Le féminisme est-il réservé aux femmes ?

Le 8 mars : jour de tolérance !

Le féminisme est-il réservé aux femmes ?
Ophélie Farissier
Écrit par Ophélie
Publié le 08 mars 2019 à 09h00

Le 8 mars : jour de tolérance !

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En ce jour de 8 mars, la journée internationale de la femme, une question chatouille nos pensées… Ne serait-ce pas le moment de renouer avec l’opinion majoritaire ? Le féminisme n’est pas un mouvement extrême, cette image vénéneuse qui lui colle trop bien à la peau. Montrer ses seins dans les Eglises ou prôner une supériorité face aux hommes ne définissent pas cet état de pensée. Au contraire, ils le dégradent.

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Être féministe c’est se battre pour un droit fondamental : l’égalité des genres. Trop souvent catégorisé comme une pensée occidentale et néocolonialiste, le privilège masculin est commun à tous, au-delà des frontières et peu importe la couleur de peau.

 

Néanmoins, il existe des différences entre les pays africains, d’ordre régional, ethnique, politique et surtout religieux. Parfois moralisateur, le courant (plutôt) politique va pousser à la critique négative de la part de la population africaine, même féminine. Et personne n’aime qu’on lui fasse la morale…

 

Seulement, la pensée n’a pas d’origine, elle est omniprésente sous différente forme. Les vendeuses de pagnes ou de légumes, sur les marchés n’ont rien à envier aux manifestes féministes intellectuels, elles incarnent cette indépendance, elles n’en font pas des bouquins.

 

Pourtant, si l’on pose cette simple question au sexe opposé : « es-tu féministe ? », la réponse est rarement un direct « oui ». Pourquoi ? Parce que la définition du féminisme n’est pas claire dans les esprits, à cause d’actions extrêmes perpétrées par le “ras-le-bol”. L’image de la féministe se transforme alors en une hystérique, méprisante, absolument pas féminine et qui finira surement vieille fille.

 

Le féminisme africain

Il ne faut pas réduire cette pensée à l’absence de galanterie. Au moment de payer l’addition vous attendez que votre rendez-vous ou votre mari paye, mesdames, on vous voit. Mais l’indépendance, c’est aussi la capacité de pouvoir s’assumer, après si votre compagnon est généreux ne vous en privez pas non plus…

 

L’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie  auteure de Chère Ijeawélé ou encore Americanah, apporte l’aspect humaniste au féminisme. Il n’y a pas de sexe fort ni de sexe faible.

 

Pour arrêter d’inculquer des dogmes archaïques, il faut que les deux parties se sentent concernées, surtout dans une société essentiellement patriarcale. En écartant le genre masculin dans les débats, l’instruction sur l’égalité ne se fait pas. La femme n’est pas inférieure en quoi que ce soit. En tant qu’épouse elle n’a pas de devoirs matrimoniaux sexuels comme certaines personnes le souffle dans leurs discours, le viol conjugal, les violences physiques et morales sont à proscrire. La femme doit dire non si elle n’en a pas envie et dans toutes les circonstances. Chimamanda ajoute : « Je pense que beaucoup, sont élevés avec l'idée qu'être un homme implique un comportement bien précis. Et que les autres manières d'être ne valent pas le coup. C'est très regrettable. Car peut-être que ce modèle ne correspond pas à ce qu'ils sont vraiment. »

Eduquer pour mieux tolérer

Le mouvement #Metoo, et #BalanceTonPorc sur Twitter en réaction à l’affaire d’agressions sexuelles de Weinstein en 2017, a libéré la parole aussi du côté des hommes. Ayant connaissances de certaines agressions, ils ont préféré fermer les yeux. Quentin Tarantino, cinéaste américain de Pulp Fiction et Django Enchained, avait pris la parole à ce sujet dans le New York Times. Il avait justifié son silence en accusant la société de l’époque, où “courir après sa secrétaire pour un patron”, c’était normal.

 

Mais la parole demeure libératrice. Dans cette optique, l’Unicef lance sa campagne “Ne m’appelez pas madame” en ce moment à Ouagadougou. Dans une lutte sans merci contre le mariage forcé et l’excision, le féminisme passe aussi par là. Une tradition, aussi vieille soit elle, ne signifie pas qu’elle est immuable.

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Un homme devrait être féministe, et cette pensée commence par l’éducation. En 2017, 87 000 femmes ont perdu la vie sous les coups de leurs compagnons dans le monde. Si l’égalité était universelle, peut être que ces chiffres accablants n’existeraient pas.

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