C’est mon histoire : « J’ai eu le coup de foudre deux jours après mon mariage »

Un prince charmant inattendu

Rokhaya, 28 ans, rencontre l’amour deux jours pile poil après son mariage… Céder au désir de son cœur et renoncer à l’homme de sa vie ? Tel est son dilemme !

Je n’en reviens pas de ce que j’ai pu ressentir à la minute où j’ai posé les yeux sur Ahmed, mon nouveau collègue au boulot. Mon cœur a fait un bond de façon inattendue. J’ai tout de suite pris conscience du coup de foudre absolument intense que je venais d’avoir pour ce dernier.  Mais je me suis mariée… il y a à peine deux jours ! Mon époux, Eric et moi, nous sommes rencontrés sur les bancs de l’université. Cet éternel optimiste s’est avéré la bouffée d’air fraîche dont j’avais besoin, étant issue d’une famille très religieuse et conservatrice. Mes parents si stricts et carrés, l’ont curieusement approuvé, et malgré nos caractères trop opposés qui m’inquiétaient, cela me réconfortait. Bien avant d’emménager ensemble, j’ai connu quelques aventures d’un soir sans lendemain. Ce n’est qu’une dizaine d’années après notre rencontre, qu’Eric m’a demandé d’être sa femme, une proposition que j’ai toute suite acceptée. Il est irresponsable, certes, mais il est attentionné et ma vie avec lui était tellement gaie… Notre fabuleuse cérémonie de mariage eu lieu sans encombre, ainsi que la nuit de noces. Dès le dimanche, nous sommes retournés à notre quotidien puisque nous vivons ensemble depuis plusieurs années. Le lundi donc j’ai repris le travail.

C’est là que mon prince charmant fit son entrée dans ma vie…

Il se tenait à la porte de mon bureau, grand, d’une maigreur séduisante, vraiment très élégant dans sa chemise blanche, avec ses yeux en amande. Il m’a semblé désorienté, mais arborait ce délicieux sourire d’homme complètement ignorant de son pouvoir de séduction, ce qui le renforce davantage. En l’espace de quelques secondes, j’ai eu comme mon esprit qui me signalait qu’il était mon idéal masculin… Sans même le connaître, tout de lui semblait déjà me correspondre. Cette sensation hallucinante de se dire « c’est le bon ! » c’est bien réel. Ma supérieure hiérarchique m’apprend qu’il va désormais partager mon bureau où nous serons face à face.

Naturellement, mes collègues passent à tour de rôle pour me féliciter de mon mariage. Pourtant, ce que je souhaitais à cet instant, ce n’était rien d’autre que revenir en arrière. Remonter le temps – juste une semaine avant de sceller mon union avec Éric. Au lieu d’être sur un petit nuage telle une jeune épouse, j’étais inquiète de ce nouveau sentiment. A chacun des regards de mon collègue, je me disais : « tu es mariée, tu te calmes ! » et peu à peu, une routine s’est installée. Cependant, rien n’y fit, au point qu’au couché, j’attendais patiemment le lendemain pour retrouver Ahmed. 

Je suis mariée. Il savait que je l’étais. Lui, célibataire, totalement un cœur à prendre et je le savais. La plupart de mes collègues célibataires l’ont dragué, je voyais qu’il les repoussait les unes après les autres. Celles-ci se confiant à moi parce que je partageais son bureau et que, mariée, je n’étais pas une menace. Au fil du temps, je restais extrêmement attirée par cet homme. Assez gentleman, il s’était toujours révélé agréable, poli, souriant, parfois très drôle. J’ai pu le découvrir car, bien sûr, nous déjeunons tous les deux. À chaque pause, quand je lui proposais de rejoindre les autres au réfectoire, il n’arrêtait pas de me répéter : « pour le déjeuner, je préfère le tête-à-tête. » Malheureusement pour moi, c’était la seule chose un peu encourageante qu’il me disait. Nous discutions beaucoup mais peu de nous et il restait assez difficile à cerner. Moi, je ne rêvais que d’être dans ses bras. Travailler côte à côte devenait un véritable supplice et je ne devinais absolument rien de ses sentiments. Comme je ne pouvais plus me passer de lui, je l’invitais souvent à la maison et, très vite, il devint le meilleur ami d’Eric. Tout en réalisant combien c’était stupide de ma part, j’étais toujours en attente d’un signe. 

Et pourtant, l’impossible se produit…

Un an plus tard, Ahmed annonce qu’il va se marier. Même si j’ai fait mine de rien éprouver, il a pu voir que la nouvelle m’avait glacé le sang. Contre toute attente, il rompt ses fiançailles peu de temps après. Un espoir renaît en moi puis il le détruit par la suite lorsqu’il me demande « pourquoi ne faites-vous pas un enfant ? ». C’était là, la preuve qu’il ne ressentait rien pour moi. Les mois suivants, je suis tombée enceinte de mon époux, nous avons eu une adorable petite fille dont je suis tombée sous le charme. Malgré tout cela, je continuais à aimer mon collaborateur. Au fil des années, nous faisions quelques voyages professionnels à l’étranger ensemble, logés dans des hôtels magnifiques. Un soir, excédée, lors d’un ces déplacements, j’ai toqué à sa porte lui demander de l’aspirine. Et je suis restée dans son lit… Un rêve ! Nous nous découvrons parfaitement assortis, y compris sexuellement. Je me suis laissée transportée par sa tendresse et son amour – car, oui, il m’aimait lui aussi. À notre retour, je menais une double vie, nous étions amants. J’étais heureuse, satisfaite, si bien que j’ai obtenu une promotion, même si elle m’oblige à travailler à l’intérieur du pays. Ahmed change alors d’emploi pour rester proche de moi. Mais, au bout d’un moment, je supportais mal de faire de la peine à mon mari. Finalement, après plus d’un an de vie clandestine, Ahmed me lance un ultimatum. C’était définitif, j’ai quitté Éric malgré toute la difficulté que cela représentait ; mon bonheur avec Ahmed compensait tout. Mon cœur ne s’était pas trompé, vivre avec lui, était la meilleure décision de ma vie. 

Notre histoire est trop belle pour être vraie. Très vite, nous avons eu un garçon et une fille qui complètent la famille que nous formons avec mon aînée. Bien sûr, personne n’est parfait : je découvre que Ahmed a un caractère assez difficile, en plus d’être un maniaque du contrôle. Et bien sûr, aucune relation n’est parfaite : chaque déception ou conflit me font pleurer. Quoique, je me réjouis de notre rencontre. C’est mon coup de foudre, le seul et l’unique, de toute ma vie. Au fil des années, si notre couple s’est banalisé, il est toujours bien vivant. Ce miracle a quand même duré 15 ans !

 

Littéraire dans l'âme, mordue des mots, je crois pouvoir me définir comme une africaine moderne attachée à sa culture. Plus qu'un élan créatif, ma plume cosmopolite empreint d'un brin d'humour est mon outil d'émancipation de la femme. Je m’épanouis sur des sujets de bien-être, de découverte, de culture, de mode, de cinéma, de musique, d'Art en général... Un œil d'esthète, je suis (très) sensible à la beauté ! Ah oui, j'ai aussi une passion honteuse : les émojis.