pense que c’est le cas de beaucoup de femmes ! Au quotidien : Le mari, les enfants, la maison, la famille, moi- même et enfin le travail. Je tiens à dire que mon travail est aussi important que le reste. C’est le lien qui maintient mon équilibre de vie. J’adore tout ce que j’entreprends et tous les secteurs d’activités me passionnent intensément.

3 choses que l’on ignore sur vous

Akissi

  1. A la maison je n’attache pas de pagne, je suis en pantalon quand je travaille
  2. J’ai tendance à ne pas regarder les gens dans les yeux pas parce que j’ai peur, bien au contraire cela est dû à mon éducation.
  3. Je suis pieuse, tout ce que je fais, je le fais selon la loi de Dieu car elle est

justice.

Fatim : 

  1. Je suis très croyante. Je place Dieu et la spiritualité au centre de ma vie.
  2. Je suis passionnée de cuisine. Je passe chaque jour plusieurs heures à tenter de nouvelles recettes et expériences culinaires… Au grand plaisir de mes proches.
  3. Je termine la rédaction d’un livre sur les valeurs culturelles africaines qui devrait paraître sous peu…

Linda : 

Que 3 ?? (Rires) Il y a beaucoup de choses que les gens ignorent, Dieu merci ! J’ai surtout un grand nombre de passions, outre vocations professionnelles :

  1. Faire la cuisine, car cela implique de partager de bons moments avec ses proches. Cela se rapproche d’une autre passion, la création de produits cosmétiques et de bien-être avec des recettes que je tiens de mon défunt père pharmacien.
  2. Voyager, aller à la découverte de l’autre, d’autres cultures. On n’a pas forcément besoin d’aller à l’étranger, je prends très souvent la route pour travailler, ou tout simplement m’oxygéner.
  3. Créer des vêtements et accessoires. Quand j’étais jeune, je cousais et accessoirisais mes vêtements moi-même car je ne trouvais rien qui correspondent au style que je voulais. Je continue à customiser ce que j’achète, et maintenant avec les Concept Stores Ruthy’s +, j’ai renoué avec la plupart de mes passions, c’est très passionnant !

Aya : 

  1. Je suis timide en public, 2. J’ai très peur en avion (même si j’adore les voyages) et 3. J’ai une famille recomposée exceptionnelle.

 

Quelle serait la femme qui vous inspire le plus ?

Linda : Pour moi toutes les femmes sont inspirantes, chacune dans son style. Je peux citer beaucoup d’exemples comme Feue Irié Lou Colette qui a un parcours exceptionnel pour quelqu’un qui ne savait ni lire ni écrire. Un autre exemple en Afrique du Sud, Sibongile Sambo rêvait de devenir hôtesse de l’air mais qui a créé sa propre compagnie d’aviation, la SRS aviation, avec un personnel exclusivement féminin. J’aime aussi beaucoup l’ex ambassadrice de l’Union Africaine aux USA, Dr. Arikana Chihombori-Quao car elle dit tout haut ce que de nombreuses personnes pensent tout bas. Et pour terminer, je vous parlerais de la sénégalaise Souadou Niang ex- femme et aujourd’hui propriétaire du palace palms luxury avec 80% de femmes dans son personnel.

Aya : Il y a tellement de femmes inspirantes mais je dirai mère Teresa. Une femme incroyable qui a renoncé à elle- même pour s’occuper des autres. C’est fabuleux.

Fatim : La personne qui m’inspire le plus est sans hésitation ma mère, qui, ingénieur en aménagement du territoire, a choisi l’enseignement pour maîtriser son emploi du temps et avoir des horaires compatibles avec les nôtres. Femme forte mais d’une extrême générosité, elle m’a inculqué les valeurs de partage et de travail bien fait, qui m’ont permis de gravir les échelons dans ma vie spirituelle et professionnelle. Ma mère est le pilier sur lequel je me repose, et à qui j’aspire à ressembler dans le futur.

Akissi : Elles sont au nombre de trois. Oumou sangare pour son charisme légendaire, Angélique kidjo pour cette belle énergie et Oprah winfrey pour sa profondeur.

Que représente la cover du magazine ELLE pour vous ?

Aya : C’est un grand honneur car ELLE magazine est un support mythique surtout pour ma génération. Il y a également toute la symbolique du mois de mars et du combat des femmes et enfin le fait de faire la couverture d’un magazine qui met en lumière la femme africaine sous toutes ses coutures.

Fatim : Je suis extrêmement fière d’avoir été choisie pour cette cover aux côtés de mes « grandes sœurs »,ces personnalités inspirantes, desquelles j’estime avoir encore beaucoup à apprendre. Pour ce mois symbolique dédié à la femme, j’ai été séduite par le message que passe cette cover qui laisse transparaître des valeurs de solidarité, de transmission et de partage.

