Darlène Kassem : « Ce sont nos petites actions cumulées qui créeront un changement notable »

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Pour une planète plus saine

Vous l’avez certainement remarquée au sein du reportage d’Arte « L’Afrique, les OGM, et Bill Gates », ou par le biais de son association YIRI qui œuvre au reboisement de la Côte d’Ivoire. Darlène Kassem, 26 ans, a mis l’écologie au cœur de ses combats. Selon elle, la nature et les femmes sont consubstantielles et doivent être justement considérées au sein de la société. Elle aborde, pour ELLE Côte d’Ivoire, la problématique de l’éco-féminisme, et ses projets futurs.

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis Darlène Kassem, 26 ans, fondatrice de l’association YIRI depuis 6 ans et bientôt titulaire d’un master en Management durable et RSE.

Quels ont été les facteurs/éléments de votre parcours, qui vous ont dirigés vers l’éco-féminisme ?

J’ai créé mon association en 2016 mais elle a commencé ses actions en 2017 après le concours Miss Côte d’Ivoire dont j’ai été la première dauphine du quinté. Cet engagement et l’expérience de ce concours m’ont encore plus mise face à la réalité des choses, en plus de mon observation quotidienne. La nature et la femme sont, d’après moi, les plus exploitées de notre société, mais elles n’obtiennent de crédits et de considération que très rarement. Tout naturellement, à travers mes recherches, j’ai découvert l’éco-féminisme et j’ai compris que mes actions et mon identité peuvent s’en inspirer.

Pensez-vous que ces questions sont suffisamment traitées, en Côte d’Ivoire ou en Afrique en général ?

Traitées, peut-être pas partout, et selon des degrés différents en fonction de l’intérêt de la population et les dirigeants. C’est pourquoi j’estime que les associations ou les ONG ont un grand rôle à jouer, afin de rediriger l’attention vers ces questions essentielles. 

Est-ce important de lier les combats ?

En soi, dans ce monde, tout est lié. L’origine de ces problèmes se trouve dans le manque d’empathie les uns envers et les autres, et plus envers la Nature dont nous dépendons.

 

À quoi correspond l’association « Yiri » et quelles sont vos actions ?

L’association a l’ambition de participer à l’éducation environnementale et humaine de la jeunesse en fournissant du contenu éducatif dans les écoles primaires. Nous tenons aussi à aider au rétablissement du couvert végétal en Côte d’Ivoire par du reboisement sur des surfaces censées être protégées.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes souhaitant s’intéresser davantage aux questions environnementales?

Il faut qu’elles sachent qu’elles ne sont pas seules, toute une communauté de femmes engagées existent à l’image de Vanessa Nakaté en Ouganda et d’autres. En tant que « voie » et « voix » de l’Humanité, notre mission prend aussi son sens quand on milite pour cet environnement qui nous maintient en vie. Il faudra être consciente que c’est un engagement difficile mais gratifiant pour soi et pour les autres. Plusieurs initiatives ont été mises en place par le gouvernement ivoirien, le système d’obligations vertes par exemple, ou encore la Sodefor luttant contre la déforestation.

 Pensez-vous que ces actions sont suffisantes ?

Dire qu’elles suffisent ou pas, ne m’appartient pas. J’estime que chaque maillon de notre société devrait participer à notre survie. Que ce soit la loi, les institutions, les entreprises, les groupes d’individus, vous et moi… Toutes ces entités mises ensemble feront la différence. Chacune selon ses capacités. Il est important que nous agissions en fonction de celles-ci afin d’être efficace dans cette lutte.

Comment peut-on aller plus loin individuellement, et collectivement?

En se renseignant avec les bonnes sources : les scientifiques. Il y a le GIEC et d’autres groupes de scientifiques qui font et publient régulièrement des études approfondies pour nous partager l’état de notre planète. Il faut aussi commencer à agir comme on peut avec ce qu’on a chez nous. Il ne faut pas attendre grand-chose. Ce sont nos « petites » actions cumulées qui créeront un changement notable.

 

Rédactrice Société et Culture ELLE Côte d'ivoire
Curieuse et férue de tout ce qui nous entoure, je prends plaisir à m'intéresser à tous les sujets touchant aux femmes et tendent à rendre leur quotidien meilleur. J'aime mettre mon humble plume au service de la transmission significative et positive. J'adore chercher des méthodes qui améliorent notre vie personnelle, professionnelle, voir même spirituelle. Enfin, je suis également une vraie passionnée de littérature, de musique et d'histoire. Bonne lecture