Indépendance de la Côte d’Ivoire : Les femmes qui ont marqué notre histoire

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«C’est grâce à votre action combative, à votre prise de conscience, à votre exemple de femmes décidées que le pays a pu faire entendre sa voix» - Félix Houphouët-Boigny. 

Pour la fête d’indépendance, la rédaction rend un vibrant hommage aux femmes qui ont joué un rôle important dans l’obtention de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Des femmes d’exception, de valeureuses militantes, les mères du féminisme ivoirien… Nous avons répertorié pour vous ces légendes historiques :

Marie Koré

Marie Séry Koré, ou Zogbo Céza Galo Marie, de son nom de jeune fille, est née en 1912 et est décédée en 1953. Figure emblématique de l’histoire de la lutte pour les indépendances en Afrique, elle fut la première à lutter  pour l’émancipation politique  en Côte d’Ivoire. Elle était aussi l’une des premières militantes du Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

Une femme mémorable

Marie Koré était une belle femme, particulièrement séduisante. Venant à l’aventure, elle débarque en Basse-Côte en Côte d’Ivoire. Cette dernière épouse un jeune français. Active, elle finit par rejoindre Félix Houphouët-Boigny et ses compagnons qui créèrent le RDA. Un mouvement de libération des peuples africains exploités au Sud du Sahara. Ce choix entraîne de lourdes conséquences pour elle et son entourage : son divorce d’avec son premier époux, le licenciement de Séry Koré René, son second mari, par l’administration coloniale, de son poste pour son appartenance au nouveau mouvement.

Cependant tout cela renforce son engagement et n’ébranle en rien ses convictions. Elle devient au sein du RDA, une machine de guerre, une militante convaincue. Marie Koré fut nommée présidente du Comité Féminin du PDCI à Treichville, où elle avait réussi à créer une activité génératrice de revenus : un allocodrome. Son allocodrome allait être le précurseur des maquis en Côte d’Ivoire. Elle y employait des jeunes filles de sa région natale.

Pour le rôle joué dans l’accession à son indépendance, la Côte d’Ivoire, est reconnaissante à cette femme exceptionnelle.

Jeanne Gervais 

Jeanne Gervais, de son nom à l’état civil Jeanne Ahou Siefer-N’Dri, est née le 6 juin 1922, à Grand-Bassam. Elle est décédée le 9 décembre 2012. Son père était d’origine française et sa mère ivoirienne, Baoulé N’Gban d’Ahérémou à Tiassalé.

Jeanne Gervais fut la première femme ministre de Côte d’Ivoire.

Une femme remarquable

Ancienne et brillante élève de l’école des jeunes filles de Rufisque au Sénégal puis de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, dans la banlieue parisienne, Jeanne Gervais fut inspectrice de l’Enseignement primaire avant d’être promue ministre chargée de la Condition féminine de 1976 à 1983. Elle devient alors la première femme ministre du gouvernement ivoirien, après une longue carrière de députée de 1965 à 1980. Elle a été militante du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) jusqu’à sa mort le 12 décembre 2012, à l’âge de 90 ans.

Jeanne Gervais a participé à la marche des femmes sur Grand Bassam le 29 décembre 1946. Elle est l’une des 3 premières élues de l’Assemblée Nationale de la Côte d’Ivoire indépendante et y reste députée de 1965 à 1980.

En 1976, elle est nommée Ministre par le Président Houphouët-Boigny, faisant de la Côte d’Ivoire l’un des premiers pays subsahariens à avoir des femmes dans son gouvernement. Elle y sera chargée de la Condition féminine jusqu’en 1983. Ce fut aussi, elle, la première présidente de l’Association des Femmes Ivoiriennes (AFI) et membre du Bureau Politique du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Anne Marie Raggi

Anne-Marie Essy RAGGI, née THOMAS, a vu le jour le 08 octobre 1918 à LOZWA, à Divo. Elle meurt le 19 octobre 2004 à l’âge de 86 ans. Maman Raggi , comme on la surnomme, fut la figure emblématique de la marche des femmes sur Grand-Bassam. Elle était membre d’honneur du bureau national de l’Association des Femmes Ivoiriennes (AFI) depuis 1974, présidente de l’AFI de Grand-Bassam jusqu’en 1984.

Une femme honorable

Multiculturelle, elle avait la nationalité française de par sa belle-famille d’origine libanaise, sénégalaise de Rufisque par son père Colle Thomas, de mère fanti du Ghana et élevée par la seconde épouse Dida de son père. Elle fait la rencontre de Louis RAGGI aristocrate, expert-comptable et riche acheteur de produits, qui va devenir son unique époux. De leur union, naîtront deux enfants. En 1963, la mort cruelle de ce dernier les sépare.

Toute la vie de Anne Marie RAGGI était partagée entre son militantisme politique au PDCI-RDA, sa ferveur catholique et ses actions en faveur des personnes en difficulté. Son domicile servait d’officine aux indigents, aux malades, aux sourds-muets, aux enfants abandonnés ou enfants « porte-malheur ». Elle a adopté de nombreux enfants dont le plus célèbre est l’ancien Sous-Préfet Jean-Baptiste ADINGRA qu’elle a récupéré à Krindjabo et qui devint par la suite, le fils aîné de la famille Raggi.

Au sein de son parti, elle a été également membre du comité directeur, réélue en 1980. De 1976 à 2000, elle a été membre du Conseil économique et social. Elle a assuré enfin les fonctions d’adjoint au maire de 1980 à 1985 sous le mandat de Jean-Baptiste Mockey, son ami.

Les pionnières Ivoiriennes

Monument pour rendre hommage aux femmes de la marche de Grand-Bassam

 

Félix Houphouët-Boigny, avait très tôt reconnu l’importance des femmes dans la réussite du mouvement. Aussi, avait-il réussi à nommer à des postes importants de son mouvement ainsi que dans son administration : Jeanne Gervais, Hortense Aka Anghui, Anne Marie Raggi, Marie Koré, Marguerite Sacoum, Odette Yacé, ou encore Ouezzin Coulibaly. Ces femmes luttent aux côtés des hommes pour donner naissance à ce qui est connu aujourd’hui comme le PDCI-RDA.

Ces femmes marchèrent sur la prison de Grand-Bassam pour exiger la libération de leurs époux, membres influents du PDCI-RDA. Ils avaient été emprisonnés sans autre forme de jugement, par les forces coloniales.

La Période de l’Indépendance (1960) 

Cette phase reste marquée par la création de l’Association des Femmes Ivoiriennes (AFI) en 1963. Organe faisant partie des actions posées par le PDCI afin de préparer la femme à occuper tous les postes de décisions tant dans le secteur public que dans les secteurs privés.

L’objectif principal de l’A.F.I. s’est d’ailleurs l’émancipation sociale et économique de la femme ivoirienne. On a pu remarquer qu’à la suite des différents Congrès du PDCI‐RDA, la place de la femme militante ivoirienne avait progressivement évolué. Elle participe à la prise de décisions dans les organes décentralisés, les délégations, au gouvernement…

Ce fut aussi la naissance du féminisme en Côte d´Ivoire.

 

Littéraire dans l'âme, mordue des mots, je crois pouvoir me définir comme une africaine moderne attachée à sa culture. Plus qu'un élan créatif, ma plume cosmopolite empreint d'un brin d'humour est mon outil d'émancipation de la femme. Je m’épanouis sur des sujets de bien-être, de découverte, de culture, de mode, de cinéma, de musique, d'Art en général... Un œil d'esthète, je suis (très) sensible à la beauté ! Ah oui, j'ai aussi une passion honteuse : les émojis.