7 Choses que vous ignorez sur la Saint Valentin

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Célébration de l’amour, déclaration enflammée, libido exprimée, fête commerciale, mauvais goût ou de culte de l'amour obligatoire...

Chaque année, la fête de la Saint-Valentin fait l’objet de réactions passionnées dans les pays qui la célèbrent.

La Côte d’ivoire n’en fait pas exception. Qu’on l’attende avec hâte, qu’elle nous laisse indifférent ou même que l’on éprouve de la résistance, la Saint Valentin telle qu’on la connaît aujourd’hui évoque des sentiments différents chez chacun de nous. Il y a plusieurs écoles et elle peut également avoir mauvaise presse.

Derrière ce que l’on sait de cette fête, se cache une longue histoire de luttes collectives contre l’ordre établi et pour les libertés individuelles.

De la légende à la réalité, d’où vient cette fête et quel en est le sens ? A la rédaction de ELLE Côte d’Ivoire, nous avons sourcé 7 points qui vous donnerons un nouveau regard sur la fête des amoureux.

1) Saint Valentin n’est pas vraiment le patron des amoureux

Le 14 février est souvent vu de tous comme le visage d’un patriarche, entouré de multiples cœurs sur des cartes de vœux.

En réalité, Saint Valentin a vraiment existé mais il ne correspond pas vraiment au personnage que l’on imagine. Cependant ils n’étaient pas pour autant les patrons des amoureux : ils protégeaient le vignoble du phylloxéra, les vaches de la maladie ou encore la culture des oignons”.

Oui vous pensez comme nous, c’est tout de suite moins glamour !

Sans sources historiques solides, difficile de déterminer qui fut le véritable Valentin à l’origine de la fête des amoureux. Il y a un saint Valentin bien réel qui vécut au IIIe siècle à Rome et qu’on appela plus tard “patron des amoureux”, écrit le sociologue. Mais ce fut “inventé” a posteriori, parce que les autorités religieuses et politiques avaient besoin de ce storytelling. D’ailleurs, personne ne sait s’il résulte de l’amalgame de “deux ou trois personnes”, ni s’il était “empli d’amour”.

La seule certitude, c’est que ce saint célébrait des mariages. Il le fit dans un contexte très particulier (…) Pas vraiment au nom de l’amour, d’ailleurs, mais plutôt pour combattre les passions débridées de l’époque.

 

2) L’ours, le symbole historique de “l’amour”

L’histoire de la Saint-Valentin est le fruit de différents mythes fantasmés qui ont perduré via des images. L’ours fait partie de ces repères, et il n’y aurait sans doute pas eu de Saint-Valentin sans cet animal.

Depuis la préhistoire jusqu’au haut Moyen Age, l’ours est un personnage central des mythes européens, vu à la fois comme le roi des animaux et comme le plus proche de l’homme par son comportement, son intelligence, ses “sentiments”. Il est associé à une sexualité débordante. En Europe centrale, lors de carnavals, les hommes se déguisent en ours pour plaire aux femmes, et s’adonnent à des rituels amoureux et sexuels.

Perçu comme immoral, l’animal est combattu par l’Église. Grâce à une communication féroce, l’ours, au fil des années, perd sa bestialité et devient le symbole d’un amour galant, dont les dernières traces sont l’ourson en peluche que s’échangent les amoureux aujourd’hui.

 

3) On fouettait les femmes en février

S’il est difficile de dater l’existence de saint Valentin, les prémices de cette fête sont plus faciles à retrouver. Ce sont des rituels amoureux qui remontent au IIIème siècle, lors des fêtes romaines appelées les Lupercales. Ces célébrations ont lieu chaque année en février, avant le printemps. Février vient de “februare”, qui signifie “purifier”.

Pour célébrer la nouvelle vie arrivant avec le printemps, les Lupercales commençaient par un sacrifice d’animaux, souvent un bouc, dont la peau servait à confectionner des fouets. De jeunes hommes partiellement ou totalement nus s’en servaient pour fouetter des femmes, aussi dénudées. Ils visaient leur ventre ou leurs fesses, dans le but de les purifier et de les rendre fécondes. L’église condamne ces célébrations, y voyant une débauche intolérable.

 

Si aujourd’hui on célèbre la norme conjugale, autrefois c’était tout le contraire. C’était une célébration de l’amour sous toutes ses formes, destinée aux célibataires.

 

4) Les “loteries amoureuses” pour échapper à la violence masculine

La Saint-Valentin est le fruit de plusieurs manifestations au cours des siècles, célébrant l’amour. Dans l’ancienne société française, il fallait être propriétaire pour pouvoir se marier. Les mariages tardifs sont fréquents et les célibataires nombreux : “Environ la moitié de la population en âge de procréer était donc théoriquement interdite de relations sexuelles.”

