Interview Mme Mensah – Vice-présidente de la FSBO

  1. Pouvez-vous vous présenter pour nos lectrices ? 

Je suis issue d’une famille aimante et soudée. Mes parents accordaient une importance capitale à l’éducation. Ils disaient que c’était le meilleur héritage à léguer à un enfant. Aussi, m’ont-ils inculqué des valeurs morales fortes et le goût de l’effort. Cela a conditionné mes choix ultérieurs. A l’adolescence, j’ai découvert la beauté et le pouvoir des mots. Je me souviens avoir dévoré des centaines de livres. La littérature était une clé qui m’ouvrait aussi bien à mon monde intérieur qu’au monde extérieur.

 

Tout naturellement, après le baccalauréat, j’ai intégré les classes préparatoires Lettres Sup du Lycée Pierre de Fermat, à Toulouse. Ma passion pour les belles lettres s’est ainsi développée dans un cadre rigoureux et exigeant. Toutefois, je mesurais la nécessité d’un ancrage dans les rouages de la société, ce que m’a emmenée à pousser les portes de l’Institut des sciences politiques. Quelques années plus tard, le diplôme de Sciences Po et un doctorat en Lettres en poche, j’ai regagné mon pays de cœur, le Gabon.

 

J’ai d’abord intégré l’École Normale Supérieure de Libreville où j’assurais les cours de didactique, puis en 2011, date de sa création, la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la Famille où j’ai la double casquette d’Expert Éducation et de Vice-Présidente Exécutive. La vision, les valeurs, les combats de cette organisation, de même que la qualité de l’engagement personnel de sa Présidente correspondaient à mes propres convictions et m’ont convaincue que j’y avais parfaitement ma place.

 

  1. Quels sont les engagements portés par la Fondation Sylvia Bongo Ondimba ?

Il s’agit de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la Famille. Nous tenons beaucoup à la précision de la cible de nos actions. La famille est le socle de nos sociétés. En nous engageant auprès d’elle, nous influençons positivement nos communautés. Nos actions touchent la société gabonaise dans sa diversité au travers de nos initiatives : Initiatives pour les femmes, Initiatives pour les Jeunes, Initiatives pour la Solidarité et Appui à la Société civile. Toutefois, nous portons une attention particulière aux personnes les plus fragilisées, notamment les femmes, les jeunes, et les personnes vivant avec un handicap, afin que leurs causes soient entendues et leurs vies nettement améliorées. Nous intervenons au plus près des populations, en apportant des solutions durables aux besoins exprimés, par la mise en place de projets concrets.

 

  1. Les pays africains ont été tous durement frappés par la crise du COVID-19, le Gabon fait figure de modèle en termes de gestion de cette pandémie. Quel est l’impact du COVID-19 sur les populations gabonaises et quelles ont été les actions menées par la Fondation SBO pour aider la population gabonaise à faire face ? 

En effet, comme les autres pays, le Gabon a subi les effets sanitaires, économiques et sociaux de la pandémie de Covid-19. Mais à la différence de nombreux autres pays africains, un accent tout particulier a été mis sur la gestion aussi bien sanitaire que sociale de la crise. Des mesures ont été prises au profit des entreprises touchées par les effets de la pandémie et des personnes en situation de précarité : prise en charge par l’État des loyers, des frais d’électricité et d’eau, gratuité des transports urbains, mise en place d’une banque alimentaire pour 60 000 familles bénéficiaires…

Les actions de la Fondation sont menées en renfort à celles du Gouvernement. Lorsque la pandémie s’est déclarée, il a fallu que nous réagissions au plus vite, pour faire face à l’urgence. Grâce à l’implication personnelle de notre Présidente et au dynamisme de toute l’équipe, nous avons dû revoir notre programmation annuelle et mettre en place un nouveau projet dénommé « Solidarité Covid-19 » qui intègre un accompagnement holistique, à la fois sanitaire et économique, de nos cibles réparties sur l’ensemble du territoire, encore plus fragilisées par cette crise qui accentue le clivage social.

