Interview croisée : 10 questions à Lisette et Victoire, toutes deux boxeuses.

Girl Power !

 

Longtemps réservée aux hommes (aux gros durs), la boxe est de plus en plus pratiquée par la gente féminine. Sur le ring ou contre un sac de frappe, nombreuses sont celles qui enfilent les gants de boxe afin de se booster ou apprendre à se défendre. Nous avons reçu à la rédaction pour une interview : Lisette Roxane et Victoire Balemaken, toutes deux amatrices de boxe, de Muay Thaï. Découvrez leurs points de vue sur ce sport atypique.

ELLE CI. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Lisette Roxane Kpea, étudiante en Master de Droit Privé et aussi nakmuays… C’est-à-dire athlète de Muay Thaï.

 

Je m’appelle Victoire Balemaken Lenou, je viens du Cameroun et je suis boxeuse.

 

ELLE CI. La boxe a-t-elle toujours été une vocation pour vous ?

Lisette. Non pas vraiment. J’ai toujours fait du sport. En commençant par le handball.

Victoire. Non, j’ai découvert la boxe à l’université. Et étant donné que j’aime le sport je m’y suis intéressée.

ELLE CI. Quand avez-vous commencé la boxe ?

Lisette. J’avais dû cesser les entraînements parce que mon coach avait déménagé. De façon naturelle, je me suis tournée vers la boxe.

Victoire. En 2016, quand j’étais à l’université.

ELLE CI. Selon vous, est-ce qu’on parle assez de la boxe féminine aujourd’hui ?

Lisette. En Europe oui, mais en Afrique non. Ici, ce n’est pas commun de voir des filles faire de la boxe. Et quand ça se fait, certains pensent que ça fait « garçon manqué ». D’autres disent que la femme n’est pas faite pour les sports de combat. Et lorsque tu dis à quelqu’un que tu fais de la boxe, tu as des réponses comme : “mais pourquoi tu fais cela ? Tu ne pouvais pas faire autre chose ? La danse par exemple.” C’est un peu mal vu dans notre société. Mais je pense qu’au fur du temps les mentalités changeront.

Victoire. Oui par rapport à avant. Avant, on dénigrait un peu les femmes, on se disait que les femmes ne pouvaient le faire.

ELLE CI. Quelle place occupe le féminin dans votre carrière sportive ?

Lisette. Le féminin ? Ah mais c’est toute ma vie hein ! (Rire). J’allie féminité et boxe. C’est un sport déjà assez masculin, c’est pourquoi je préfère rester féminine. En apparence, on ne voit pas que je fais de la boxe (Rire).

ELLE CI. Avez-vous eu le sentiment qu’en tant que femme, vous devriez vous entrainer plus dur que les hommes pour être reconnue ?

Lisette. Oui ! Il faut travailler deux fois plus que les hommes. Nous n’avons pas les mêmes morphologies alors c’est compliqué pour une femme de faire de la boxe. Il faut s’entraîner dur, se surpasser, et essayer de dépasser les hommes.

Victoire. Les femmes doivent travailler plus dur que les hommes, parce que nous n’avons pas les mêmes forces physiques.

ELLE CI. La boxe étant un sport « dit » réservé aux hommes. Quel sentiment avez-vous face à cela ?

Lisette. Les débuts étaient difficiles mais au fur et à mesure je me suis habituée. La boxe m’aide en plus de me donner de l’assurance, elle permet de booster ma confiance en soi.

Victoire. Les gens doivent aussi comprendre que c’est un sport comme un autre et pas seulement réservé à la gente masculine.

ELLE CI. Comment la maternité est-elle perçue dans le sport de haut niveau ?

Lisette. Je ne suis pas encore maman (rire).

Victoire. Dans un premier temps, si je décide d’avoir un enfant, je ferai une pause. Et quand l’enfant aura atteint un certain âge, je continuerai ma carrière.

ELLE CI. Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes filles qui n’osent pas encore se lancer dans la boxe ?

Lisette. Je leur dirais que si elles aiment ce sport qu’elle n’hésite pas à le pratiquer. Non seulement, il est bénéfique dans une situation où elles seront amenées à se défendre, mais permet également de garder la ligne. Alors j’encourage toutes les filles à pratiquer la boxe.  Que ce soit pour apprendre à se défendre ou pour soi-même, si tu aimes la boxe, lance-toi ! De plus, elle n’empêche pas de rester féminine.

Victoire. D’abord la boxe est un sport de combat personnel pour la nation. C’est avant tout pour soi-même, pour se défendre. Pour moi, la boxe est une bonne chose pour une femme.

ELLE CI. Votre devise ?

Lisette. Ma devise ? (Rire) Rester belle et forte !

Victoire. (rire) Sport, mariage, enfant !

 

Littéraire dans l'âme, mordue des mots, je crois pouvoir me définir comme une africaine moderne attachée à sa culture. Plus qu'un élan créatif, ma plume cosmopolite empreint d'un brin d'humour est mon outil d'expression. Polyvalente, je m’épanouis sur divers sujets qui touchent à l'Art. Un œil d'esthète, je suis (très) sensible à la beauté... Ah oui, je suis aussi une grande passionnée d'émojis.