L’interview de Pervenche ALIMAN, fondatrice de COMMAN-YA

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Femme à suivre

Rencontre avec Pervenche ALIMAN, fondatrice de COMMAN-YA, dont l’incubateur accompagne les femmes entrepreneures dans l’expression de leur potentiel jusqu’à les transformer en opportunités. En effet, COMMAN-YA (femmes battantes en langue Atchan a.k.a EBRIE) a pour vision de susciter des leaders, d’en faire des dirigeantes d’entreprises et femmes d’affaires accomplies. 

1)     Bonjour Mme ALIMAN, pouvez-vous vous présenter aux lectrices du ELLE CI ? 

 Je suis Pervenche ALIMAN. J’ai fondé COMMAN-YA en 2018 et j’en suis la Directrice Exécutive. J’ai été Banquière pendant une quinzaine d’années. Aujourd’hui, j’aide les femmes à s’épanouir et à donner vie à leurs projets entrepreneuriaux.

2)    Dites-nous pourquoi et comment passe-t-on de Cadre de banque avec des revenus confortables et la sécurité de l’emploi à fondatrice et directrice d’une ONG dont la vision est d’autonomiser la femme ?

 J’ai toujours été d’un naturel à vouloir aider les autres à donner le meilleur d’eux. J’ai aussi toujours questionné ce qui m’entoure et voulu comprendre le sens des choses. Pendant ces années où j’étais cadre de banque, j’ai été en charge de PME sur les 5 dernières. En interagissant avec ces chef(fe)s d’entreprises, je me demandais de façon récurrente comment faire mieux ou différemment… 

J’ai remarqué qu’il y’avait peu de femmes cheffes d’entreprises dans nos portefeuilles clients. De même, très peu de celles qui y figuraient demandaient du crédit. 

J’étais d’autant plus étonnée, que nos économies africaines comportent de nombreuses femmes entrepreneures, plus qu’ailleurs. Mais elles plafonnent dans l’informel pendant des décennies sans pouvoir sortir du « petit commerce ». Comment se faisait-il que ces dernières n’accédaient jamais au niveau où elles pouvaient devenir des clientes de notre banque. Telles étaient certaines des questions que je me posais.

 C’est en m’interrogeant ainsi sur la façon de combler ce gap et de réconcilier ces femmes avec le système bancaire que j’ai décidé de créer une Organisation dont la raison d’être est de démystifier l’accès au financement en donnant les clés aux femmes pour devenir finançable.   

3)    Parlez-nous de COMMAN-YA

 COMMAN-YA accompagne les femmes entrepreneures et cadres d’entreprises. Nous intervenons sur 3 axes :

  •         L’Entreprenariat avec la COMMAN-YA Business Academy, un incubateur doté un espace de coworking (Entr’Elles Coworking). Nous entamons en juillet notre 4e édition. 35 entrepreneures depuis 2018 et 42 réfugiés ont été accompagnés en création et en gestion d’entreprises, à travers le renforcement de leurs capacités, le développement personnel, le mentorat, et l’orientation vers le financement.

Nous mettons en œuvre la méthodologie GERME du BIT (Bureau International du Travail), un suivi comptable, juridique et fiscal pendant 6 mois pour permettre aux bénéficiaires d’implémenter tout ce qu’elles ont appris. 

Les principales ambitions de notre incubateur sont de devenir un acteur incontournable dans l’écosystème des femmes entrepreneures en Afrique francophone et d’être une rampe de lancement pour des Start up féminines.

  •         Le Leadership à travers notre réseau Ascens’her qui permet aux femmes corporate d’avoir le support pour mener une vie professionnelle épanouissante et percer le plafond de verre pour celles qui le souhaitent. Nos activités permettent de réseauter, de renforcer la confiance en soi, d’échanger des stratégies gagnantes… 
  •         La Santé & le Bien-être de la femme à travers notre marque COMMAN-YA Health & Benefits. Nous organisons des activités récréatives, sportives, des voyages… des campagnes de sensibilisation et de dépistage et bien d’autres choses.

 Ces 3 axes permettent d’accompagner les femmes de façon holistique afin de révéler le meilleur de leur potentiel. 

4)    A quel grand écueil avez – vous dû faire face lorsque vous avez fondé COMMAN -YA et comment l’avez-vous surmonté ?

