Quatre héroïnes noires du petit écran qui mènent à l’acceptation de soi

Yes she can

Quatre héroïnes noires du petit écran qui mènent à l’acceptation de soi
Aurélie Kouman
Écrit par Aurélie Kouman
Publié le 24 juillet 2019 à 18h33

Yes she can

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À l’heure où Ariel, la célèbre petite sirène de Disney, prend un bon shoot de mélanine est sera interprétée par la chanteuse africaine-américaine Halle Bailey pour une sortie au cinéma prévue en 2020, pourquoi ne pas se pencher sur les héroïnes noires qui boostent l’acceptation de soi et favorisent la représentation multiculturelle sur les écrans ? Fictives ou réelles, voici quatre d’entre elles.

Princesse Tiana

La princesse et la grenouille Toujours dans l’univers des dessins-animés du groupe Disney, Tiana est la première princesse de couleur noire du studio américain. Découverte au sein du film La Princesse et La Grenouille sorti en 2010, elle est donc la première figure représentative des petites filles africaines ou africainesaméricaines, et fait partie, avec les personnages de l’amérindienne Pocahontas et la chinoise Mulan, du petit panthéon des princesses qui sortent un peu du lot par leur pluralité identitaire.

On retrouve dans le personnage de Tiana une ambition illustrant la modernisation du conte féerique qui s’adapte à son temps et ses réalités. Rêvant d’être chef de cuisine, elle maîtrise la sauce gombo presque à la perfection, la jeune femme travaille dans un restaurant de la Nouvelle-Orléans dans les années 1920. Dotée d’ingéniosité et de bravoure, elle peut en inspirer plus d’une par les nuances d’un caractère bien trempé mais attachant, et une insatiable volonté d’apprendre.

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Issa Rae, héroïne malgré elle dans la série Insecure

Série télévisée créée par Issa Rae elle-même et Larry Wilmore et sur les écrans depuis 2016, la série Insecure peut être qualifiée d’unique en son genre. Son authenticité réside particulièrement dans le personnage principal : Issa Rae, trentenaire dont on suit les multiples rencontres et mésaventures.

Vulnérable, jonglant entre questions existentielles et volonté de se sortir des pétrins dans lesquelles elle peut se mettre, Issa Rae est l’anti-héroïne par excellence. Aux antipodes du stéréotype de la femme noire forte qui a toute sa vie sous contrôle et qui ne doit montrer aucune faiblesse, elle prouve dans sa capacité à faire des erreurs le droit à l’imperfection. Son petit atout : rapper des couplets de rap dérisoires devant son miroir pour extérioriser les aléas de son quotidien qu’elle assimile comme des expériences formatrices. Loin de sauver des personnes âgées d’immeubles en feu avec un « S » sur la poitrine, Issa représente l’amie, la soeur, ou la connaissance, qui a une vie imparfaite et qu’on considère comme une héroïne pour surmonter ces épreuves en souriant.

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Nola Darling, la femme moderne et libérée sculptée par Spike Lee

Personnage principal créée tout d’abord au sein du long-métrage « Nola Darling, She’s Gotta have it! » en 1986, Nola Darling est depuis la collaboration en 2017 entre Netflix et le réalisateur africain-américain Spike Lee, une série de deux saisons. Néanmoins, même trente-trois ans après sa création originale, cette femme reste tout aussi enrichissante et ambiguë.

Présentée en tant qu’artiste vivant à Fort Green dans l’état de New-York, Nola est une jeune artiste créative, anti-conventionnelle, et pleine d’énergie. Fondamentalement plurielle, celle-ci se laisse aller à tous types d’expériences, et recherche malgré ses turpitudes émotionnelles, une stabilité et une sensation d’accomplissement dans ses relations, et son art. À l’encontre de toutes idées reçues, elle se bat pour valoriser les communautés de son quartier, et questionne sans arrêt la place du peuple africain-américain aux États-Unis.

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Katherine Johnson, génie physicienne dans Hidden Figures

Interprétée par l’actrice Taraji P. Henson dans le film Hidden Figures du réalisateur Théodore Melfi sorti en 2016, le personnage de Katherine Johnson est tirée de l’histoire de la véritable scientifique au même nom. Physicienne et mathématicienne, Katherine Johnson a travaillé avec la NASA pour plusieurs missions, notamment au sein du programme Mercury (premier programme spatial à avoir emmené un américain dans l’espace) et la mission Apollo 11, le fameux alunissage de Neil Armstrong qui permit à l’astronaute de faire cet illustre « petit pas pour l’homme et bond de géant pour l’humanité » sur la surface lunaire en 1969.

Dans le film, elle est représentée en tant que femme audacieuse, pleine d’ambition et véritable lumière scientifique qui délie tous noeuds de problème auxquels peuvent être sont confrontés l’équipes de scientifique avec qui elle travaille. Elle prouve par ailleurs que le travail et la persévérance ne faillissent à rien, dans un contexte toujours sensible pour la communauté africaine américaine, à l’aube de la fin des émeutes raciales des années 60.

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