Mouasso Angui : L’activiste qui lutte contre le diabète de l’enfant

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Mouasso Angui, la présidente de l'association ALDEN

C’est une entrepreneure passionnée de communication et de fitness. Elle s’est positionnée comme influenceuse bien-être et sport avec ses contenus sur les réseaux sociaux. Depuis 1 an, elle est initiatrice d’un évènement de cinéma en plein-air. Son amour pour l’humain lui a permis de fonder la première association ivoirienne de lutte contre le diabète de l’enfant. Une association qui lui tient à cœur car c’est un combat qu’elle connait. Pour teaser la création de cette association, elle a réuni plusieurs influenceurs dans un même lieu afin d’unir leur forces pour combattre le diabète. Dans le cadre du lancement de son association, la rédaction de ELLE CI l’a rencontré afin d’en savoir un peu plus sur son combat.

Qui est Mouasso Angui ?

Mouasso Angui est une jeune femme entrepreneur, dans plusieurs domaines, je suis consultante en communication multi sectorielle, promotrice de cinéma plein air à travers un évènement qui s’appelle Ciné couché ; je suis également activiste fitness et bien-être. Ce pourquoi je fais cette interview c’est que je suis la présidente et la fondatrice de l’association de lutte contre le diabète de l’enfant (ALDEN).

Qu’est-ce qui vous passionne ?

L’humain. Je suis passionnée par l’humain et je suis amoureuse des enfants.

Pourquoi la création de cette association ?

L’association ALDEN, c’est pour 2 raisons : une raison personnelle, malheureusement il y a 5 ans j’ai vécu un drame personnel, j’ai perdu mon frère qui s’appelait justement Alden, qui était mon meilleur ami. Il était l’un des piliers les plus important de ma vie, qui est décédé des complications du diabète dont il était atteint depuis son adolescence. A côté de ce drame-là, c’est qu’à la base, mon père était diabétique, il est également décédé quand j’avais 12 ans. Adolescente, j’étais en surpoids, donc j’ai moi-même fait un pré-diabète, ce qui fait que le mot « diabète » est assez présent dans notre histoire de famille. Et en temps qu’activiste fitness et bien-être, il m’est arrivée de travailler avec des groupes de jeunes, je me rendu compte que l’obésité était vraiment en pleine croissance malheureusement chez les plus jeunes, chez les ados, chez les enfants. Et quand on sait que c’est un facteur à risque du diabète, et quand on constate que malheureusement la prévention est encore trop, très, hyper faible, je me dis que non parce que le diabète est la 3ème cause de mortalité en Côte d’ivoire ; donc c’est tout ce plein de choses mélangés qui m’ont poussé à initier cette organisation.

Association Alden pour lutter contre le Diabète chez de l'enfant

Qu’est-ce que l’association ALDEN ambitionne de faire ?

Qu’est-ce que l’association ALDEN ambitionne de faire parce que ça va être le lancement officiel, donc prévention, c’est vraiment le maitre mot chez nous. Il existe déjà des associations, qui elles sont plutôt dans la prise en charge d’enfants diabétiques, mais nous avons estimé que dans la mesure où il s’agit d’une maladie incurable il faut vraiment prévenir. L’adage dit : mieux vaut prévenir que guérir, à ALDEN ont dit : parce qu’on ne guéri pas plus que jamais il faut prévenir. Donc notre objectif principal est de mener des actions de prévention à travers des campagnes de sensibilisation, d’informations mais de dépistages en plus de cela nous espérons pouvoir renforcer l’éducation thérapeutique des parents parce que s’ils connaissent la maladie, s’ils savent identifier des symptômes lorsqu’ils les observeront, les soupçonneront chez leurs enfants, ils seront donc à même d’aller demander un dépistage à l’hôpital ; et le 3ieme objectif c’est de pouvoir aider à la prise en charge, en collaborant justement avec les organisations médicales et sociales qui sont, elles, spécialisées dans la prise en charge d’enfants diabétiques.

Quelles sont vos actions pour cette année ?

