Interview croisée : 08 questions à Jay, Hans et Axel, amoureux d’extensions capillaires

Les fondateurs de Bakoh Studio

Purs produits du pays, évoluant chacun dans divers secteurs d’activités, Jay, Hans et Axel se sont finalement réunis en entreprise en 2020 grâce à un dénominateur commun : le cheveu naturel, qui se veut être un business lucratif. 

En unissant leurs forces entre Paris, Abidjan et Londres, la fratrie imagine une marque qui offrirait un nouveau souffle à la beauté et au lifestyle. Le parti-pris ? Explorer les dynamiques et les rituels qui nourrissent ces univers dans les cultures noires. 

La « founder team » de Bakoh Studio échange aujourd’hui avec la rédaction sur les enjeux du business capillaire et sur l’avenir de ce secteur d’activité assez prisé de nos jours. 

1- Présentez-vous à nos lectrices 

 Nous sommes français d’origine ivoirienne avec des expériences respectives qui font notre force. Elles nous permettent d’être complémentaires dans cette aventure.

 Je suis Axel Djourou, 32 ans. Diplômé d’un Master en Management Opérationnel des Entreprises en école de commerce à Paris. J’ai par la suite forgé mon expérience professionnelle à l’international en tant qu’ingénieur d’affaires au sein de plusieurs grandes entreprises de technologies et informatiques comme Oracle.

Mon expérience me permet aujourd’hui d’endosser le rôle de Directeur Général au sein du Bakoh Studio, d’apporter une vision stratégique et une véritable structure afin d’atteindre nos objectifs.

 Hans Djourou, 33 ans. Diplômé d’un bachelor en visuel merchandising dans le secteur du luxe. J’ai notamment été responsable du service visuel merchandising  pour des marques telles que Dolce & Gabbana, Chanel et Louis Vuitton. Mon rôle consistait à déterminer la stratégie en passant par la mise en place des produits, la scénographie et la conception des vitrines afin d’augmenter le chiffre d’affaires. Aujourd’hui Directeur Artistique de Bakoh Studio, je défini l’ADN esthétique de la marque.

 Jay Djourou, 29 ans, coiffeuse et MUA professionnelle. Je suis entrepreneuse dans l’âme. Passionnée par l’univers de la beauté depuis mon plus jeune âge, autodidacte je me suis perfectionnée par la suite dans divers salons parisiens. Mon expertise est un atout essentiel dans la recherche et le développement des collections Bakoh Studio. En tant que Directrice Technique, je suis toujours à l’affût de nouvelles techniques et tendances sur le marché.

 2- Bakoh studio, racontez-nous son storytelling.

 Hans

ba.ko\ signifie de l’autre côté de la rivière en dioula — une langue véhiculaire entre la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso. Désormais, le terme est souvent utilisé pour désigner les Africains qui vivent de l’autre côté de la Méditerranée. Chez Bakoh Studio, c’est notre clin d’œil à cette diaspora au-delà de toutes les rives.

 La pandémie commençait tout juste à bousculer le monde lorsque Bakoh Studio bourgeonne dans nos esprits.

L’impact ravageur de cette crise qui déprimait le monde ne nous a pas suffit à perdre en motivation. C’est à ce moment que nous avons décidé d’abandonner nos carrières respectives et d’unir nos forces pour ainsi, imaginer une marque qui offrirait un nouveau souffle à la beauté et au lifestyle.

Notre but ultime est d’explorer les dynamiques et les rituels qui nourrissent ces deux univers dans les cultures africaines et de sa diaspora.

3- Où puisez-vous votre source d’inspiration en tant qu’entrepreneurs ? 

Axel

Étant ancien sportif de haut niveau en athlétisme, j’ai pu développer des valeurs telles que le travail, la persévérance et le courage. Des valeurs transmissibles dans la vie de tous les jours et particulièrement dans l’entreprenariat où l’on est face à de nombreux challenges dont on ne parle pas assez.

 Hans

Je puise mon inspiration dans les féminités noires dans le sens large du terme. Je trouve que les femmes africaines et de la diaspora sont les plus inspirantes en termes de beauté, de mode et d’esthétisme. Ce n’est pas un hasard qu’elles soient à l’origine de la majorité des tendances de ce monde.

 Jay

Je vais rejoindre Hans. Les femmes africaines m’inspirent au quotidien. En commençant par ma mère qui est la femme la plus stylée au monde. C’est à ces femmes que je pense quand je suis à la recherche de nouveaux produits pour les sublimer en m’assurant qu’elles aient accès aux produits les plus prisés du marché.

4-Le secteur des mèches représente 7,5 milliards de dollars de dépenses par an en Afrique. Est-ce l’une des raisons pour lesquelles vous avez sauté de plain-pied dans ce milieu ? 

