Ce qu’il faut savoir sur Notes on Grief, de Chimamanda Ngozi Adichie

Un essai sur le deuil

Un essai sur la mort de son père

Le 11 mai 2021, Chimamanda Ngozi Adichie, publie Notes on Grief, Essai sur le Chagrin dans les tribunes du magazine américain The New Yorker. Dans ce texte, déployé en 29 points, le lecteur est immergé dans la vulnérabilité de l’auteure face à la mort de son père James Nwoye Adichie, décédé brutalement d’une insuffisance rénale au sein de leur maison familiale, à Abba au Nigéria.

In memoriam

Le 10 juin 2020, James Nwoye Adichie, le père de Chimamanda, décède brutalement d’une insuffisance rénale. Il faut dire que personne n’y était véritablement préparé : ni sa femme, ni ses enfants, ni lui-même.

Doyen et premier professeur de statistiques au sein de l’université du Nigéria, James Nwoye Adichie fut un exemple pour son entourage académique et professionnel à la fois pour ses capacités d’enseignant, ses multiples travaux universitaires, mais également pour le courage dont il fit preuve durant la malheureuse guerre civile du Biafra entre 1967 et 1970. Il était pour Chimamanda et ses proches, un vrai repère et s’est présenté tout au long de la vie de l’auteure comme un véritable soutien, ce qu’elle ne manque pas de signifier dans son œuvre. L’ouvrage de Chimamanda se mêle donc entre récit mémoriel, et analyse de ses propres émotions, qui semblent se battre à l’intérieur d’elle-même. L’auteur aborde également d’autres aspects de cette épreuve, notamment la pandémie de Covid-19 qui l’empêche de se rendre au pays pour les funérailles, et la nécessité d’y assister par conférence Zoom, ce qui rend son deuil plus douloureux, et plus lointain.

Un ouvrage intimiste

De la rencontre de ses parents, aux conseils que lui donnait son père, Chimamanda n’est pas avare en souvenirs. Elle s’y plonge et en éclabousse le lecteur, en partageant ses moments précieux, et l’impact que ceux-ci eurent sur la femme de 44 ans qu’elle est aujourd’hui. Chimamanda, que nous connaissons toutes pour sa plume ferme, engagée et fine, se livre alors dans l’exercice intime, qu’est l’observation de ses propres sentiments. Et, plutôt que de témoigner leurs universalité -en faisant de ce qu’elle vit quelque chose de commun à tous, Chimamanda en fait un objet propre : elle est seule à pouvoir comprendre (ou non) ce qu’elle ressent, et exècre même les personnes qui prétendent pouvoir la consoler en feignant compatir. Lumineuse car pleinement humaine, l’ouvrage n’a ni véritable début ou fin. Il se présente tout simplement comme un nœud d’émotions, qui se mêle à une incompréhension palpable. L’auteure le dit elle-même « Le deuil est une forme d’apprentissage cruel. J’écris sur mon père au passé, je n’arrive pas à croire que j’écris sur mon père, au passé ».

Rédactrice Société et Culture ELLE Côte d'ivoire
Curieuse et férue de tout ce qui nous entoure, je prends plaisir à m'intéresser à tous les sujets touchant aux femmes et tendent à rendre leur quotidien meilleur. J'aime mettre mon humble plume au service de la transmission significative et positive. J'adore chercher des méthodes qui améliorent notre vie personnelle, professionnelle, voir même spirituelle. Enfin, je suis également une vraie passionnée de littérature, de musique et d'histoire. Bonne lecture