Mariages « secrets », symboles d’un mal de notre temps ?

Derrière son dos.

Mariages « secrets », symboles d’un mal de notre temps ?
Écrit par ELLE.CI
Publié le 11 Mai 2018 à 18h25

Derrière son dos.

Impossible de n’avoir pas entendu ces histoires rocambolesques dignes des meilleures scénaristes de telenovelas qui ont été reprises pas tous les médias. Chacun y est allé de son commentaire. Nous ne reprendrons pas ici les noms, ni les fait exacts, nous ne les connaissons déjà que trop bien, mais retour sur un « phénomène » qui en cache peut-être un autre.

D’un côté, ces histoires ont déchaîné les passions et ramené sur le devant de la scène de nombreuses questions dont notamment la fameuse « les hommes sont-ils des lâches ? ». D’un autre côté, elles sont le lieu de se demander si ces scandales ne sont pas la traduction d’un phénomène social.

Faits

Un homme convole en juste noce avec une femme. Jusque-là tout va bien, le tableau est d’ailleurs idyllique. Sauf que ombre au tableau, une autre femme dit être sa concubine depuis de longues années à qui il aurait promis mariage et cie.

Derrière ce qui a été dit, dédit, déclaré, réfuté, disséqué, analysé, que reste-t-il ?

  -      une femme désabusée, déçue parce qu’elle n’aura pas été choisie pour l’homme qu’elle aimait. Une femme à qui on aura caché la vérité mais qui l’aura découvert  et aura décidé de se faire justice.

  -      un homme maladroit qui a laissé traîner un quiproquo de peur d’y mettre un terme.

  -      une histoire pas vraiment terminée ou mal terminée (vraiment très très très mal) pour en arriver à cette obsession de l’autre et de sa vie.

Les hommes ne savent-ils pas quitter ?

La fin compte tout autant que le début. Nous ne ferons pas une ode à la rupture par ce que dans un monde idéal les couples se battent pour que ça tienne. Mais, s’il faille arrêter une histoire, souvenons-nous des débuts et notamment du fait que cette personne, nous l’avons aimée. Mais une rupture aussi douce et respectueuse soit-elle doit rester une rupture.

Soyez clairs sur le fait que c’est terminé, qu’il n’y a plus d’espoir et que vous avez tourné la page. Prenez vos distances. Soyez fermes. L’ambiguïté entretenue fait plus de mal que de bien. Une fois votre décision prise, ne fléchissez pas d’un pouce, ne cédez pas devant la menace et les larmes, ne dites pas de guerre lasse « d’accord, on essaye encore pour voir si ça marche. », si vous ne le pensez pas. L’ambiguïté entretenue fait plus de mal que de bien.

Être clair, c’est aussi refuser toute forme d’intimité. Là, nous vous voyons lever les yeux et penser « mais si on est tous d’accord, où est le mal». Nous ne vous apprenons rien en répétant que les femmes continuent malgré leurs bons mots de penser à l’intimité et aux sentiments.

Oui Messieurs, dans nos esprits de femmes, si tu m’embrasses (et plus si affinités) alors qu’il y a deux jours tu m’as dit que c’était fini, je me dirais automatiquement que nous reprenons notre histoire. Cette assertion ne souffre malheureusement que de rares exceptions. 

Deuxième hypothèse. La période pré-mariage clandestin est une manière d’entretenir une sorte de polygamie officieusement « tolérée » par la société ivoirienne. Selon Stéphanie, « L’ambiguïté entretenue est un moyen d’avoir plusieurs foyers ». Opportunisme ou lâcheté ?

… et les femmes refusent la réalité.

Alors que tous les signaux sont là et que tout le monde les voit, la principale concernée semble ne pas arriver à les décrypter. Peine perdue que de tenter de lui faire voir-comprendre-accepter la réalité, son esprit est fermé à tout. Avouons-le. Nous sommes passées championnes toutes catégories dans l’art de faire l’autruche et de nous maintenir dans des relations mortes. Combien d’amies, n’avons-nous pas vu lutter et continuer malgré tout ce qu’on leur disait, dans des relations terminées ?

La faute à qui ?

  -    le cycle de la rupture chez la femme : avant de faire le deuil, il nous faut tout essayer, tout endurer, tout souffrir au mépris du bon sens, de la logique et des faits. Une phase de déni profond dans laquelle certaines demeurent de façon prolongée non aidées par des hommes jamais clairs.

  -      la peur de l’inconnu : rappelons-nous du très célèbre « lorsqu’elles laissent une branche, c’est qu’elles ont attrapé une autre branche ». Rompre, c’est s’obliger à se réorganiser (changer ses habitudes), à se mettre en question, à aller vers un inconnu et la peur du vide peut être moins supportable que la souffrance actuelle de la relation.

  -      la peur de l’entourage autrement qualifié de sens du devoir. Au nom des enfants, au nom de la famille, au nom des parents, la femme se sent investie  de la haute mission de préserver les choses à tout prix.

Certaines situations peuvent être sauvées, d’autres pas. Certaines situations méritent d’être sauvées, d’autres pas. Sachons discerner.

 

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