MISS : Le film qui redéfinit les codes de la féminité

Soyez vous et aimez vous tels que vous êtes. C’est un peu le message que l’on retient après avoir vu ce film bourré d’émotions avec de belles leçons. Miss, c’est le film qui redéfinit, ou presque, les codes de la féminité.

C’est avec une attention particulière que l’on a dévoré ce film de Ruben Alves présenté à la presse le 10 novembre 2020 au Majestic Prima. MISS est un film simple. Il se regarde facilement. Il transmet une énergie que seul une personne l’ayant regardé peut témoigner.

“Miss” raconte l’histoire d’Alex, un jeune français dont le rêve qui le taraude l’esprit, depuis son enfance, est de devenir Miss France. Chose qui semble impossible du fait de son statut d’homme. Si la nature ne lui a pas doté de capacité féminine pour réaliser son rêve, la vie, elle, lui donne une chance de devenir qui “il” souhaite être mais de surtout tenter le tout pour le tout afin de réaliser son rêve. Son physique et sa personnalité lui donnent une légitimité pour prétendre à ce titre.

L’on pourrait qualifier ce film de chef d’œuvre. Une histoire authentique qui laisse transparaître la vérité enfouie sous chaque personnalité. Le scénario nous embarque dans la vie tumultueuse d’un jeune androgyne qui vit une crise identitaire. Partagé entre le désir d’être soi (homme) et le fait de réaliser son rêve (Miss France), ce dernier décide de casser les codes de ce que l’on pourrait baptiser de “féminité naturelle”.

Alexandre Wetter, l’acteur principal, enfile le costume du rêveur maladif qui tente de résoudre l’équation de son existence. Toute l’essence de son parcours, pendant ce film, se résume en une question : “Pourquoi voulez-vous devenir Miss France?”. Cette question à laquelle il répond en disant “Pour devenir quelqu’un”. Une réponse qui va enclencher une série de péripéties que Ruben Alves, le réalisateur Franco-portugais, déploie pendant plus d’une heure autour de ce personnage que l’on trouve fabuleux et impressionnant. Son combat le rend fort et les étapes de sa transformation physique et mentale lui permettent de gagner peu à peu confiance en lui et d’affronter ses vieux démons afin d’avancer.

Pendant les 1h47 qu’a duré ce magnifique film, l’on a rencontré des acteurs engagés et passionnément attachants de par leurs personnages. Lola, incarné par Thibault de Montalembert, “celle” qui chaperonne Alex dans sa quête de devenir Miss France, est libre, drôle, émotive et surtout rêveuse. C’est un travesti à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Malgré son age avancé, Lola ne s’est pas arrêtée de rêver et de pousser les autres vers le haut. Son personnage est sympa. C’est la touche humoristique du film mais pas que. Lola est celle qui voit en Alex ce que les autres ne voient pas. Lola arrive à percevoir la personne forte, capable de se surpasser.

Isabelle Nanty, dans le rôle de Yvonne, la mère un peu trop protectrice, rappelle à quel point il est souvent important d’être surprotégé.

Chaque personnage dégage quelque chose de fort. Les jeux sont quasiment parfaits ce qui fait passer assez facilement les 108 minutes pendant lesquelles cette histoire passionnante et motivante défile à l’écran. Moussa Mansaly, l’ex joueur des Girondins de Bordeaux qu’on a eu la surprise de voir joué avec brio dans la série “Validé” de Franck Gastambide, rentre bien dans le personnage de Randy. Un personnage qui, la plupart du temps, donne la réplique à Hedi Bouchenafa qui joue Ahmed dans le film et qui est son acolyte des 400 coups. Et puis on a ce personnage là, audacieux et sûr de lui : Amanda, joué par Pascale Arbillot. La “Geneviève de Fontenay” créé pour apporter un peu d’élégance à ce scénario.

Tous ces personnages sont des pièces du puzzle à reconstituer pour obtenir une chute d’un scénario à laquelle on ne s’y attend pas vraiment et qui bouleverse l’issue de l’histoire.

MISS, c’est l’histoire de la recherche d’une confiance en soi perdue. C’est une grosse claque qui ramène à une réalité que l’on voile pour espérer plaire à tout le monde. Ce n’est pas juste un beau film plein d’émotions. C’est un mot d’ordre à l’acceptation de soi. Parce que chaque être possède une personnalité féminine et masculine et qu’une personne peut être libre de l’exprimer sans craindre pour sa vie ou sa dignité. C’est ce que nous enseigne ce film. Un sujet tabou que l’on peine à décrisper sous nos cieux.

Retrouvez MISS à partir de ce 13 novembre 2020 dans les cinémas Majestic et le 14 novembre 2020 à l’Institut Français d’Abidjan.

Rédacteur Culture ELLE Côte d'Ivoire
Blogueur et amoureux du 7ème art, je suis une personne atypique qui aime voir le monde en couleur...une âme d'artiste dont tous les domaines de l'art me fascine. Je vous fais découvrir mes coups-de-cœur, les actualités culturelles et cinématographiques mais également de la beauté et de la bonté et c'est ce qui rend extraordinaire votre passage sur elle.ci.