 Entre autres écueils, il y’a eu la solitude de l’entrepreneur. Bien souvent au début d’une aventure, vous êtes seule à porter la vision et très peu de personnes croient en vous. On n’a pas toujours le soutien des personnes qu’on aurait cru. Mais personne n’a dit que ce serait facile. C’est ce qui fait aussi la beauté du parcours. On en apprécie que mieux les victoires. 

Je continue donc de travailler avec abnégation, convaincue d’être sur la bonne voie. Je veille à m’entourer de personnes qui apportent de la valeur au projet.  Je profite d’ailleurs de cette tribune pour les remercier.  

 

5)    Citez un projet porté par l’incubateur de COMMAN-YA dont vous êtes la plus fière ?

 Ça va être difficile de choisir, je vais me faire des ennemis…lol… mais, celui qui me vient immédiatement à l’esprit est celui de Diagnostic Vital, porté par Tatiana. 

Ayant perdu son emploi de technicienne de laboratoire après 12 années d’expérience, elle s’est inscrite à la COMMAN-YA Business Academy. Son projet était d’ouvrir un laboratoire d’analyses médicales mais elle était désemparée, ne sachant pas par où commencer.  Après les 3 mois d’incubation, elle a pu structurer son projet. Nous lui avons prêté une partie des fonds dont elle avait besoin pour équiper ledit laboratoire, et nous nous sommes portées caution auprès de son fournisseur pour lui livrer du matériel d’une valeur de 12 Millions environ. Depuis 2019, elle s’est installée à KATIOLA où elle contribue à améliorer la vie de sa communauté. 

Elle projette même d’ouvrir d’autres laboratoires dans l’intérieur du pays. 

 6)    Quelles sont les femmes qui vous inspirent au quotidien ?

 Au quotidien, je suis inspirée par ces entrepreneures qui sont passées par COMMAN-YA telles que Tatiana et bien d’autres qui osent donner vie à leurs rêves. Nos incubées me montrent chaque jour qu’à force de détermination et de discipline, on arrive à avancer. Il est vrai que nous les accompagnons mais nous nous enrichissons à leur contact. Je n’ai jamais autant appris sur moi-même que depuis que j’ai lancé ce projet … 

7)    Avez-vous des gestes beauté et bien-être ?

 Déjà, j’essaie de faire du sport assez régulièrement. Je marche un matin sur 2 en semaine pendant une heure. Et une fois par mois, je fais une randonnée plus longue pour recharger mes batteries. 

Pour mes rituels beauté, j’essaie de me démaquiller tous les soirs et de dormir assez chaque nuit. 

Pour le reste, je n’ai pas de crème particulière. Par contre, j’utilise le Savon Missapi surgras Argile-miel de l’une de nos incubées depuis maintenant plus d’un an. 

 8)    Quels conseils donneriez-vous aux lectrices du Elle Côte-d’Ivoire qui souhaiteraient suivre votre exemple ? 

 Je leur dirais de suivre leur voix intérieure. Le temps se fait court. Si vous avez une ferme conviction en quelque chose, mettez-vous en mouvement pour sa réalisation. Je lisais hier une phrase qui disait que « Certaines personnes meurent à 25 ans et sont enterrées à 75 ans… ». Veillez à vous maintenir en vie en réalisant vos rêves, à vivre tant que ce n’est pas la fin…en gardant votre âme d’enfant. 

 9)    Avez-vous un appel à lancer ?

 Oui, j’en ai même plusieurs. Lol.

L’appel à candidature pour le programme d’incubation 2021 est en cours. J’encourage toutes les femmes avec des activités en amorçage et qui ont besoin d’être accompagnées, à postuler.

De même, pour grandir, COMMAN-YA a besoin de recruter du personnel mais aussi des bénévoles. J’invite toutes ces personnes qui croient en nos valeurs à nous rejoindre. 

Enfin, pour toute personne physique ou société privée qui aimerait parrainer une incubée ou soutenir l’Organisation, cela est aussi possible à travers une convention de partenariat solidaire.

 

Habillée par Fadiwax

Accessoires par Nice Ones

 

 

Rédactrice Beauté ELLE Côte d'ivoire
Je dirige un cabinet de Consulting en développement de para-pharmacie et de marque dermo-cosmétiques. Je forme les para-pharmacies, coiffeurs, esthéticiennes, marques sur le soin du cheveu, cuir chevelu et de la peau. Je fais également des coachings beauté et donne des consultations aux particuliers.