Axel

Le marché de la mèche est encore pris à la légère de nos jours. Particulièrement en Côte d’Ivoire. Ce qui est une grosse erreur au vu de l’immense potentiel de marché en termes de revenus que cela représente. En effet, les cheveux correspondent au 3ème poste de depense de la femme. C’est considérable !

 Nous notons qu’en Afrique de l’Ouest en général, les classes moyennes et supérieures se solidifient. Par conséquent de nouveaux besoins ont été créés en termes de qualité de produit et surtout de qualité de service. Le Bakoh Studio est là pour répondre à cela. Permettre à la femme africaine, aussi, d’avoir le choix en la qualité ultime que reprensentent les mèches humaines.

 Le Bakoh Studio s’impose en tant qu’expert en mèches humaines indiennes. Celles-ci représentent la plus haute qualité de cheveux humains sur le marché mondial.

5- Avec Bakoh, quelle est la plus-value que vous comptiez apporter aux femmes africaines durant cette décennie.

Jay –

Au Bakoh Studio, nous voulons vous offrir la meilleure expérience beauté possible aux femmes. Nous n’utilisons que de vrais cheveux humains pour concevoir nos extensions et perruques.

Bakoh Studio s’engage à s’approvisionner de manière éthique. Nous utilisons uniquement des cheveux provenant de temples hindous indiens. De cette manière, dans une industrie opaque et fortement non réglementée, nous prenons la responsabilité de vous informer et le devoir de nous assurer que nos produits ne sont pas créés aux dépens de qui que ce soit.

Dans une époque où les consommatrices sont de plus en plus conscientes et exigeantes, le Bakoh Studio, grâce à sa transparence, se place en chef de file dans un marché en manque de réglementations fermes.

Hans – Branding

La plus value passe aussi par notre branding fort autour de notre marque que nous n’avons pas l’habitude de voir. Effectivement un effort remarquable a été fait sur les visuels et le storytelling de la marque que vous pouvez voir sur notre site internet par exemple.

Nous avons la conviction qu’avec un branding fort et qui résonne, nous pourrons nous installer dans les routines capillaires des femmes ivoiriennes et leur faire vivre des expériences uniques.

 

6- Tout au long de vos carrières respectives, avez-vous subi des représailles ? Si oui lesquelles ? 

Axel

J’ai évolué dans un univers (technologies et informatique) où les conditions de travail étaient très favorables pour les salariés. Ceci étant, le manque de passion dans mon travail a été un problème, particulièrement les 2 dernières années qui ont rendu mon expérience difficile. J’ai dû me faire violence tous les matins pour me rendre sur mon lieu de travail et finir par prendre la décision de me tourner vers d’autres horizons en dépit du salaire qui était très confortable. Quand vous n’êtes plus épanoui, il est impératif de se fixer des objectifs pour en sortir et entrer dans un cercle vertueux.

 Hans

J’ai été nommé manager de la région UK à 31 ans, et effectivement aux yeux de certains, mon jeune âge posait problème. Mon professionnalisme a été remis en question à de nombreuses reprises. Cependant, les doutes que les autres me prêtaient se sont transformés en un défi pour moi. Cela m’a poussé à travailler deux fois plus et à dépasser les objectifs fixés par ma direction. Ce qui a complètement changé la donne.

Jay

L’infantilisation. En tant femme et entrepreneuse, il est très compliqué de voir mes prises de position et décisions être prises au sérieux. Ma crédibilité est souvent mise en cause ce qui m’oblige à être dure, intransigeante, mais surtout d’être extrêmement rigoureuse dans mon travail. Je pense avoir réussi à tourner cette injustice en une force. C’est ça l’important. 

7- Quelle est selon vous la plus grande injustice dans ce monde contre les femmes ?

Jay:

C’est difficile de ne s’arrêter que sur une seule chose tant il y a d’inégalités à déconstruire et à éradiquer. D’autant plus que ces injustices affectent profondément tous les aspects de leurs vies. Même dans un cadre où la parole se libère de plus en plus, paradoxalement tout est fait pour minimiser leurs expériences. Le monde ne veut pas véritablement donner le coffre que leurs voix méritent pour que les avancements n’en restent pas au rang de balbutiements.

 8- cinq éléments clés pour réussir sa vie

Jay

– Avoir un entourage sur qui tu peux compter

– Prendre soin de sa santé mentale

– Être honnête avec soi même

– Accepter sa destiné

– Manifester ses ambitions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Directrice Artistique chez Elle Cote d’Ivoire

« La créativité, ça me connait ! ». Incarnant le profil de cinéphile, photophile et littéraire, je suis une amoureuse de musique, de voyage et de cuisine. Journaliste rédactrice avant tout, je suis spontanée, créative, soucieuse du détail et multitâche. Je me perfectionne et me bonifie dans un environnement où règne l’esprit d’équipe. Silence, on tourne !