Très rapidement nous nous sommes dotés de 1 200 000 masques chirurgicaux, quelques 80 000 masques alternatifs, près de 2000 litres de gels hydro-alcooliques pour permettre le respect des mesures barrières. Quant à l’aide alimentaire, elle a pris plusieurs formes : bons d’achat dans des chaines de magasins répartis sur l’ensemble du territoire, kits alimentaires, transfert monétaire par paiement mobile.

A ce jour, 24 000 familles, constituées principalement de commerçantes des marchés, d’étudiants en situation de précarité, de personnes vivant avec un handicap ou des comorbidités, des veuves ou femmes victimes de violences, ont bénéficié de bons d’achat ou de kits alimentaires d’une valeur unitaire de 45 000 FCFA ainsi que des kits sanitaires. 8061 autres personnes ont reçu un transfert monétaire de 25 000 FCFA.

Nous inscrivons ces accompagnements multiformes dans la durée. Les opérations de dotation se poursuivent et nous comptons les maintenir durant toute la période de la crise.

 

  1. L’année prochaine, la Fondation célèbrera ses 10 ans d’existence, quel bilan tirez-vous et quelles sont les ambitions de la Fondation SBO pour les années à venir ?

Effectivement, les années passent vite… En matière de bilan, les actions que nous avons menées, avec le même engagement au fil des années, sont suffisamment éloquentes. Des milliers de vies ont été positivement changées et les témoignages sont là pour l’attester. Les veuves ont gagné le respect de leurs droits grâce au plaidoyer incessant que nous menons, les personnes vivant avec un handicap moteur ont retrouvé leur dignité grâce à des dotations en matériel de mobilité qui favorisent leur autonomie, le programme « Agir contre le cancer » que nous avons mis en place et qui a pour piliers la détection précoce des cancers féminins, le traitement et l’accompagnement holistique des patients a permis de sauver de nombreuses vies.

Toutefois, je crois bien que ce qui me touche le plus, c’est l’engagement de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la Famille en faveur de l’éducation. L’éducation, c’est la vie. Grâce à notre projet dénommé « École de l’égalité des chances », nous avons permis à des enfants vivant dans des quartiers sous intégrés de bénéficier d’un accompagnement multiforme pour briser ce qui semblait être une fatalité et leur permettre de croire en des lendemains meilleurs. Nous avons appareillé des enfants déficients auditifs afin de briser le mur de silence qui les entourait et leur permettre de retrouver leur place au sein de la société. Par l’octroi de la bourse d’excellence « Ozavino », une vingtaine d’étudiants gabonais ont pu donner corps à leur rêve et poursuivre les études de leur choix en toute quiétude dans les meilleures universités ou écoles au niveau mondial… Oui, le meilleur héritage que l’on puisse léguer à un enfant, c’est l’éducation. Et au-delà de l’enfant, c’est une famille qui est touchée positivement. Et au-delà de la famille, la société.

Grâce à la qualité de notre engagement, nous bénéficions au niveau national d’une grande crédibilité et d’un important facteur confiance. La population nous fait confiance, de même que de nombreux partenaires techniques et financiers, qui décident de s’engager à nos côtés. Il en est de même sur le plan international, notamment grâce à l’implication de la Présidente de la Fondation dans l’instauration par les Nations Unies du 23 juin comme Journée internationale des Veuves, et au rayonnement de notre programme de lutte contre le cancer.

Pour ce qui est de l’avenir, nous réalisons que malgré le chemin parcouru et les victoires remportées, le travail n’est pas achevé. Nous sommes toutefois sur une belle lancée que nous entendons poursuivre et intensifier, pour répondre au mieux aux besoins des personnes vulnérables qui comptent sur nous.

Directrice Éditoriale ELLE Côte d'Ivoire
En vrai couteau suisse créatif, je déborde de passion et d’énergie. Coach, Speaker et Artiste, j’œuvre pour mon sujet favori : LA FEMME
#cancersurvivor , je suis une résiliente amoureuse des mots...ceux que l’on écrit mais aussi ceux que l’on chuchote.
J’ai l’honneur d’avoir la responsabilité éditoriale et créative au côté d'une équipe créative, accessible, pas suiveuse et qui ont de l’humour….
Méfiez vous de mon air à la fois espiègle et sérieux, je suis un pitre!