Derrière la marque Mathydy se cache un « power couple »

Ils ont eu la fabuleuse idée de créer une marque de bijoux et de maroquinerie aux connotations luxueuses à partir de leur prénom respectif. Maty Lo et Idrissa Niane incarnent un duo de choc : tous les deux, ils ont bâti l’empire Mathydy, une marque qui brandit très haut les couleurs de l’Afrique. Petite conversation avec le couple ! 

ELLE : Bonjour Maty et Idi. Je suis Karlita du magazine ELLE Côte d’Ivoire qui est d’ailleurs la seule représentation du magazine ELLE, qu’on connait tous, en Afrique. Est-ce que vous pouvez nous parler de Mathydy.

Maty : Bonjour !  Mathydy, créé en 2014, est une marque sénégalaise composée de deux noms : Maty et Idi, mariés depuis bientôt 9ans. À la base, nous avions commencé en tant que boutique d’accessoires et de bijoux. C’est au fur et à mesure qu’on va décider de se lancer sur ce qu’on trouvait le plus inspirant. On a donc commencé par les montres, mais pas n’importe lesquelles. Nous voulions quelque chose de différent, quelque chose qui raconterait un peu ce qu’on éprouvait en tant qu’africains et qui nous permettrait de valoriser l’Afrique. 

Idy : alors je dirais avant tout qu’on s’est mariés en 2013. Maty était au Canada et moi en France. Quelques mois après notre rencontre, je suis allé la rejoindre au Canada et c’est à ce moment qu’elle m’a dit qu’il fallait qu’on lance un business qui aurait eu pour nom << Mathydy>>. Comme quoi l’amour construit !

ELLE : La personne qu’on choisit justement comme compagnon compte beaucoup j’imagine pour L’avenir. Vous étiez entrepreneurs avant Mathydy individuellement ou tout a commencé lorsque vous vous êtes mis ensemble ? 

 

Maty : Oui parce que Idy, tout en travaillant, faisait de petits business. Et pour parler de moi, je n’ai jamais été une personne qui aimait faire les choses de manière routinière et je crois d’ailleurs qu’il est exactement comme moi. Du coup, tout comme lui, je faisais de la vente plus particulièrement de bijoux. Amoureuse de ces accessoires, J’ai toujours eu l’habitude d‘en porter plein les mains !

Idi sachant cela va vraiment embarquer dans mon idée parce que lui aussi en vendait.

 

Idy : À l’époque j’étais ingénieur. Je voyageais donc dans beaucoup de pays. Et à chaque fois que j’allais sur un territoire, je regardais le produit le plus populaire là-bas, l’achetait et le revendais au Sénégal. J’ai aussi été dans le business du wax au Togo, celui-ci coûtant peu dans le pays en question. Je l’achetais en conséquence et le revendais également au Sénégal. Pareil pour le Ghana. Avec la vente de tissus Woodin. Puis vint le dernier business : la vente d’or qui n’était non plus pas très coûteux dans les pays du golfe. C’est lorsque je me marie avec Maty, qui elle poursuit ses activités, qu’on se dit que notre passion étant le commerce, nous devons combiner, fusionner pour donner Mathydy.

 

ELLE : Alors Mathydy aujourd’hui est la première marque d’accessoires de luxe en termes de montres en Afrique. En effet basée au Sénégal mais présente partout dans le monde. Parlant de marketing, de positionnement : pourquoi justement avez- vous fait ce choix très ethnique ?

Maty : Moi personnellement je pense que les montres, il y en a plusieurs dans le monde. Cependant j’avais cette impression qu’elles se ressemblaient toutes. Mis à part la marque, il n’y a rien qui donnait à ces montres l’effet bijoux qu’on recherchait si ce n’était pour regarder l’heure. Et c’est clairement cette différence qui manquait. 

Nous, nous voyions maintes personnes utiliser le wax, qui n’était d’ailleurs pas notre priorité car on désirait quelque chose de plus atypique, quelque chose qui rappelait plus notre africanité, qui nous ressemblait beaucoup plus en tant qu’africains. Raison pour laquelle nous avions choisi dans les débuts le bogolan.

Ce qu’on voulait réellement, ce n’était pas que les gens aient juste des montres. Mais que celles-ci puissent leur plaire à tous ; qu’elles soient belles à porter, mais également qu’elles puissent représenter une fierté. On ne voulait pas que mettre un produit sur le marché mais plutôt un produit qui allait participer à la valorisation du continent Africain.

 

ELLE : On connait le goût de la culture Sénégalaise pour ce qui est des bijoux, pour l’or qu’on retrouve également chez Mathydy avec des montres vraiment diverses. Cependant, est ce que le fait d’avoir une montre <<made in Africa>> qui valorise et revendique en particulier <<l’africanité >>, mais qui est portée aujourd’hui partout dans le monde, pour tout le monde ne dérange pas ? 

Idy : Bah c’est vraiment une fierté.  À la base, comme elle a dit, nous ne voulions pas axer notre produit sur la montre. Il fallait faire un bijou. Et au Sénégal, en termes de bijoux, ce sont l’or ou le plaqué qui prévalent. Alors nous nous sommes dit avec Maty que nous devions produire des montres qui allaient pouvoir concorder avec les bijoux que portent nos femmes sénégalaises. D’où la production de montres plaquées or. Par contre, dans notre clientèle nous avons des personnes occidentales qui elles préfèrent les bijoux argentés. Ce à quoi nous avons aussi essayé de nous adapter en faisant des montres en acier inoxydable.

