Les 5 femmes qui ont marqué l’histoire des indépendances africaines

Ah notre Afrique …terre de richesses, d’hospitalité , de valeurs et pourtant  fruit de nombreuses batailles, de cris de douleurs , d’âmes écrasées . Terre faite de refus de l’injustice et surtout de révoltes perpétuelles, auxquelles n’a pas manqué de prendre part la Femme.  Le monde en parle peu, mais la gente féminine a joué un rôle crucial voir déterminant dans la libération du continent Africain . En effet, il y a de cela quelques années , l’Afrique au bord de son agonie , a vu naître des femmes qui n’eussent peur de crier haut et fort : “NON” à la colonisation.

Voyagez au coeur de l’histoire en découvrant avec nous ces figures emblématiques de la lutte africaine : 

  1.   Sery Marie Koré  : Une Femme que l’on ne saurait oublier 


 

Sery Marie Koré , née dans le village de Gossa, à Daloa, entre 1910 et 1912  est une femme politique , féministe engagée et surement l’une des premières militantes du Rassemblement Démocratique Africain ( RDA).

En décembre 1949, un moment important de la résistance des femmes a lieu en Côte d’Ivoire : la marche des femmes vers Grand-Bassam.

 En effet, des dirigeants politiques du Rassemblement Démocratique Africain, fédération des partis politiques africains anticoloniaux, ont été arrêtés sans procès. 

C’est alors toutes révoltées et déterminées que les femmes quittent Abidjan à pied le 22 décembre 1949 , pour un trajet de 40 km vers Grand-Bassam, organisées en petits groupes pour échapper à la surveillance de l’administration coloniale française. 

Le 24 décembre, alors qu’elles étaient proches de leur destination finale, les femmes sont stoppées, attaquées au gaz lacrymogène et battues par des soldats français.

« Mes sœurs bété, Baoulé, dioula, et partout, n’ayez pas peur ! Ce n’est pas parce qu’on nous envoie un jet d’eau avec du sable que nous devons nous décourager car une personne qui veut aller au secours de son époux, de son frère, de son fils ne doit pas reculer devant si peu de chose. », avait dit Marie Koré, selon une enquête de Henriette Diabaté, autrice de La marche des femmes sur Grand-BassamMarie Koré , réelle exemple de bravoure et de courage ,sera l’une des premières Amazones africaines qu’un sondage d’opinion publique réalisé par Radio Yopougon en février 2004, va consacrée comme étant la « femme la plus célèbre de Côte d’Ivoire, des années 40 à nos jours » Ainsi ouvre-t-elle la voie aux jeunes filles ; femmes du pays et du continent. 

 

  1.             Alda Do Espirito Santo : Une Femme inspirante  

 

Le 30 avril 1926 à Luanda en Angola, une militante de l’indépendance de são-Tomé et principe vit le jour : Alda Neves da Graça do Espírito Santo, dite Alda do Espírito Santo. 

Écrivaine mais par-dessus tout “guerrière” anticolonialiste , elle s’illustre par son combat pour l’affranchissement de sa nation, encore colonisée en ce temps par les colons portugais.  

Née d’une mère institutrice et d’un père fonctionnaire , Alda démarre des études universitaires à Lisbonne au Portugal et y fait la connaissance d’ étudiants issus d’autres colonies portugaises . Elle intègre entre autres, l’ association Casa des Estudantes do Império (maison des étudiants de l’empire) , un foyer de nationalisme. 

 En 1953, elle rentre enseigner à São Tomé  et milite en faveur de l’indépendance aux côtés de Amilcar Cabral, Agostino Neto, Marcelino dos Santos et d’autres groupes nationalistes.

 Bien que emprisonnée mainte et mainte mois pour activisme; cette guerrière ne cessera de se battre pour un jour voir les siens être libérés des chaînes de la colonisation.                                                    

Alda est reconduite après l’indépendance du 12 juillet 1975 en tant que ministre de l’Éducation ; de la Culture ,  et est nommée présidente  à l’Asssemblée nationale entre le 12 mai 1980 et le 2 avril 1991 ,devenant ainsi l’une des six premières députées Santoméennes. 

