Pourquoi acheter la friperie à Abidjan ?

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La Friperie : Mode de vie consciente, économique, écologique et authentique

Ces dernières années, la mode ivoirienne a su se construire une solide réputation : des Designers créatifs, de grands noms qui marquent les esprits à travers les années, des couturiers autodidactes mais au fil du temps, on a surtout remarquer la présence grandissante de la friperie.

Selon Wikipédia, on définit la friperie comme un commerce de détail qui vend des vêtements d’occasion et par extension des objets ayant déjà servi. Au fil des années, la friperie s’est progressivement transformée en une véritable industrie génératrice d’emplois informels et de revenus…et pas des moindres. Son poids économique est considérable…ce qui fait l’objet de toute notre attention.

Une économie circulaire offrant du travail formel mais surtout informel

En 2019, la France a exporté 130 000 tonnes de vêtements usagés, dont près de la moitié vers l’Afrique, son premier “marché”.

En Côte d’Ivoire, les grossistes s’approvisionnent notamment auprès de Relais.

Celui-ci leur fournit quelque 500 tonnes par an de vêtements triés en France. Une cinquantaine de personnes se chargent de trier de 200 à 250 tonnes d’habits mélangés supplémentaires. Les pièces sont alors triées selon leurs catégories (robes, chemises, etc.), puis en fonction de leur qualité et de leur niveau d’usure.

Pour acheter, par exemple, une balle de 45 kg de jean, il faut débourser entre 50 000 et 70 000 francs CFA. Le double pour les maillots de football, très prisés par la jeunesse africaine. Cela permet de payer la manutention, le tri, les frais de douane et de transport ainsi que quelques intermédiaires. Un T-shirt, acheté 300 francs CFA par un grossiste, pourra se revendre entre 600 et 700 CFA sur les étals du marché.

D’abord, une idée économique pour un mode de vie conscient

Après l’accession a l’indépendance, la Cote d’Ivoire a connu un boom financier considérable. Les ivoiriens ont commencé a adopté un comportement d’achat bien spécifique.

Pour ceux de la classe moyenne : la friperie était l’option la plus judicieuse. Des vêtements de seconde main, venus des pays limitrophes et vendus par les étrangers venus vivre le rêve ivoirien. Ces vêtements étaient d’une qualité pouvant aller assez loin dans le temps et pas chers. Ils pouvaient aller jusqu’ à 100 FCFA le T-shirt ou le pantalon. La friperie s’est alors fait la réputation de vêtements auxquels on peut recourir lorsqu’on a un budget shopping assez limité.

Au départ, Treichville s’est installé comme le principal point de commerce de la capitale. Les commerçants étrangers y installaient donc leurs commerces. ..d’où les 1ers points de vente de friperie à Treichville dans les années 60.

Avec l’agrandissement d’Abidjan, les commerces se sont étendus aux autres communes : Yopougon, Adjamé, et même Cocody, se sont vu pris d’assaut par les vendeurs de friperie désireux de se rapprocher de la clientèle. Aujourd’hui, à Abidjan, chaque commune a son « Kouté », c’est-à-dire son espace de friperie et les étalages ne cessent de se multiplier.

Les articles vendus sont communément appelés « yougou yougou », « adokaflè », « yougos » ou encore » « dokes » attirent tous types de populations.

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Conséquence de la crise économique ou effet de mode ?

Si la commune de Yopougon était autrefois réputée comme la capitale de la friperie avec son célèbre marché de Kouté, la gloire de Yop City est maintenant un lointain souvenir. A Adjame, Koumassi, Cocody ou Marcory, il ne se passe pas une seule journée sans que des dizaines de balles soient cassées, signe que le business de la fripe a le vent en poupe actuellement sur les terres d’Abidjan.

Chaque ouverture de balle, laisse lieu à un impressionnant ballet d’hommes et de femmes, de vieillards et de jeunes toutes positions sociales confondues. Tous animés par le désir d’avoir la primeur sur les vêtements les plus beaux.

Les raisons d’un tel intérêt pour la fripe ?

  • Le prix des articles en friperie est plus bas que ceux vendus en magasins
  • Il permet de rééquilibrer ce déséquilibre qu’on a dans la société
  • Quelques fois, certains vêtements proposés par les vendeurs de fripe sont d’une qualité supérieure à ceux vendus dans des boutiques de vêtements neufs. Notamment ce que l’on appelle « l’offre chinoise » où les vêtements, bien que neufs, peuvent être de très mauvaise qualité, ce qui a donné un nouvel élan aux habits de seconde main, parfois plus solides et plus durables.
  • On aime le jeu de la négociation
  • Cette ambiance conviviale purement ivoirienne avec tous ces visages de divers horizons
  • A Abidjan, la fripe ne se résume pas aux vêtements mais également aux sacs, lunettes, chapeaux, chaussures…
  • Pour les citoyens consciencieux, on parle de recyclage ou d’upcycling

En occident et ailleurs, il y a une communauté grandissante qui opte pour la protection de l’environnement par le reçyclage des vêtements.

Un nouveau cycle de consommation

Aujourd’hui, de Cocody à Marcory les jeunes préfèrent de plus en plus les vêtements et accessoires en friperie. Les chiffres parlent de 65% ! C’est énorme ! S’habiller en fripe, c’est désormais tendance sur les bords de la lagune Ebrié.

C’est une nouvelle manière de s’exprimer en préférant la diversité qu’offre certaines pièces…l’authenticité, voir l’exclusivité. Comme adopter des allures vintage qu’on ne trouve nulle part ailleurs sont très tendance en ce moment.

La friperie c’est ce lieu où dénicher de vrais petits trésors, vous y trouverez des pièces vintages uniques qui peuvent ajouter leurs grains de magie pour un look ultra stylé et avec trois fois rien.  Nicher des vêtements de grandes marques ou de petits créateurs, en friperie vous en avez pour tous les goûts, tous les styles.
Toujours est-il que la recrudescence des adeptes de la friperie permets l’éclosion de plusieurs business de jeunes ici et la permettant ainsi pour ceux-ci d’avoir une activité rémunératrice pour leurs besoins quotidiens.

Directrice Éditoriale ELLE Côte d'Ivoire
En vrai couteau suisse créatif, je déborde de passion et d’énergie. Coach, Speaker et Artiste, j’œuvre pour mon sujet favori : LA FEMME
#cancersurvivor , je suis une résiliente amoureuse des mots...ceux que l’on écrit mais aussi ceux que l’on chuchote.
J’ai l’honneur d’avoir la responsabilité éditoriale et créative au côté d'une équipe créative, accessible, pas suiveuse et qui ont de l’humour….
Méfiez vous de mon air à la fois espiègle et sérieux, je suis un pitre!