Interview de Samantha BIFFOT, réalisatrice de la série événement MAMI WATA

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Le talent derrière la série

“Faites-vous confiance, vous pouvez le faire.” Cette phrase prononcée par l’ingénieuse réalisatrice, scénariste et productrice franco-gabonaise Samantha BIFFOT résume le dynamisme, la vision de cette femme hors du commun au parcours édifiant que nous vous proposons de découvrir à travers cet entretien.

1-    Qui est Samantha BIFFOT ?

Je suis une réalisatrice, scénariste et productrice franco-gabonaise. Je travaille depuis plus de 10 ans, entre le Gabon et la Côte d’Ivoire désormais. 

2-    Comment vous est venue l’idée de créer la série-évènement MAMI WATA, LE MYSTERE D’IVEZA ? 

Il y a quelques années, je souhaitais réaliser un film autour de ce mythe du Mami Wata. Conté de générations en générations, l’histoire de ce monstre marin compte parmi les mythes les plus répandus sur le Continent et au sein de la diaspora africaine d’ailleurs. Cette idée a visiblement intéressé les équipes de Canal+ puisqu’elles m’ont contactée pour me proposer, non pas de réaliser un film… mais une série ! J’ai pris un certain temps pour réfléchir car ce passage d’un format « film » à un format « série » n’était pas sans conséquence. Il m’aurait fallu, en effet, réécrire intégralement le concept. Finalement, c’est en 2018 que je me suis pleinement lancée dans le projet en procédant à la réécriture du concept, du fil rouge de l’enquête. Après cela, avec mes deux co-auteurs, nous sommes partis en phase d’écriture.  

 3-    En octobre dernier la série a reçu le 2ème Prix de la Meilleure Série lors de la 27ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), quel est votre sentiment au lendemain de cette distinction ?

 Le FESPACO compte parmi les plus prestigieuses cérémonies célébrant la création audiovisuelle africaine. Toute consécration ne peut donc que susciter un sentiment de fierté. Je reste, aujourd’hui encore, très honorée et flattée par ce Prix, et ce d’autant plus que la sélection était composée d’excellentes séries – que je tiens à saluer.

4-    Vous êtes réalisatrice, productrice et scénariste, quel(s) conseil(s) pouvez-vous donner aux lectrices du ELLE COTE D’IVOIRE qui voudraient suivre vos pas ? 

 Si nous parlons de connaissances théoriques, je vous invite à regarder le plus possible de films et de séries. Tous les professionnels vous le diront : c’est la meilleure école de l’art cinématographique. Cela requiert donc d’être très ouvert d’esprit, d’être curieux en allant à la rencontre de tous les cinémas, qu’ils soient d’Afrique, d’Europe, d’Asie, d’Amérique latine ou d’Amérique du Nord.Toujours en matière de théorie, je vous encourage à vous former. La passion du cinéma est, bien entendu, nécessaire mais elle n’est pas suffisante. Grâce à Internet, une multitude de formations gratuites en ligne sont désormais à portée de clics partout, pour tous. Les savoirs et le savoir-faire évoluent chaque jour si bien que ces formations sont aussi bien intéressantes pour les novices que pour les professionnels.  

 D’un point de vue pratique, Mesdames, je vous dirais premièrement: « faites-vous confiance, vous pouvez le faire ! ». Ceci étant dit, il est important d’avoir à l’esprit que nous sommes dans une industrie où il ne faut pas avoir peur de multiplier les expériences pour apprendre le métier. La route n’est pas droite, il faut saisir toutes les opportunités lorsqu’elles se présentent à vous. Qu’il s’agisse de petits court-métrages amateurs réalisés avec des amis ou des premiers stages et emplois en qualité de quatrième assistante, tous les moments dont vous pourrez bénéficier sur des plateaux de tournage seront précieux. 

5-    Avez-vous des projets à venir dont vous voudriez nous parler ? 

 Vous le saurez le moment venu… ! (sourire)

 6-    Que pensez-vous de l’industrie cinématographique en Afrique ?

 Lorsque je commençais le métier en 2010, force est de reconnaître que l’industrie était plus que balbutiante. Aujourd’hui, l’industrie est en pleine phase d’émulation, c’est superbe. C’est une période très excitante et très positive, prometteuse de belles perspectives pour l’industrie africaine. 

 7-    Quelles sont les femmes qui vous inspirent au quotidien ?

 Sans conteste, ma mère est la première femme à m’avoir inspirée. Elle m’a enseigné toute une série de principes de vie et de valeurs morales. Elle m’a appris la résilience, à toujours travailler, à toujours être la meilleure version de moi-même, à me battre pour obtenir ce que je voulais.

 Au quotidien, je mentionnerais toutes mes collaboratrices féminines. Je suis très sensible à la présence de femmes dans notre industrie qui reste encore, en dépit des évolutions notables perceptibles ces dernières années, une industrie majoritairement masculine. C’est notamment le cas dans les métiers de la production, de la régie ou encore de la mise en scène. Dès lors, lorsque je rencontre ces femmes qui brillent par leur abnégation, leur dynamisme, leur ambition, je ne peux ressentir que fierté et joie. Il est heureux de pouvoir se dire que les prochaines générations compteront des jeunes filles qui feront bouger notre industrie. 

8-    Avez-vous un rituel bien-être hérité de votre maman ou de votre grand-mère ?

 Plusieurs recettes beauté dirais-je même (rires) ! Si je devais en citer une spontanément, je mentionnerais le soin du visage. La transmission de ce premier et essentiel geste beauté par ma mère a quelque peu marqué mon entrée dans l’adolescence. Jusqu’alors, la seule routine obligatoire était l’application, chaque matin, de la crème hydratante sur le corps. Garde à quiconque l’oubliait (rires) ! Puis un matin, juste avant d’aller au collège, ma mère m’a emmenée dans la salle de bains et m’a montré comment nettoyer mon visage en trois étapes : le gel nettoyant, puis la lotion tonique et enfin la crème hydratante.

 9-    Quels sont vos 3 produits de beauté incontournables ?

Nous ne pouvons en citer que trois ? (rires). Dans ce cas, je mentionnerais mon démaquillant, ma lotion tonique et mon émulsion hydratante avec un SPF minimum de 30. La protection solaire est très importante pour la santé. Je l’avais négligée pendant des années mais j’y suis sensible depuis quelque temps. 

 

 

Rédactrice Beauté ELLE Côte d'ivoire
Je dirige un cabinet de Consulting en développement de para-pharmacie et de marque dermo-cosmétiques. Je forme les para-pharmacies, coiffeurs, esthéticiennes, marques sur le soin du cheveu, cuir chevelu et de la peau. Je fais également des coachings beauté et donne des consultations aux particuliers.