Aïcha Koné : Une diva incontestée

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Cette Diva âgée de 65 ans a su rester intemporelle

 

Aïcha Koné : Bonjour !

Vous vous êtes fait un nom dans le paysage musical ivoirien et international. 

Depuis votre jeune âge, vous enchaînez des titularisations et prix de distinctions à savoir le Prix Ngomo pour la paix (1989), le prix Lion d’or en Guinée (2003), le Tamani d’honneur (2005) et le Kunde d’honneur (2008). 

Aujourd’hui, au lendemain de la célébration de vos 45 ans de carrière, vos performances vocales continuent d’être acclamées partout dans le monde. La Rédaction de ELLE CI a souhaité louer ces années de rêves et de dévouement pour la culture à travers ce 8e numéro spécial Indépendance. Cette Diva âgée de 65 ans a su rester intemporelle tout en laissant une empreinte sociale indélébile. 

Impératrice et figure emblématique de l’industrie musicale en Côte d’Ivoire et en Afrique, Aïcha KONE nous raconte son histoire. 

1) Comment êtes-vous devenue une artiste internationale et la diva incontestée de la musique ivoirienne ?

Tout a commencé par de l’admiration que j’avais pour une dame du nom de Myriam Makeba. Ensuite, vint l’amour pour le 4eme art qu’est la musique. 

2)  Quels sont les plus beaux souvenirs de votre carrière ?

Il y en a une panoplie mais, parmi mes plus beaux souvenirs figurent ceux récoltés de mon voyage en Guinée Conakry où je fus reçue par le président Sekou Touré. Il y a eu également mon tout premier concert réalisé de façon autonome au Burkina Faso et enfin la célébration de mes 10 ans de carrière où je fus honorée par le président Houphouët Boigny. 

  1. Vous vous êtes imposée sur la scène musicale africaine et produite dans le monde entier. Vous êtes également la seule chanteuse ivoirienne à avoir obtenu 2 disques d’Or et une myriades de distinctions et trophées. Quels ont été les enseignants reçus pendant ces quatres décennies ?

J’ai compris depuis ce temps, que j’incarne un modèle de réussite pour ceux qui m’admirent. Ce qui m’a encouragé à faire plus attention à ma manière de parler et de me tenir en public parce être une idole pour les gens c’est aussi faire preuve d’exemplarité. Et lorsque tu es célèbre tu as tendance à être copié alors mieux vaut être copié dans le bon sens que dans le mauvais. 

4)  Malgré la noblesse de votre lignée (fille d’un médecin) et la ferme opposition de votre père, vous avez défié l’autorité familiale pour embrasser la carrière d’artiste. Qu’est ce qui motivait votre volonté de devenir envers et contre tout une artiste ? 

Cela est du au fait que depuis toute petite, j’ai toujours voulu etre une femme qui s’impose et qui a de l’influence sur les autres. Et j’ai compris qu’à travers ce métier, quand on le fait avec foi, on est non seulement suivi et écouté, mais on a aussi de l’impact sur plusieurs. 

5) A quel moment dans votre vie, avez- vous réalisé que vous aviez vraiment du pouvoir ?

Quand j’ai commencé à faire des chansons comme « Kanawa » qui dénonçait la guerre. Cela m’a permis de voyager dans pas mal de pays et de prendre part à pas mal de conférences de presse pour partager à un grand public mes motivations et mes combats. J’ai compris qu’ à partir d’une chanson comme Kanawa, je pouvais utiliser la paix comme Langage pour rassembler les peuples.

6) En tant que femme quels ont été vos combats ou quels sont vos combats ?

C’est toujours les mêmes ! d’abord inciter tous les parents à envoyer leurs enfants à l’école, m’insurger contre les pratiques de mutilations génitales et enfin pour l’égalité homme-femme, car la femme détient toutes les capacités pour diriger à la même dimension que l’homme. 

7) Quel conseil souhaitez vous laisser en héritage aux femmes leaders pour qui vous êtes une source d’inspiration ?

Toutes les femmes, peu importe leur différence, ont leur place dans la société. Elles ne devraient en aucun cas se sous-estimer.

8)  Votre style musical a été influencé par la diva et féministe sud-africaine Miriam Makeba pour qui vous aviez de l’affection. Qu’est ce que vous admiriez chez Myriam Makeba ? 

J’ai énormément de respect et d’admiration pour Myriam Makeba parce qu’elle a utilisé sa musique pour en faire un instrument de combat. Par sa musique elle dénonçait les inégalités en période d’apartheid. Sa musique véhiculait aussi des messages de tolérance et d’inclusion. J’apprécie aussi la femme de conviction qu’elle incarne. Ce qui me touche le plus, c’est qu’elle a vu son rêve se réaliser avant de s’éteindre et c’est merveilleux.  

9) Vous avez marqué les débuts de votre carrière avec Zata, un titre dénonçant le phénomène des disparitions des jeunes filles dans le pays. Et Vous définirez vous à cette époque comme une féministe ?

Je ne sais pas si à l’époque c’était cela être féministe mais c’est surtout par inspiration et par nostalgie de mon enfance que j’ai chanté ce chant. 

10) Avez-vous, à votre façon,  participé au mouvement de l’indépendance dans les années 50/60?

(Rire) J’étais plutôt jeune à cette époque ! J’avais seulement l’âge de 5 ans quand la Côte d’ivoire obtenait son indépendance. Mais au fil du temps, quand j’ai commencé à me forger une carrière, je participais en tant qu’artiste à des manifestations organisées par le président à l’intérieur du pays, à l’occasion de l’indépendance. 

11) Vous êtes régulièrement vêtue en bazin, ce vêtement a-t-il une signification culturelle ou c’est juste le style vestimentaire qui vous sied le mieux ?

En plus d’aimer ce tissu, je dirai que le bazin fait partie intégrante de ma culture. Et chaque fois que l’occasion se présentera, j’exprimerai mon appartenance culturelle dans ma façon de me vêtir. 

12) Vous prônez la paix et la réconciliation dans certains de vos titres, notamment le titre « Kanawa »: dans lequel vous invitez les hommes politiques à cesser la guerre et à se réconcilier pour une Afrique meilleure. Qu’avez-vous à dire sur la paix et la réconciliation dans le monde aujourd’hui ?

C’est notre combat à tous ! Que la paix demeure en Côte d’Ivoire de façon définitive. Et tant que les choses ne se passeront pas comme nous le souhaitons, nous continuerons de prôner cela parce que ça devient impératif. 

13) Pensez-vous que les femmes peuvent contribuer à la Paix et à la réconciliation dans le monde si oui comment ?

C’est une évidence : la femme joue un rôle fondamental dans la construction de la paix.

14) Le mot « SORORITÉ » est au cœur de l’actualité féminine, qu’en pensez vous ?

Il faut que chaque femme développe de façon naturelle la culture de la solidarité, si nous aspirons à un monde meilleur. Mais au-delà du genre, que chacun soit solidaire les uns envers les autres, il faut que cela fasse partie de notre quotidien à tous. 

15) Selon-vous, comment bâtit-on sa légende ? 

Pour ma part, il faut faire confiance à Dieu, et le reste se fera tout seul, sans que vous n’ayez à fournir le moindre effort. Ma légende à moi repose sur la Grâce de Dieu, car je l’ai mis au centre de toutes mes entreprises.

16) Notre interview tire à sa fin, en 3 mots que retenir de Aïcha KONÉ ?

Aicha Koné c’est une artiste , une femme de conviction et une femme ayant un rêve : la réconciliation nationale. 

 

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