Femme de lettre , elle est l’autrice des paroles de l’hymne national, Independencia Total ;  hymne de São Tomé-et-Principe depuis l’indépendance.

Cette dernière meurt à l’âge de 83 ans dans un hôpital de Luanda (Angola). 

 < Si les femmes ont, de toute évidence, participé activement aux résistances anticoloniales et aux mouvements d’indépendance, il est clair qu’elles ont été soigneusement tenues à l’écart du pouvoir issu de ces combats. Sao Tomé et Principe fait donc exception puisque tous les citoyens reconnaissent Alda de Espirito Santo (1926-2010) comme “la mère de la nation “ >>  déclare Elikia M’Bokolo-RFI 

 Portant en elle une lumière qui ne s’éteint pas  ,Elle demeure davantage gravées dans les esprits , qui tous, louent cette Femme mémorable. 

  1.             NDATTA YALLA : Une Femme de caractère    

 

La Reine Ndaté Yalla Mbodj ,née en 1810 , plus jeune fille du roi Amar Fatim Borso Mbodj  et de la reine Fatim Yamar Khuri Yaye , est la dernière grande Reine du Waalo , un royaume situé dans le Nord-Ouest de l’actuel Sénégal.

 Chef d’Etat,  résistante, nationaliste, mais surtout mère et éducatrice , cette brave femme va faire parler d’elle comme étant une  héroïne de la résistance à la colonisation française dans l’Afrique De l’Ouest du XIX ème siècle.

Ne reculant devant rien , son règne sera marqué par une défiance permanente des Français contre lesquels elle va livrer une bataille acharnée. Ndatté Yalla est la mère de Sidya Léon Diop ,qui deviendra à son tour l’un des plus grands résistants à la colonisation du Sénégal.  Il est évident : un chien n’enfante pas un chat. 

 Petite anecdote;  Dès 1847, notre amazone s’opposa aux Français à propos de la libre circulation des Sarakoles qui fournissait la ville de Saint-Louis en bétail. Dans une lettre déposée aux Archives nationales sénégalaises , les Français affirment que la Reine et / ou son peuple, contrevenant au traité qui existait entre Waalo et Saint-Louis (Sénégal), a arrêté un troupeau de 160 bœufs qu’un habitant de Saint-Louis -un Français- avait acheté des marchands Sarakoles et gardait 16 des meilleurs animaux pour eux-mêmes, ne laissant passer que 144 bœufs . 

Les Français ont ajouté que la reine ne pouvait être payée qu’après l’arrivée des marchandises à Saint-Louis et l’ont ensuite menacé  en lui demandant de leurs rendre les 16 bœufs qui, selon eux, étaient en sa possession. Si elle le refusait , elle serait considérée comme ennemi du gouverneur. La reine considérant cela comme un affront à sa souveraineté et à la souveraineté du Waalo écrivit une lettre au gouverneur français dans les termes suivants :

« Nous n’avons causé de tort à personne. Le Waalo nous appartient, c’est la raison pour laquelle nous garantissons la liberté de passage des marchandises dans notre pays. Pour cette raison, nous facturons 1/10e de ces marchandises, et  nous n’accepterons jamais autre chose que cela.. Saint-Louis appartient au gouverneur, le Cavor au Damel, le Diollof au Bourba, Le Fuuta , à l’Almamy, et le Waalo au Brak. Chacun de ces chefs gouverne son territoire selon la manière qui lui convient »

Vous pouvez le constater , cette femme à un sacré caractère ! Morte en 1860 , une statue a été érigée en son honneur.

D’autant plus que les griots, réels maîtres de l’art oratoire ,  continuent de louer sa bravoure , son courage , et son audace sans pareil.

  1.             Aoua Keïta (Mali) : Femme à l’intelligence remarquable

Aoua Keïta , politicienne et militante africaine née en 1912 à Bamako ,  s’est engagée face à la lutte contre l’impérialisme et la montée des fondamentalistes. Devenue la pierre angulaire du féminisme , elle est l’actrice centrale de l’histoire de la libération panafricaine au 20e siècle. 

 grâce à son activisme politique, à ses interventions sociales et à ses productions littéraires, Aoua Keïta a su faire entendre sa voix par delà les frontières de son pays. D’ailleurs, son autobiographie « Femme d’Afrique et la vie d’Aoua Keïta”, oeuvre à succès  racontée par elle-même, est la première autobiographie écrite en France par une Africaine. 

