Prudence Maïdou, la jeune virtuose du 7eme Art Africain

La virtuose !

 Prudence Maïdou, la jeune virtuose du 7eme Art Africain

© Prudence Maïdou

Lafalaise Dion
Écrit par Lafalaise Dion
Publié le 20 décembre 2017 à 23h30

La virtuose !

Actrice, animatrice, danseuse, chorégraphe, productrice... Les métiers du septième Art n’ont plus de secret pour Prudence Maïdou. Lorsqu’elle a 10 ans, la jeune femme originaire de la Centrafrique arrive en France où elle a la chance de participer à de nombreux  castings et se former à l'école Internationale de théâtre Béatrice BROUT ainsi que les ateliers Pygmalion. Forte de ses expériences et de son talent,  “Prudanse” comme l’appellent affectueusement ses proches, fait sa première apparition dans “ Les morsures de l’Aube d’ Antoine Caunes”.  C’est le début d’une grande aventure pour cette actrice pluridimensionnelle. Installée en Côte d'Ivoire depuis quelques années, elle se bat pour donner un nouveau visage à l’art du spectacle. Elle est l'initiatrice de l’African Cabaret, le premier cabaret sur les scènes du cinéma Majestic de l'hôtel Ivoire d’Abidjan. Un franc succès dont on parle encore aujourd'hui. Interview d’une jeune femme talentueuse !

En observant votre parcours l'on pourrait dire que vous êtes née pour l’art du spectacle (danseuse, chorégraphe, actrice). Vous avez commencé à l'âge de 16 ans. Qu’est ce qui vous a influencé ? Comment votre choix pour l’art du spectacle a été accueilli par votre famille ?

Disons que les choses se sont faites de manière évolutive. J'ai commencé par la danse dès l’âge de 12 ans à Noise Le Grand (ça n’existe pas Noise le Grand, c’est peut-être Noisy-le-Grand) en France.  Au début, c'était juste une activité extra-scolaire puis un jour ma prof m’ a conseillé de partir prendre des cours à Paris. J’ai commencé à me présenter à des castings et je suis devenue professionnelle sans m’en rendre compte. En parallèle,  je passais aussi des castings de films puis l'envie de faire du théâtre s’est intensifiée alors j'ai passé l'audition pour l'école Internationale de théâtre Béatrice Brout puis les ateliers Pygmalion etc…

Ma transition de danseuse en comédienne est passée par l’animation télé pour France O et Telesud. Ma famille m’a toujours vu participer à des concours de danse, des stages, des formations donc c’était une évidence que je fasse de ma passion mon métier. Ma mère m’a toujours été d'un grand soutien.

Quel a été votre premier rôle en tant qu'actrice ?

J’ai fait  des apparitions dans les morsures de l’Aube de Antoine Caunes puis Coluche, et pleins d’autres mais mon premier rôle s’est présenté en 2004. Martine dans le court métrage : Songe au Rêve de la réalisatrice Gabonaise Nadine Otsobogo.

Racontez-nous !

Une grande joie, une fierté, des insomnies, des doutes, je vais enfin pouvoir faire un film me disais-je (rires). Plus sérieusement, la réalisatrice Nadine Otsobogo était à l'époque maquilleuse de cinéma et on avait l'habitude de se rencontrer sur différents plateaux et j’insistais toujours d’être maquillée par elle, et une amitié est née.

Puis un jour, Nadine décide de passer derrière la caméra,  son désir de réaliser prend le dessus et nous voici parties pour l'aventure” songe au rêve au Sénégal en 2004”.  Depuis ce film, nous continuions de travailler ensemble et avons remporté au Fespaco 2013 le poulain de bronze du meilleur court métrage avec le film Dialemi où j’ai le rôle principal féminin. Le film poursuit son voyage et a raflé beaucoup de prix à ce jours.

En quelle année êtes-vous arrivée en Côte D'Ivoire ?

J’ai commencé à venir en ici en 2014. La première fois j'étais venue présenter le film Dakar Trottoir qui a remporté le prix du meilleur film au Festilag.

Pourquoi pour votre retour en Afrique avez-vous choisi la Côte d’Ivoire comme pays d’accueil ?

Par amour. Mon compagnon est ivoirien et travaille en Côte d'Ivoire.

Vous venez travailler dans un système autre que celui dans lequel vous avez évolué. Quelles difficultés rencontrez-vous au quotidien ?

Le financement des projets reste un vrai problème. Il faut avoir un bon carnet d'adresse pour prétendre à une audition.