Mais cette interdiction diffère entre les jeunes filles et les garçons. Pour ces derniers, les tolérances sont considérables : “C’était un âge d’amitiés viriles dans les compagnonnages et les ‘abbayes joyeuses’”(…) mais aussi de pratiques des viols collectifs.” Le rituel était toujours le même. “De jeunes hommes se rendaient chez la victime, pendant la nuit, faisaient du chahut sous ses fenêtres pour l’appeler, en la traitant de débauchée. Puis, comme elle se taisait, on enfonçait sa porte. On se saisissait d’elle, on la traînait dehors, on la battait, on la violait, chacun son tour et parfois toute la nuit.

Dépucelée avant le mariage, la jeune femme n’avait plus d’autre choix que la prostitution. Ce comportement était admis et la pratique très répandue. “Plus d’un jeune homme sur deux avait participé à des viols collectifs au XVe siècle.” Pour échapper à cela, les jeunes femmes n’avaient alors d’autres choix que de se conformer à des rituels “amoureux” encadrés, comme les “loteries amoureuses”, où les hommes et les femmes étaient autorisés à se rencontrer hors mariage. Ces loteries avaient lieu à des périodes différentes dans l’année, selon les villages. Cette pratique était alors un moyen de canaliser la violence masculine et de protéger les femmes.

 

5) Au XIXe siècle, les Etats-Unis font de la Saint-Valentin une fête commerciale

A partir du XVe siècle, les mœurs s’adoucissent. L’amour devient galant et romantique. C’est alors que la carte de la Saint-Valentin, qui existait déjà en Europe, apparaît aux États-Unis et marque le début de l’amour commercial.

Avec le coup de pouce des publicitaires, la carte de la Saint-Valentin est élargie aux objets et promue par des pratiques culturelles, comme le dîner au restaurant.

En France, la Saint-Valentin n’est plus fêtée depuis le XIXe siècle mais revient à la mode à la Libération : Les soldats américains draguaient les Françaises en leur parlant de cette fête de l’amour. Aidée par les magazines féminins qui vantent la “fête des amoureux”, la Saint-Valentin, sous la forme que nous connaissons aujourd’hui, renaît.

 

6) En Inde, au XXIe siècle, des couples sont encore pourchassés

Aujourd’hui, la Saint-Valentin n’est uniformisée par la mondialisation qu’en apparence. En Inde, si les films de Bollywood glorifient les élans du cœur, cela n’a pas changé beaucoup le fonctionnement de l’institution matrimoniale. La jeunesse est partagée entre le romantisme véhiculé par la culture et les impératifs de caste.

Face à la propagation de ce “virus sentimental”, les mouvements fondamentalistes hindous vont jusqu’à photographier les couples pour les dénoncer auprès de leurs familles, voire à frapper des jeunes filles en faisant irruption dans des restaurants spécialement décorés pour la Saint-Valentin.

Les jeunes amoureux usent parfois de subterfuges pour communiquer. Le bouquet de roses sera donc acheté non pour la fiancée, mais pour la future belle-mère, le restaurant romantique sera choisi dans les quartiers chics et fréquentés avec les parents de l’ami(e)…

 

Il est dommage de dédaigner cette fête. On se trompe sur ce qu’elle devrait être : une fête de toutes les amours, de la bienveillance, de la liberté. C’est à nous de nous la réapproprier.

 

7) La Saint Valentin : Escapade financière en Côte d’ivoire

Dîner traditionnel, week-end en tête à tête, des fleurs, du chocolat, des cadeaux en tout genre, voyage exclusif, tous les moyens sont bons pour célébrer l’amour en Côte d’Ivoire. Pour ce mois dédié au culte de l’amour, la rédaction n’a pas manqué d’interroger nos abidjanais sur leurs habitudes, sorties et activités le jour de la Saint-Valentin, question de savoir ce qui leur passe par la tête.

Nous avons découvert que nos dépenses dépassent 5% nos dépenses de Noël! Quelle surprise!

 

Et vous, quelle est votre vision sur cette fête des amoureux?

Directrice Éditoriale ELLE Côte d'Ivoire
Inconditionnelle optimiste, Artiste & Ambassadrice de l’Empowerment de la femme, je suis une Slasheuse aguerrie.
#cancersurvivor , je suis une résiliente amoureuse des mots...ceux que l’on écrit mais aussi ceux que l’on chuchote aux creux de votre âme.
J’ai l’honneur d’avoir la responsabilité éditoriale et créative au côté d'une équipe créative, accessible, pas suiveuse et qui ont de l’humour…. Méfiez vous de mon air à la fois espiègle et sérieux, je suis un pitre!