Journal intime d’une artiste confinée : “Laissez-nous vivre cette période comme on le sent”

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Tout le monde dit que cette période est l’occasion de se recentrer sur l’essentiel, on nous dit que c’est l’occasion d’être créatif, c’est le moment de travailler sur ses projets, de lire, d’apprendre de nouvelles choses et de se chouchouter… Mais, moi, je ne suis pas tout le monde et je sens le monde différemment. Je suis une empathique anxieuse depuis mon enfance. Je sens les énergies, ou du moins, je les vis. Quand le monde va mal, quand il y a autant de lamentations, je le ressens. Je sens les énergies. Pour moi, le confinement est une période d’intense stress et d’anxiété. Je n’ai pas eu de choix de rester chez moi, c’est un confinement et non un acte volontaire de retranchement. Je comprends crucialement la situation. Je ressens une reconnaissance infinie pour être en vie et en bonne santé aujourd’hui.

Mais l’artiste que je suis ne s’inspire pas du vide et de l’incertitude. Vous voulez savoir, la mer me manque, mes amis me manquent, la vie me manque parce que j’ai l’impression que toute vie a cessé. Que nous avons mis une pause à l’existence humaine.

Cette semaine, je parlais à un ami qui me manquait, et il m’a répondu qu’on se verrait bientôt. Cette réponse m’a attristée, parce qu’il le disait sur un ton de désespoir, nous ne savons plus de quoi demain sera fait. Le futur est une incertitude. Les humains ont finalement compris qu’ils n’étaient point maîtres du monde, l’impuissance est planétaire… Nous devons juste attendre, nous devons garder la foi et continuer à souffrir en silence, ou pas. Alors je survis, j’essaie de calmer mes crises d’anxiété à l’aide de la méditation. J’approfondis mes connaissances en prenant des cours en ligne, je continue à travailler. Je dors tous les matins à 7h heures pour me lever plus tard à 16 heures. Mais comme on le dit chez moi ça va aller, je vais rebondir, je suis une Falaise.

 

Lafalaise Dion, Content Manager ELLE Cote d’Ivoire

Rédactrice et Content Manager ELLE Côte d'Ivoire
Pourquoi je suis venue au journalisme ? Ma soif de vérité et ma curiosité. Plus jeune, je voulais changer le monde en mettant fin à l’injustice et à la famine en Afrique. Je savais me servir de ma plume, écrire, raconter des histoires. J’ai pu voir comment par mes bouts d’histoires, je touchais, je dénonçais, je suscitais de l’émotion. Sur ELLE.ci, j'engage ma plume, pour être la voix des sans voix.