African Cabaret a remporté un succès dans les salles à Abidjan. Comment vous est venue l’idée d’un cabaret. En combien de temps l'avez- vous monté ? Comment s’est fait le choix des acteurs ?

CABARET

J’ai évolué durant des années sur la scène française et internationale mais surtout à la télévision. J'ai eu la chance de collaborer avec de merveilleux chorégraphes en France et je savais que tôt ou tard j'allais mettre mes compétences au service de l’Afrique. African Cabaret s'est fait en deux mois sans financement extérieur. Tous les artistes ont passé un casting.

Monter un tel spectacle nécessite de grands moyens. Comment y êtes-vous arrivée ?

Monter un spectacle reste un immense plaisir pour moi surtout au stade de l’écriture. Le fait d’avoir été danseuse chorégraphe pendant des années à Tf1 et d’autres chaines françaises est une bonne formation. Du coup, j’ai plusieurs casquettes et cela peut minimiser les dépenses.

African Cabaret est un spectacle qui s’est fait sur un coup de cœur mais surtout une rencontre de plusieurs personnes intéressantes venant de différents milieux. La force de ce projet à été l’amour de la danse, tout le monde a investi d'une manière ou d'une autre  et mon chorégraphe Serge Arthur Dodo à réalisé un travail admirable. A l'époque, nous étions loin de connaitre la valeur ce que nous avions créé.

Des mois après African Cabaret, quel bilan faites-vous de ce show ?

La création de ce spectacle et toute son évolution m’a aidé à mieux comprendre le rôle d’un producteur dans un projet. J’ai dû sortir de mon rôle d’artiste pour être productrice cette expérience a complètement changé ma vision du métier et m’a apporté une organisation que je n'avais pas.

Travaillez-vous déjà sur un nouveau projet de ce type ? Si oui, pouvons-nous avoir quelques lignes ?

Oui. Je travaille en ce moment sur mon nouveau spectacle avec un chorégraphe Ivoirien, DGS Germaine. Je mets en scène des danseurs, chanteurs et comédiens dans le spectacle “Who the Hell is Gatsby ?”. La première représentation sera le 31 Décembre à l’hôtel Ivoire jusqu’en Février 2018 puis à la fabrique Culturelle en Mars.

Vous êtes en plein tournage en ce moment, peut-on savoir quel rôle interprétez-vous en ce moment ?

Je viens juste de finir le tournage de la série du réalisateur Alex OGOU, une création Originale canal+ International. Et en ce moment, je collabore pour la première fois avec la RTI pour la deuxième saison d'une série à succès. Je joue le rôle d'une femme autoritaire menant la campagne du futur président de la République.

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Comment vous vous y prenez pour incarner parfaitement les rôles au cinéma ?

Mes préparations de rôle se font dans un premier temps par le sport. Dès que je suis en tournage je me mets dans un entrainement intensif, je construis mon personnage tous les matins en courant. Une fois que je l'ai rencontré on prend le temps de se connaitre. Je lui prête mon corps et nous essayons de vivre ensemble le temps de la période du tournage.

On se souvient encore de votre performance incroyable dans Dakar Trottoirs de Hubert Laba. Ce qui vous a même valu en 2014 le Prix de la Meilleure Actrice 2014 au 17ème Festival du Cinéma Africain de Khouribga (Maroc). Racontez-nous les circonstances du tournage, la rencontre avec Hubert Laba...Comment ça s’est passé ?

Un tournage très très difficile. Au départ le film se tournait en Français puis quelques jours avant le tournage on m’apprend que ce sera en Wolof, je vous laisse imaginer la panique mais fort heureusement je connaissais bien la culture Sénégalaise car j'y travaillais déjà. Si je devais retravailler avec Hubert ce serait avec plaisir, nous avons gardé de bonnes relations.

affiche Dakar Trottoirs

Beaucoup de tournages, de projets, comment conciliez-vous tout ceci avec votre vie privée ? Quel est votre secret ?

Une bonne organisation que je n'ai pas du tout, mais je m'en sors toujours. En gros, je ne réfléchis pas trop je fais ce qu'il y a à faire sans trop me poser de questions et j'avance.

Des personnalités qui vous inspirent ?

Nelson Mandela, Thomas Sankara, Viola Davis.

Quel est votre mantra ?

All we need is love.  

prudence

Votre plus grand rêve cinématographique ?

J'aimerais beaucoup jouer le rôle d une handicapée physique et ou mentale et réaliser un film en République Centrafricaine mon pays.

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