Viol : et si la peur changeait de camp

La lutte continue

Viol : et si la peur changeait de camp
BLÉ POCKPA
Écrit par BLÉ POCKPA
Publié le 06 mars 2020 à 17h32

La lutte continue

LA RÉVOLUTION QUI CHOQUE : depuis quelques jours, on assiste à une grande vague de témoignages de femmes sur les réseaux sociaux à travers les hashtags #VraieFemmeAfricaine et tout dernièrement #JeSuisVictime.  C’est une première dans l’histoire du web ivoirien : un groupe de femmes se réunissant dans une parfaite solidarité virtuelle afin de pouvoir dénoncer leurs violeurs et tous les préjudices subis. 

C’est le bon moment pour se questionner sur comment  combattre ce fléau, comment trouver des solutions ensemble.

La culture du viol doit être combattue 

Sous toutes ses formes même les plus insignifiantes. Dans notre société africaine, la misogynie est une réalité. Pour Elie Akadia, photographe et Afro-féministe engagée : “ La culture du  viol est une composante du patriarcat, qui l’autorise, l’excuse et la glorifie. Etant donné que le patriciat est pour le bénéfice des hommes c'est à nous de comprendre comment il joue en notre faveur et décider de le déconstruire pièce par pièce.”. Tout le monde doit être éduqué, les hommes, les femmes mais aussi les enfants qui ne sont pas épargnés. Cependant, si les hommes portaient à bras le corp ces revendications; l’impact n’en serait que plus grand. 

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L’heure n’est plus à l’invisibilisation mais aux langues qui se délient 

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Les victimes ne doivent plus avoir peur de livrer leurs vérités. Elles doivent toutes comprendre que le problème ne vient pas d’elles. Une tenue trop courte, un maquillage chargé, un décolleté, une promenade tard le soir, tout cela ne se justifie pas.  Elles doivent parler pour exposer leurs agresseurs, leurs expériences narrées ne pourront qu’être édifiantes. Elles pourront aussi constater qu’il y’a, comme elles, d’autres victimes. Et qu’elles peuvent réclamer justice pour tous les préjudices qu’elles ont dû subir. 

Les retombées psychologiques propres à ces agressions 

Dans un pays africain comme la Côte d’Ivoire, les impacts psychologiques propres à certains traumatismes sont généralement minimisés. Les victimes de viols et d’agressions sexuelles y font très souvent face, la peur s’installe, l’angoisse, les troubles de l'anxiété…. Les victimes doivent être suivies. Pour Claire Mambi, conseillère-client dans une banque : “Une vraie approche psychologique doit être faite auprès des victimes et leur famille surtout ! Puis c’est petit à petit qu’on touchera les autres victimes. On peut aussi envisager des formations sur les lieux de travail, les écoles, dans la rue même…

Les célébrités ivoiriennes s’expriment 

Le rappeur Suspect 95 a soutenu avec énergie toutes les femmes qui ont pu livrer leurs agressions sur le web, il s’est aussi porté volontaire pour mener des actions en justice pour que les coupables puissent répondre de leurs actes. Dans la même mouvance, le rappeur Tamsir, Kayvon Steezie, web-entertainer et le comédien Ange Freddy se sont indignés et ont dit “NON” tout en manifestant leur soutien aux victimes.