Rencontre avec Sandrine Roland, une femme de vision, fondatrice du FEEF

Rencontre avec une grande figure de l'empowerment féminin en Cote d'Ivoire.

Rencontre avec Sandrine Roland, DG associée de AOS Africa

C’est une femme influente dans le domaine de la communication. Une épouse dévouée et une chef d’entreprise exemplaire. Sandrine Roland est depuis quelques années la directrice générale associée de AOS Africa, une des entreprises de communication les plus en vue en Côte d’Ivoire. Elle travaille avec son époux et fait partie des femmes qui manient l’art de la communication avec passion et efficacité. Son leadership féminin et son activisme pour la cause de la femme l’ont conduit à la création du Forum de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat Féminin en abrégé FEEF qui est à sa huitième édition cette année. A la veille de cette édition qui a pour thème “Force, femmes”, nous l’avons rencontré au cours d’une interview pendant laquelle elle s’est dévoilée et nous a livré quelques uns de ses secrets.

  • Qui est Sandrine Roland ?

Sandrine ROLAND est une chef d’entreprise qui est associée avec son époux à la tête d’une agence de communication et marketing panafricaine. Elle est l’heureuse maman de 4 enfants et une amoureuse de Jésus-Christ.

Elle est stratège en communication de métier, coach en image et en stratégie politique, speaker et activiste pour une meilleure condition des femmes.

  • Comment arrivez-vous à la communication ?

J’ai choisi la voie de la communication par amour, je dirais même par vocation dès la fin de mes études secondaires. Cet attrait a été décuplé au début de mes études universitaires couronnées par un diplôme de Maître en Communication Publique.

Le monde des médias, de la publicité, de l’influence et de l’image m’a tout simplement happée, et je suis aujourd’hui stratège expert en communication, très fière d’exercer ce métier que j’adore.

  • Quelles ont été vos influences dans ce domaine ?

J’ai eu de nombreuses influences, dont pèle mêle mon professeur M. Jacques De Guise à Québec, Oprah Winfrey, Jacques Séguéla… Chaque influence m’a inspirée à chercher la connaissance afin de devenir la meilleure dans tout ce que j’entreprendrais.

  • Quelles difficultés rencontrez-vous au quotidien dans l’exercice de votre activité ?

La communication est un métier très dur, contrairement à ce que l’on peut croire. Elle est même reconnue comme faisant partie des 10 métiers les plus stressants au monde aux côtés de celui de pompier, de militaire ou de pilote d’avion. C’est dire !

Au quotidien, les difficultés inhérentes à ce métier sont légion : la pression, la nécessité de se dépasser, l’incompréhension de autres et de certains clients face aux enjeux du métier, la nécessité d’innover constamment, etc.

Pour les questions très stratégiques, comme par exemple la communication politique, il faut beaucoup d’intégrité, dans un milieu parfois trop corrompu, il faut aussi faire preuve de courage et de résilience.

Enfin, il faut savoir rester créatif et fidèle à soi-même. Se faire confiance, même lorsque tout semble aller mal. Se dire que c’est passager, en plus cela est vrai.

Cependant, ma passion l’emporte sur toutes ces contraintes.

  • C’est quoi les journées d’une directrice d’entreprise, épouse et mère ?

Les journées sont extrêmement simples. Ma journée classique commence par un réveil tôt le matin, puis je fais ma prière, je travaille un peu et ensuite je m’occupe des enfants qui partent à l’école. Ensuite ce sont les préparatifs pour aller au bureau, entremêlés à la gestion de la maison avec les nounous et la réponse à des emails ou appels.

J’enchaîne avec une longue série de réunions avec les équipes, les clients et les partenaires. Cela prend beaucoup de temps. En fin de journée, c’est le temps de la réflexion stratégique et de la conception créative, souvent entrecoupée par le dîner et les devoirs des enfants en présence ou à distance. Le travail reprend parfois ses droits en fin de soirée. Lecture, films, causerie avec mon mari concluent ma journée. Je me couche tard, et je me lève tôt !

  • Selon vous, quelle est la place de la femme dans le domaine de la communication et des médias en Afrique ?

Je n’aime pas faire les différences entre les genres quand il est question d’expertise ou de métier. Par contre, je considère que les femmes apportent toujours une valeur ajoutée car elles sont endurantes et polyvalentes (excusez-moi les hommes, mais c’est reconnu de façon universelle).

Pour ce qui est du domaine de la communication et des médias, le leadership féminin peut significativement stimuler le secteur et y favoriser de meilleures pratiques. Il est important de favoriser une meilleure représentativité des femmes de façon positive.

  • Comment voyez-vous ce secteur dans 10 ans ?

