RaÏssa Banhoro, interview d’une winneuse

 Future is Female !

  RaÏssa Banhoro, interview d’une winneuse

Stephane Koné Photografrik

Lafalaise Dion
Écrit par Lafalaise Dion
Publié le 30 Novembre 2017 à 17h57

 Future is Female !

Ingénieure en sciences informatiques, développeuse d’application web, meilleure développeuse d’application Web de Côte d’Ivoire en 2015, lauréate du hackathon régional en Égypte en 2016 et récemment lauréate du RFI App Challenge 2017.  Raïssa Banhoro est une jeune femme ivoirienne à la tête pleine. Dans un domaine assimilé aux hommes, elle s’illustre comme l’une des meilleures en Afrique francophone.  “Une geekette” comme ses amis(es) aiment bien le dire. Elle fait partie de ces nouveaux talents sur lesquels l’Afrique pourra compter pour son essor. Interview d’une Geek !

Il y a un mois vous deveniez la gagnante RFI App Challenge 2017, comment le vivez-vous aujourd'hui ?

J’avoue que les deux premières semaines après le prix ont été très difficiles pour moi, j’avais tout le temps des sollicitations, mon téléphone ne cessait de sonner. J’avais du mal à m’organiser et je n’arrivais même plus à aller au travail. Depuis quelques temps, la pression est passée. J’ai repris mon train train quotidien tout en faisant très attention à ce que je dis ou fais parce que je me suis rendue compte que tout le monde avait les yeux braqués sur moi.

« Ce prix nous à offert plus de visibilité au plan national et sous régional . »

Qu'est-ce que ce prix change pour vous ?

Il y a à peine deux mois que j’ai eu le prix et cela a déjà permis d’accélérer certains partenariats que je sollicitais depuis plusieurs mois. Aussi, ce prix m’a permis  de trouver des personnes ressources pour me coacher et m'accompagner dans mon entreprise, ce qui est très important à ce stade du projet. Cela nous a également permis d’avoir le soutien de nos ministères de tutelle pour nous aider à faire évoluer notre projet. Enfin, ce prix nous à offert plus de visibilité au plan national et sous régional.

  

« Nous avons commencé à travailler sur le projet LUCIE en 2015 et pendant deux ans. »

Combien de mois de préparation pour mettre sur pied l’application Lucie?

Nous avons commencé à travailler sur le projet LUCIE en 2015 et pendant deux ans nous avons essayé de nous mettre dans la peau de nos utilisateurs pour leur proposer une solution adaptée à leurs besoins. Nous avons également testé la solution auprès d’un échantillon de notre cible pour avoir des remarques et suggestions de nos utilisateurs pour améliorer notre solution.

Nous travaillons actuellement sur la version grand public qui sera disponible en ligne fin décembre.

« Nous allons mettre l’application sur les différents stores de téléchargement, demander aux personnes lettrées de télécharger l’application pour leurs proches qui n’ont pas eu la chance d’être scolarisés et d’en assurer les mises à jours régulières. »

Comment comptez-vous mettre Lucie à disposition de votre cible ?  Quel suivi ferez-vous ?

Dans le cas du projet LUCIE,  la mise à disposition de l’application est la partie la plus complexe. Dans un premier temps, nous allons mettre l’application sur les différents stores de téléchargements, demander aux personnes lettrées de télécharger l’application pour leurs proches qui n’ont pas eu la chance d’être scolarisés et d’en assurer les mises à jours régulières.

Ensuite, en partenariat avec la DAENEF (direction de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle) nous allons mettre à disposition l’application dans les différentes centres d’alphabétisation. Enfin, organiser « les classes virtuelles » d’apprentissage dans chaque commune. Pour les suivis et évaluations, nous avons opté pour un apprentissage semi- autonome, c’est-à-dire que deux fois dans le mois nous regroupons chaque apprenant par commune ou centre d’alphabétisation, pour voir de manière physique comment l’apprenant évolue. L’application a également un système de suivi et évaluation intégré qui fonctionne via sms, qui nous permet de savoir à temps réel comment l’apprenant évolue et les jours de travail sur l’application.      

Selon vous, comment Lucie pourra t-elle avoir un impact réel sur l'alphabétisation des personnes, notamment des femmes ?

Lucie de par son approche fonctionnelle, non seulement permettra d’avoir les rudiments d’une alphabétisation réussie et permettra aux apprenants , les femmes de manière spécifique, d’acquérir de bonnes pratiques dans leur activité quotidienne  et contribuera notamment à l’amélioration leur condition de vie.

« Ma particularité est mon empathie et la simplicité. J’essaie de proposer des solutions très simples d’utilisation. »

Dans un domaine assimilé aux hommes, vous arrivez à vous démarquer depuis plusieurs années. En 2015 vous êtes élue meilleure développeuse web d’application en Côte d’Ivoire. Ensuite, vous raflez la première place au Hackathon régional en Égypte, après ce fut au tour du concours Techmousso.  Selon vous, qu’est ce qui vous distingue de vos ami(e)s développeurs ? Votre particularité?

( Rires) Techniquement,  je ne pense pas avoir quelque chose de plus que mes autres ami(e)s développeurs-ses. Mais à mon avis, ma particularité est mon empathie et la simplicité. J’essaie de proposer des solutions très simples d’utilisation.

  

Dans 5 ans, comment envisagez-vous votre avenir pro ?  Quels sont vos projets ?

Dans 5 ans,  je me vois à la tête d’une entreprise à l’image de Google, qui met plusieurs solutions sur le marché, une entreprise de solution informatique.  

Selon vous, une femme accomplie c‘est…

Celle qui réussit professionnellement, et qui a une vie de famille heureuse.

     

Quelles sont ces femmes qui vont inspirent ?

( Rires) À chaque fois qu’on me pose cette question,  les premiers noms qui me viennent en tête sont ceux de Gouraud Léonie (ma mère) et Michelle Obama. Ces femmes m’inspirent parce qu’elles incarnent la personne que je veux être, c’est-à-dire avoir une vie conjugale heureuse, être une mère aimante disponible pour sa famille, aussi réussir professionnellement.  

Une citation qui vous définit bien ?

La personnalité est maîtresse du devenir.

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