 Nous sommes donc une marque à forte inspiration africaine et tout aussi ouverte au monde. Entre-temps, nous devons être à mesure de nous imposer comme n’importe quelle autre marque Européenne qui vendrait en Afrique.

 

ELLE : Et justement j’allais revenir sur la question de positionnement en termes de prix. Ça reste tout de même des produits de luxe mais avec un rapport qualité prix qui je trouve personnellement raisonnable. C’est à dire que la personne lambda, le fonctionnaire ou autre, peut s’offrir une Mathydy. 

Maty : Oui. En fait, c’est un combat qu’on mène tous les jours. Je pense en effet que le terme luxe en tant que tel ne se rapporte pas forcément à la cherté. Les occidentaux eux, en raison de leur train de vie beaucoup plus élevé que le nôtre ont des produits de luxe pouvant facilement matcher avec leur pouvoir d’achat. Cependant, il n’en est pas le cas pour nous, africains, qui ne pouvons pas toujours nous permettre d’acheter des produits de sommes excessives en raison de notre niveau de vie bas. Et si aujourd’hui vous lancez des produits de ce type-là, c’est à dire excessivement chers, ce serait surement que 5% de la population africaine qui pourrait se l’offrir. C’est pour cela que ce que nous essayons encore de faire, ce n’est pas que d’avoir de gros bénéfices mais surtout de montrer qu’on peut vendre de la qualité à prix raisonnable.

ELLE : Je pense même que le fait d’avoir des produits de qualité à des prix raisonnables évite beaucoup de contrefaçons.

Maty: Effectivement. Parce qu’au début, quand on venait de se lancer, les gens côté confiance avaient du mal à se dire que nos produits étaient bons vu leurs prix. En effet, il y avait sur le marché énormément de produits bas de gamme vendus très chers et en plus sans garantie. On a donc su aider les gens à refaire confiance à quelque chose de local mais de meilleure qualité et ayant bien évidemment une garantie. En achetant nos produits vous pouvez être sûrs que vous aurez la possibilité de revenir pour une réparation car nous avons tout un service qui suit tout ce qu’on vend.

Avant, des entreprises de ce type en Afrique y’en avait pas. Tout était importé. Vous pouviez acheter des produits qui après dommages, n’avaient plus la possibilité d’être réparés faute d’outils et de personnes nécessaires. Heureusement qu’aujourd’hui, il y a des gens qui y croient, qui sont avec nous et on les remercie pour ça.

 

 ELLE : Aujourd’hui Mathydy c’est combien de boutiques au Sénégal ?

Idy : Actuellement on en a quatre. Nous avons fermé la cinquième qui était basée à l’aéroport, du fait de l’épidémie du Covid. Mais on va bientôt la rouvrir.

 

ELLE : Où est-ce que nous pourrons vous retrouver ?

Mathy : Nous avons un site internet :  Mathydy.com . Pour tout ce qui est de l’international, nous avons favorisé le E-commerce. Nos clients peuvent ainsi directement commander en ligne et être livrés partout en France, au Canada, aux Etats-Unis etc.

ELLE : Alors chez Mathydy, on vous connaît beaucoup pour les montres. Cependant on parle beaucoup moins de vos autres accessoires, que personnellement j’ai connus lorsque je suis arrivée à votre boutique. Parlez-nous un peu des autres articles que vous proposez. 

Mathy : On propose des sacs pour femmes, des accessoires d’accompagnement des montres. Déjà faut savoir que par rapport aux montres, notre clientèle à la possibilité de les porter de différentes façons en achetant les bracelets de montres interchangeables. Ceux-ci lui permettent d’elle-même modifier le style de ses montres sans se déplacer. Et c’est ce qu’on a essayé de faire avec nos sacs, en donnant l’occasion aux femmes de changer leurs anses et donc d’avoir le choix de mettre soit celle en cuir ou celle en chaîne. Ce sont des sacs qualitatifs, nous rappelant l’Afrique, beaux à porter et interchangeables. On compte également au nombre de nos articles des bracelets en cuir avec une touche africaine. 

ELLE : Merci beaucoup. On va conclure cette interview. La question pour moi sera : quand est-ce qu’on vous retrouve à Abidjan ?

Idy : On est en route ! On espère être là cette année. L’année dernière on avait trouvé un local. On allait passer à la signature du contrat quant à la dernière minute on nous annonce que finalement quelqu’un d’autre l’avait déjà pris. Mais pour tous ceux qui veulent commander en Côte d’Ivoire, on fait de la livraison gratuite.  On est déjà sur place avec un dépôt plus la livraison. C’est juste que pour la boutique on doit revoir certaines choses. 

 

Carlita-Rachel est son nom, mais appelez-la Karlita ! Elle a voyagé autour du globe dans le but de créer des programmes d’immersion et des ateliers d'apprentissage. Retrouvez désormais cette militante du “social Impact” chez ELLE Côte d’Ivoire, où sa passion pour la mode, l’art, la culture, et ses aventures entrepreneuriales trouveront libre expression au sein de la rédaction de ce média afropolitain. Rejoignez la pour, ensemble, changer le monde en commençant par nôtre #Mindset!