Le secteur évolue à une vitesse très rapide. Les technologies changent et la typologie relationnelle se transforme. La consommation des médias est complètement révolutionnée. A mon avis, personne ne peut prétendre savoir réellement ce que sera ce secteur dans 10 ans. Une chose est sûre, il n’y aura plus de barrières de contenus, et dès le plus jeune âge, les humaine auront la capacité d’agir et d’être influencés sur et par des événements survenant à des centaines de kilomètres. Il est passionnant d’observer tous ces phénomènes et d’y prendre part.

  • Vous êtes la commissaire générale du FEEF, comment vous vient la création de ce forum ? C’est quoi l’objectif derrière ?

J’ai vécu près d’une décennie au Québec et j’ai été marquée par la dynamique d’équilibre entre les genres, ainsi que par la discrimination positive exercée en faveur des femmes. Cette société équilibrée, où il fait bon vivre et travailler, a compris que le leadership féminin était une des clés les plus importantes pour le bien-être de tous. J’y ai aussi découvert la puissance de l’émulation et du réseautage féminin. Ce sont ces choses qui nous ont poussés à créer cet événement.

Donner aux femmes une bulle d’inspiration, de motivation et de partage, au sein de laquelle elles peuvent acquérir des compétences et trouver des réponses à leurs préoccupations.

Enfin, cet événement représente également une plateforme pour sensibiliser en faveur de meilleures conditions d’accès à l’entrepreneuriat et de travail pour les femmes. A ce plaidoyer s’ajoute celui en faveur de l’éducation des femmes et des filles.

Tout comme pour la communication, pour moi, c’est une vocation, et j’ai la chance d’avoir un associé, un partenaire qui y adhère totalement.

  • Quels sont les challenges auxquels vous êtes confrontées dans l’organisation de ce forum ?

Un événement de ce type demande beaucoup d’abnégation et peut souvent s’avérer un parcours du combattant. Il faut déjà vendre le concept et obtenir l’adhésion de sponsors. Il faut aussi résister aux velléités d’aliéner le concept. Enfin, il faut tenir les équipes et les partenaires mobilisés d’édition en édition. Mais ça en vaut tellement la peine !

  • En huit ans du FEEF, quel bilan pouvez-vous faire ? Quels sont les témoignages ?

Nous avons des dizaines et des dizaines de témoignages. Plus de 50 femmes ont créé des entreprises. Des centaines ont opté pour une reconversion de carrière et ont pu changer leur vie. Plus de 12 000 femmes ont gratuitement bénéficié des conférences et ateliers. Nous sommes fiers et reconnaissants.

  • Quels sont les innovations de cette édition 2021 ?

Pour la première fois, nous avons une journée de conférences qui se déroule entièrement par visioconférence. Nous tenons la journée en présentiel dans la plus grande commune de Côte d’ivoire, la vibrante Yopougon, et nous en sommes très heureux. D’année en année, le FEEF s’améliore.

  • En dehors du FEEF, quelles actions menez-vous pour l’autonomisation de la femme ?

Je soutiens toutes les initiatives et projets pour une meilleure condition des femmes, pour le renforcement de leurs capacités, pour un accès à l’éducation en faveur de toutes. Je reste engagée et active, sur tous les fronts, à travers tout le continent africain.

  • C’est quoi pour vous l’empowerment ?

L’empowerment, si on veut lui donner un sens littéral, signifie « rendre capable ». Que ce soit dans la sphère privée, comme dans la sphère professionnelle, je m’applique à transmettre, à former et à déléguer, surtout à toutes les femmes avec lesquelles j’ai la chance de travailler. Il faut transmettre ce que l’on a, et savoir recevoir de l’autre, quel qu’il ou elle soit. Pour moi, l’empowerment consiste à encourager les autres, à prendre conscience de leur pouvoir, de leur capacité à changer le monde en mieux.

  • Quel conseil pouvez-vous donner à ces femmes qui souhaitent développer la même carrière ?

Il faut savoir rester humble et pertinente. Il ne faut jamais reculer devant la formation. Enfin, je le dis toujours, et c’est ma devise : KEEP.WALKING.

Continuez d’avancer, ne baissez jamais les bras. La Bible dit bien : « 7 fois le juste tombe, et il se relève ».

Rédacteur Culture ELLE Côte d'Ivoire
Blogueur et amoureux du 7ème art, je suis une personne atypique qui aime voir le monde en couleur...une âme d'artiste dont tous les domaines de l'art me fascine. Je vous fais découvrir mes coups-de-cœur, les actualités culturelles et cinématographiques mais également de la beauté et de la bonté et c'est ce qui rend extraordinaire votre passage sur elle.ci.