Pour cette année, nous avons eu le lancement le vendredi 18 juin 2021 ensuite on prévoit une campagne multilingue radio et on espère que Vibe Radio, ELLE CI, et en tout cas que pas mal de médias pourront nous accompagner dessus parce qu’on ne veut pas que se cantonner qu’à Abidjan. Justement on s’est bien rendu compte aussi que l’intérieur du pays est touché, l’ignorance là-bas est encore forte qu’à Abidjan donc vraiment ça sera campagne multilingue également des campagnes d’affichage ici à Abidjan, nous prévoyons aussi des campagnes toujours affichage mais directement dans les écoles parce que ce sont des enfants qui sont concernés et qu’il faut également les responsabiliser en ce qui concerne l’activité physique, alimentation saine etc. Nous prévoyons aussi des ateliers médecin, soignants et parents ou futurs parents pour vraiment mieux équiper les parents et futurs parents. Toujours des ateliers dans le sens avec des femmes enceintes parce qu’il faut dire qu’il y a le diabète gestationnel qui est en pleine croissance aussi. Le 14 novembre, c’est la journée mondiale du diabète donc à cette occasion nous prévoyons une campagne, toute une semaine de campagne avec nous l’espérons des personnalités publiques comme ça été précédemment le cas, et le 14 novembre toujours ça tombe un dimanche, et on prévoit un diner gala que nous avons dénommé DIABAIDE pour controverser avec diabète. Donc voilà un peu un ramassis de beaucoup choses qu’on prévoit faire, on espère pouvoir avoir les moyens de faire mais également compter sur le public pour des relais du message que nous sommes en train d’envoyer.

Association Alden pour lutter contre le Diabète chez de l'enfant

Quel sentiments avez vous après la création de cette association ?

C’est beaucoup d’émotions, ce n’est pas évident parce que je suis la présidente de cette association et que en tant que tel j’ai des responsabilités, il faut la faire fonctionner à la fin vous avez parfois ; il m’est parfois arrivée de rédiger des documents qui m’obligent à parler de mon frère au passé et qui éveillent ma douleur, donc c’est vraiment des émotions mitigées mais je dirais le principal c’est que je me rends compte qu’aujourd’hui cinq ans plus tard que ma douleur est devenue un moteur. Et j’essaye de m’en servir au maximum pour faire en sorte que ce que ma famille a connu, ce que des familles sont entrain de traverser, ne s’étend pas plus que ça. C’est un peu prétentieux, je ne sais pas, ça peut paraitre un peu irréaliste mais on fera tout pour y arriver.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui traverse une situation diabétique ?

J’ai envie de dire qu’il faut, c’est paradoxal, mais il faut dédramatiser le diabète. Je pense que les soignants n’en parlent peut-être pas assez ou pas forcement de la bonne manière, ce qui fait que les gens atteints de diabète ont vraiment l’impression que le ciel leur tombe sur la tête ; c’est vrai que c’est un gros bouleversement, parce que c’est toute l’alimentation qui change, etc. mais on se rends bien compte quand on regarde sous d’autres cieux, qu’on peut vivre heureux, épanoui, grandir avec un diabète. Donc nous sommes justement en train d’essayer de faire le maximum pour que les moyens dont ces pays disposent puisque devenir une réalité chez nous, comme je le dis c’est dédramatiser la maladie. La vie ne s’arrête pas parce qu’on a un diabète ; ça demande plus de rigueur, ça demande un certain ré-paramétrage à différents niveaux mais on peut vivre, grandir, être heureux et épanouie avec le diabète.

Comment voyez-vous ALDEN dans 10 ans ?

Devenir une fondation ! C’est vraiment cela, on l’espère. Mais sinon c’est mener d’avantages d’actions, on espère pouvoir initier une bourse d’étude en médecine particulièrement pour pouvoir pousser la recherche donc une bourse d’étude « ALDEN ANGUI » et également une bourse artistique parce qu’Albens était chanteur aussi en plus d’être agent marketing, donc vraiment essayer de rendre hommage à cet homme qui a marqué plus d’une vie. Et pourquoi pas travailler à la construction d’un centre de diabèteux pour mineurs, il y en a déjà mais comme on dit en Afrique : beaucoup de viandes, ça ne gâte pas la sauce. Il n’y en a pas assez, je pense qu’à l’intérieur d’ailleurs, j’étais il n’y a pas très longtemps à une réunion d’organisation sur le diabète, et j’entendais parler de jeunes qui sont obligés de quitter Dimbokro. Parfois on parlait d’un garçon qui je pense venait de Daloa qui était obligé de venir à Abidjan pour ses soins ; ça signifie qu’il y a un gros manque là-bas, donc c’est espérer pouvoir créer des unités, même si ce n’est pas des gros centres, mais vraiment pouvoir installer des unités où des jeunes pourront avoir accès également à des soins décents.

Mouasso Angui, présidente de l'association ALDEN
Mouasso Angui, présidente de l’association ALDEN

Rédacteur Culture ELLE Côte d'Ivoire
Blogueur et amoureux du 7ème art, je suis une personne atypique qui aime voir le monde en couleur...une âme d'artiste dont tous les domaines de l'art me fascine. Je vous fais découvrir mes coups-de-cœur, les actualités culturelles et cinématographiques mais également de la beauté et de la bonté et c'est ce qui rend extraordinaire votre passage sur elle.ci.