C’est mon histoire : « Mon mari me volait pendant nos cinq ans de mariage pour entretenir ses infidélités. »

Ah les hommes !

Hervé tient le portefeuille dans son couple. Pour cause, il n’hésite pas à faire des virements mensuels sur un compte caché destiné à ses maîtresses. Un jour, Rita, sa femme le découvre…

Sans aucune gêne, il aurait certainement continué si je n’avais pas découvert le pot-au-rose. Étant le chef de famille, c’était tout à fait logique que la charge de la gestion des bourses lui revienne. Je n’effectue aucun paiement qui échappe à son approbation. Toute dépense passait par lui, et il tenait le budget plutôt serré. Il aimait l’idée de ne pas dépenser pour rien et de nous constituer une petite épargne en cas de problème ou de chômage. Je l’avais toujours laissé faire, sans même regarder les relevés bancaires. Il s’occupait de tous, y compris la comptabilité de mes business extra-professionnelles. Et je me réjouissais d’être allégée de tous tracas financiers. Il me disait qu’il épargnait pour nos différents comptes budgétaires : la maison, les enfants, les sorties, les vacances et la retraite. « Fais-moi confiance, ma chérie, je gère tout. » me disait-il. Moi, je me chargeais juste de travailler et de dépenser ce qu’il me permettait.

Évidemment, nous avions fait compte commun – enfin, presque. Puisque de son côté, il avait vite fait d’ouvrir un compte à lui. Compte secret, à son seul nom, pendant un an, où il plaçait de l’argent à nous.

J’ai découvert une enveloppe contenant un relevé bancaire provenant d’une banque dont nous n’étions pas clients.

D’habitude, je ne fais jamais attention aux fiches de relevé bancaire. Je ne saurais dire pourquoi je l’ai ouvert ce jour-là. Et je me le demande encore. Je ne me suis donc doutée de rien. Je ne pouvais imaginer toute la magouille derrière. D’abord, il m’avait menti, prétextant que c’était de l’argent qu’il possédait bien avant notre mariage. Une soi-disant donation faite par ses parents de leur vivant. J’avais trouvé cela curieux, en plus de son attitude bizarre, mais je n’en ai rien dit davantage.

Après cet épisode, j’ai naturellement commencé à douter de lui. Il était devenu taciturne et froid. Quelques semaines plus tard, j’ai découvert plusieurs relevés bancaires dans sa sacoche. Les relevés bancaires affichant tous ces fameux virements de notre compte commun vers son compte caché. Durant soixante mois, pour être plus précis, il y virait mensuellement au moins 600.000 F CFA.

Tout finit par se savoir !

J’ai consulté la banque en question pour avoir confirmation des faits. Notre banque m’avait également confirmé ce que je soupçonnais. Hervé n’avait ouvert aucun compte d’épargnes tel qu’il me faisait croire, il avait tout inventé. Au début, puisqu’il me prenait pour une imbécile, il a continué à me mentir : racontant qu’il épargnait pour nous offrir les voitures de nos rêves ; m’affirmant qu’il comptait me montrer au bout de dix ans de mariage la fortune qu’il allait emmagasiner… Balbutiant que ce compte « à son nom, qu’il planquait dans une autre banque » était à nous deux. Il a enchaîné avec d’autres excuses bidons : comme quoi, il m’aimait tant qu’il avait voulu me faire la surprise d’une cagnotte… Excuses après excuses, il a fini par se contredire. Je lui ai donc exigé toute la vérité, le menaçant de porter plainte. Hervé m’avait tout avoué, de la somme des virements à ses infidélités en passant par sa stratégie d’élaboration.

Moi qui lui faisait aveuglément confiance, je tombais des nues… J’étais verte de rage et tellement déçue ! Je n’aurais jamais cru cela de lui, Hervé représentait tellement l’homme parfait pour moi. Non seulement, il me trompait. Il m’a menti de façon délibérée tout au long de notre mariage. Mais qu’en plus, il me volait depuis autant de temps pour entretenir des femmes. Dire qu’il serrait la ceinture à la maison comme un véritable pingre.

C’en était trop.

J’ai quitté la maison avec nos deux enfants. Il s’est effondré mais je n’ai pas fait marche arrière. J’ai déménagé aussi vite que j’ai pu et entamé une procédure de divorce. Le chiffre qu’il avait débité m’avait terrifiée, des millions de francs jetés par la fenêtre. Pendant qu’il se prétendait économe. C’était également son argent mais j’avais l’horrible sensation d’avoir été volé. Mon propre mari m’avait trahi, humilié, utilisé.

Comment lui pardonner ?

Hervé n’a pas cessé d’essayer de me reconquérir. Il s’était soi-disant rendu compte qu’il ne pouvait vivre sans moi. Je l’aimais encore, mais j’étais exaspérée par ses tentatives. Je lui ai expressément demandé de lâcher l’affaire. Notre seul lien passait par les enfants. Deux années se sont écoulées, deux longues années pendant lesquelles, j’avais du mal à refaire confiance à qui que ce soit. C’était même devenu impossible, je frôlais la paranoïa. J’étais infiniment triste.

Il a choisi de m’appeler à la date qui aurait été celle de l’anniversaire de notre mariage. Il m’a demandé un rendez-vous que je lui ai accordé. « Tu avais pourtant tout ce que tu voulais, tu étais donc si insatisfait ? » ai-je dit. Il m’a juste répété : « Pardon… » tout en pleurant à chaudes larmes. Hervé m’avait touché, je le sentais sincère. Depuis, nous prenons un pot de temps en temps. Ces derniers temps, les pots se multiplient. Ils s’allongent.

Littéraire dans l'âme, mordue des mots, je crois pouvoir me définir comme une africaine moderne attachée à sa culture. Plus qu'un élan créatif, ma plume cosmopolite empreint d'un brin d'humour est mon outil d'expression. Polyvalente, je m’épanouis sur divers sujets qui touchent à l'Art. Un œil d'esthète, je suis (très) sensible à la beauté... Ah oui, je suis aussi une grande passionnée d'émojis.