Linda : Je suis plus qu’honorée que ce magazine de qualité qui met en valeur la femme africaine, sa diversité et son potentiel ait choisit ma modeste personne pour cette couverture. Cela me motive à aller encore plus loin, car je me rends compte que j’ai un devoir de transmission, afin de préparer la relève.

Akissi : Ne fait pas la Une d’un magazine à grande notoriété qui veut. Alors pour moi, être la cover d’un si prestigieux magazine comme ELLE côte d’ivoire est un privilège.

 

Que signifie pour vous « autonomisation des femmes » dans le contexte actuel ?

Akissi : Pour ma part, l’autonomisation de la femme n’est pas un fait d’actualité, elle a pris forme avec toute ses grande dames un peu partout en Afrique tel que le Togo avec les femmes Nana BENZ. Aujourd’hui au Nigeria, il existe une panoplie de femmes d’affaires milliardaire qui exercent pleinement dans différents secteur d’activités, créant ainsi des emplois.

Fatim : Pour moi, l’autonomisation des femmes est un processus qui doit nous conduire à la création d’un écosystème permettant l’égalité des chances et de l’accès aux opportunités pour les femmes. Malgré de nombreux progrès réalisés ces dernières années en termes d’autonomisation, beaucoup reste à faire sous nos cieux.

Aya : L’autonomisation des femmes est une évidence pour moi. Il n’y a aucun débat, c’est très simple. Le pouvoir ça se prend avec la volonté, le travail, la résilience et la foi ferme en soi. Je suis convaincue que pour changer le reste il faut que cela passe par l’éducation de nos filles certes mais surtout et avant tout de nos garçons pour les générations futures.

Linda : La femme est le pilier de la famille, et elle porte le monde. En améliorant la qualité de vie des femmes, on améliore celle de toute la famille, et donc, même le monde. Le leadership féminin est une valeur essentielle qui doit-être remis à la lumière car il a toujours existé. Samori Touré disait : « Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiquera le chemin de l’honneur ». Mais à la colonisation le savoir a été donné aux hommes, laissant les femmes sans accès à l’alphabétisation. Elles se sont trouvées reléguées à la cuisine et au ménage. Mais aujourd’hui, il est important de leur montrer qu’elles ont le choix de poursuivre tout ce qu’elles veulent accomplir. Les journées comme le 8 mars leur permet de connaître leur droit, de savoir qu’elles ont accès à la formation, au prêt bancaire, et aux postes qu’elles méritent.

 

Avez-vous conscience de la grande inspiration que vous représentez pour les femmes et les jeunes filles

Fatim : Je suis toujours agréablement surprise des retours que je reçois lors de mes apparitions publiques. Je reçois de nombreux messages encourageants de jeunes filles mais aussi de jeunes garçons en quête de modèles et à la recherche de conseils et d’encadrement dans leur vie professionnelle. Ces messages et témoignages qui me galvanisent dans la poursuite de mes objectifs.

Aya : Non jusqu’à ce que je poste mon travail et mon lifeStyle sur les réseaux sociaux en particulier Instagram. C’est ma communauté organique qui avec leurs commentaires et leurs nombreux messages m’ont fait prendre conscience que j’avais un impact sur certaines femmes et jeunes femmes. Je tiens à préciser qu’il y a aussi des hommes qui me suivent. J’avoue que cela me met une petite pression car il faut toujours véhiculer les bons messages et être à la hauteur des attentes.

Linda : Je ne dirais pas que j’en ai forcément conscience car tout ce que je fais est par passion et spontanéité. En revanche, je suis heureuse de savoir que je peux inspirer d’autres femmes en étant un mentor. Grâce à ELLE Côte d’Ivoire, mon rôle de formateur ne se limite plus forcément à mon environnement immédiat, mais peut s’étendre à une communauté beaucoup plus grande. Mon devoir de transmission est très important pour moi, et il n’est qu’amplifié avec cette campagne.

Akissi : Oui et j’en suis très honorée. Être un modèle pour toutes ces femmes et jeunes filles qui par leurs messages, appels, courriers à travers le monde me le démontre, me fait vraiment chaud au cœur.

 

Directrice Éditoriale ELLE Côte d'Ivoire
En vrai couteau suisse créatif, je déborde de passion et d’énergie. Speaker, Storyteller et Artiste, j’œuvre pour mon sujet favori : LA FEMME
#cancersurvivor , je suis une résiliente amoureuse des mots...ceux que l’on écrit mais aussi ceux que l’on chuchote aux creux de votre âme.
J’ai l’honneur d’avoir la responsabilité éditoriale et créative au côté d'une équipe créative, accessible, pas suiveuse et qui ont de l’humour….
Méfiez vous de mon air à la fois espiègle et sérieux, je suis un pitre!