En 1959 à Sikasso , Elle est la première femme malienne à être élue députée de la Fédération du Mali et participe à l’élaboration de sa Constitution .  Jouant un rôle politique de premier plan au côté de Modibo Keïta, premier président du Mali , elle fut la seule femme à prendre part, en 1962, à l’élaboration du Code malien du mariage et de la tutelle ; qui fut une grande avancée pour les droits de la femme au Mali.

 Au lendemain des indépendances des pays africains en 1960, elle se rapproche des pays socialistes, voyageant en Union soviétique, en Chine, en Corée et au Vietnam pour renouer avec les organisations féminines de ces pays , les liens de coopération tournés vers l’éducation des filles, la santé des mères et des enfants. La vie de Cette femme, dont l’intelligence et la détermination ne laissent guère indifférents ne nous arrache qu’un mot à la bouche : C’est POSSIBLE ! 

 

  1.             MARY NYANJIRU:  la rebelle dénudée du Kenya

 

Mary Nyanjirou est une activiste et grande militante kényane. Voulant fuir le destin tragique des femmes  pendant la colonisation britannique, elle décide d’aller à Nairobi ; ville de tous les possibles où le sort des femmes n’est pas le même que dans les terres . Ville , où le travail forcé n’existe pas , à condition de respecter les lois des anglais. L’activiste se retrouve à Pangani, quartier réservé aux noirs de Nairobi. Sur ce territoire , ce sont des femmes fortes qui l’accueillent comme l’une des leurs. Ensemble , ferventes féministes , elles créent  une nouvelle société dans laquelle les hommes n’ont pas le contrôle. 

Mary Nyanjirou sera surtout connue pour avoir dirigé la manifestation qui a suivi l’arrêt de Harry Thuku , un anticolonialiste chrétien qui a fait de la lutte contre le travail forcé des femmes son fardeau .

 Mary et les femmes de Pangani rejoignent la manifestation de Nairobi -une première dans la capitale- pour récupérer leur chef qui est toujours en prison. 

Les choses se gâtent quand les organisateurs décident qu’il est temps de se disperser. Harry Thuku est toujours en prison et pour Mary, pas question de partir sans lui ! Un important groupe de femmes commence à pousser avec force vers la porte, certaines criant aux hommes qu’ils étaient des lâches tout en accusant les membres de la délégation d’être corrompus, et d’autres faisant revenir les hommes qui avaient commencé à se disperser.

C’est alors que Mary se dresse  face aux dirigeants du mouvement , retire sa robe et leur jette à la figure :

« Prenez ma robe et donnez-moi votre pantalon ! Vous les hommes, vous êtes des lâches. Qu’est-ce que vous attendez ? Notre chef est dans cette prison : allons le chercher ! ».

 Acte considérée comme une grave insulte chez les Kikuyus, étant une preuve puissante de la défiance des femmes. 

Les femmes de Pangani poussent un cri à l’unisson et se lancent à l’assaut du commissariat. Des milliers d’hommes les suivent aussitôt jusqu’à ce que la police ouvre le feu et tire sur la foule en furie . Nyanjiru est parmi les premières à trouver la mort. Le commun des mortels aurait penser qu’après cette mort tragique, toute résistance aurait pris fin . Et pourtant , tout au contraire,  le nom de Mary Nyanjirou est évoqué par les résistants lors des veillées et quand la prochaine génération de rebelles se lèvera, c’est son nom qu’ils invoqueront en allant combattre les colons : le nom d’une héroïne que rappellent le folklore, les chants et la poésie. 

 

 



Rédaction ELLE.CI

Rédaction ELLE.CI

La rédaction ELLE Côte d'Ivoire Nous sommes des hommes et des femmes leaders, pas suiveurs, nous sommes accessibles et nous avons de l’humour…. La lectrice ELLE.ci est une femme africaine curieuse, qui a du style, de l’esprit et de la dérision. Bonne lecture!

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