Des mots pour des maux – Lettre au Racisme

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Partage de pensées pour embrasser plusieurs cœurs démunis.

Racisme.
Tu me poursuis depuis presque la nuit des temps.
Pourtant, je ne t’ai rien fait.
Moi et ma famille, nous n’avons commis aucune injustice envers toi.
Mes pairs, mon père, mes ancêtres ne t’ont jamais embarrassés.
Et pourtant, te rappelles-tu quand tu nous faisais de force travailler jour et nuit, Sans rémunération parmi les champs de coton?
Le coton n’a jamais été doux pour nous, et il n’a jamais été blanc.

Que t’ai-je fait fait racisme?
Qu’est-ce que les gens comme moi t’ont fait? De la cale des bateaux arrachés à notre terre africaine,
De nos enfants que nous avons jetés par dessus bord pour qu’ils meurent en martyr,
Plutôt que de vivre en esclave,
Je me rappellerai toujours de toi, car comment t’oublier?

Abraham Lincoln a été suscité et j’ai cru que l’on t’avait abattu.
Mais tu es revenu, alors je me suis encore battu.

Alors même que tu faisais de nous des fruits étranges, pendus aux branches des arbres,

Moi, les miens, nous nous sommes assis dans un bus, nous avons marché sur un pont.
Si seulement Selma avait suffi?

Si seulement après Martin Luther King tes griefs contre moi avaient cessés…

J’aurais pu me dire : « Enfin, je vais recommencer à rêver. »

Et puis Dieu nous a envoyé de l’Espoir. Le 4 novembre 2008, j’étais là, au Grant Park. Nous étions là en nombre.
2 000 000 d’entre nous, venus voir de nos yeux ce que des siècles de torture n’auraient su prédire.

Nous étions là, quand Barack, Michelle, Malia et Sasha sont montés sur l’estrade.
Il et elles ont salué et nous avons su que nous ne rêvions pas.

Que nous étions les témoins de nos semblables :
Première famille noire de l’histoire à investir la Maison Blanche.

Et pourtant l’histoire a été longue…
Et Dieu seul sait que ce qui est facile pour d’autres, n’a jamais été facile pour nous.
Aussi ce jour là, nous avons dansé dans les rues, nous avons pleuré de joie,
Et ce refrain revenait inlassablement : « Oui on peut, oui nous pouvons, yes we can, yes we can. »

Racisme, tu ne te fatigueras donc jamais?
Voir les miens au sommet de la plus haute institution des Etats-Unis t’a enragé?
Depuis lors tu te déchaînes de plus belle, la police nous traque, nous matraque.
Jeunes et vieux, à coups de pied, à coups de poing, à coup de canon.
Marchant dans les rues paisiblement ou faisant mon jogging, ou discutant avec des amis, ou même étant chez moi. C’est que je puisse exister qui t’est insupportable,
Et pourtant exister est mon droit.

En France “la vérité pour Adama” vient encore illustrer ce paysage avec l’affaire de Adama Traoré qui a pour origine la mort d’un homme de 24 ans, Adama Traoré, le 19 Juillet 2016 à la gendarmerie de Persan en France, après son interpellation à Beaumontsur-Oise. Depuis, Assa Traoré, sa soeur, mène le combat de front pour plus de lumière sur le sujet.

Racisme, moi, je ne vais plus me taire. C’est toi que je plaque au sol,
Que je menotte et que je muselle.
Ce combat est le combat de ma couleur. Ce combat est le combat de ma douleur.

Ce lundi 25 mai 2020, un énième époux, un énième père, un énième frère a encore trouvé la mort, victime d’un crime racial. Nous ne voulons pas qu’il devienne juste un hashtag perdu entre le flux des posts instagram, et les babioles du quotidien :

Il s’appelait George Floyd, avait une quarantaine d’année et a perdu la vie lors d’une arrestation policière aux Etats-Unis, dans la ville de Minneapolis. Arrestation menée par quatre officiers blanc. Cela fait beaucoup pour un seul homme.
Alors que l’un des officiers de police de tout son poids écrase avec son genoux le cou de George, George qui n’était pas armé, signifie plusieurs fois qu’il n’arrive pas à respirer et que son estomac et son cou lui font mal. L’officier blanc une main dans les poches, l’autre gantée, ne bronche pas. Ces trois autres collègues, impassibles regardent la scène. La vidéo amateur qui montre l’agonie de George Floyd a été postée sur facebook pour dénoncer une énième fois les crimes racistes qui redoublent en intensité aux Etats-Unis depuis ces derniers années.

 

Tout comme Ahmaud Arbery qui en février dernier avait été pris en chasse puis abattu par deux hommes blancs, alors qu’il effectuait son jogging.

La mort de George Floyd nous rappelle celle d’Eric Garner, décédé dans des circonstances semblables suite a une arrestation policière en 2014 à New York. Et nous y voilà. Comment essuyer des larmes avec un mouchoir trempé?

>>>> LIRE AUSSI : États-Unis : La mort d’un noir suite à l’arrestation violente de la police fait scandale

Rédactrice Déco ELLE Côte d'Ivoire.
Je suis une passionnée par l’écriture.
Des débuts comme jeune auteure et présentatrice TV, je suis également sociétaire de la Société civile des auteurs multimédia. J'ai créé ma société de production CHOW-TOUN MEDIA où j'écris et réalise. J'ai reçu le prix du meilleur film au Football Film Festival de Berlin. Inspirée par mes grands-parents ensembliers, je me passionne pour la décoration d’intérieur via ma marque AKWABA FORMULA.