Patricia Sennequier : "Investissez dans votre développement personnel et professionnel"

Interview

Patricia Sennequier : "Investissez dans votre développement personnel et professionnel"
Écrit par ELLE.CI
Publié le 11 juillet 2019 à 16h51

Interview

Dans le cadre du Wellnessday, évènement dédié au bien-être, coaching & développement personnel, nous avons pu échanger avec deux femmes coach et une journaliste. Au cours de ses interviews, elles nous expliquent, comment évoluer, grandir, s'émanciper en toute sérénité dans notre société aujourd’hui. Découvrez notre échange avec Patricia Sennequier, Coach et Fondatrice de Beautiful Soul.

Parlez-nous un peu de vous ...

Je m’appelle Patricia Sennequier. Je suis sénégalaise, mariée depuis bientôt 20 ans et maman d’une petite fille espiègle qui s’appelle Léna et qui a 11 ans.

Je dirige Beautiful Soul, un cabinet d’accompagnement à la transformation des organisations. Avant de fonder Beautiful Soul, j’ai obtenu un MBA à l’INSEAD avec une spécialisation en Leadership et conduite du changement. J’ai aussi travaillé dans le secteur privé, notamment pour ORACLE et pour des organisations du système des Nations-Unies.  Au sein de ces organisations, je m’occupais essentiellement d’accompagner des transitions, à différentes fonctions.  

Beautiful Soul a été créé en 2013. Ce qui m’anime, c’est de construire des modèles d’organisations qui soient à la fois performantes et à mêmes d’honorer les êtres humains que nous sommes et de répondre à nos engagements.

Pourquoi avez-vous décidé de consacrer votre vie au bien-être en entreprise et au Leadership ?

Je pense que le bien-être à un impact direct sur notre performance. Ce qui m’anime avant tout, c’est d’activer au sein des organisations et chez les personnes qui les dirigent et qui y travaillent, ce que j’appelle la « response-abilité ». C’est de renforcer leur capacité de réponses face à n’importe quelle transition ou transformation à faire dans leurs organisations, au service d’un mieux-être collectif.

Quelle est votre vision du leadership ?

C’est très simple : un leader pour moi est quelqu’un qui en construit d’autres. C’est une personne qui a l’intention et qui est dans un processus quotidien d’équiper les autres à devenir des leaders ou même à prendre sa place et faire mieux. Cela suppose de pouvoir à la fois rassurer et pousser les personnes à sortir de leurs zones de confort. Le leader challenge et rassure à la fois.

Le principe est de commencer à le faire pour soi. Selon moi, un leader est cette personne qui a cette capacité à se remettre en question et à revisiter l’impact qu’il a sur son environnement pour continuellement travailler et bonifier cet impact.

Je considère être un leader non pas car je dirige Beautiful Soul mais parce que je suis dans cet engagement au quotidien de me transformer pour le meilleur des personnes qui travaillent avec moi, pour le meilleur de mes clients, pour le meilleur de mon pays…

Vous agissez depuis quelques années en Afrique, que manque-t-il selon vous pour faire de l'Afrique de l'ouest Francophone un modèle de la parité comme le Rwanda par exemple ?

Ce sont les leviers que nous pouvons actionner qui m’intéressent. Au Sénégal comme en Côte-d’Ivoire et partout dans la sous-région francophone, nous avons de plus en plus de femmes fortes, engagées, intelligentes, qui dirigent avec succès leurs équipes et leurs organisations. Elles entreprennent également.

C’est cela qui m’intéresse. Comment le font-elles et comment pouvons-nous faire pour qu’elles inspirent encore plus de femmes à prendre le relais ?
 
Il y a aussi un cadre légal. Au Sénégal par exemple, la parité absolue Homme-Femme sur le plan politique est inscrite dans la loi. Ce sont des avancées sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour aller encore plus loin. J’observe également qu’il y a de plus en plus d’hommes qui soutiennent les femmes, les mettent en avant et sont de véritables champions pour leur réussite. Reconnaître ces mouvements vertueux et les amplifier en les mettant en valeur est primordial.

Aucune transformation n’est facile. Nous avons des organisations et certains modèles de société créés quelque part par des hommes, pour des hommes. Cela suscite des schémas mentaux dont les hommes et les femmes sont porteurs au même titre. Déconstruire ces modèles demande du temps.

Il me paraît nécessaire d’instaurer un dialogue non culpabilisant… Un dialogue sincère entre partenaires, pour qu’ensemble, nous déconstruisions ces modèles et les schémas mentaux que nous souhaitons faire évoluer.

Comment selon vous peut-on agir concrètement au quotidien pour rééquilibrer la balance sur l'égalité hommes/femmes ?

L’une des choses importantes est de mesurer régulièrement où nous en sommes. Nous devons nous demander quels ont été les progrès et comment nous pourrions les emmener plus loin.

Au quotidien, il y a également des conversations hommes-femmes à avoir pour clarifier le modèle de société que nous souhaitons mettre en œuvre et co-construire cet équilibre.  J’entends très peu ces conversations.  J’entends des conversations dans lesquelles les femmes sont souvent seules à parler… Il nous faut instituer de véritables échanges. Les hommes aussi ont de grosses contraintes et des pesanteurs.

Au quotidien, il est nécessaire de se développer personnellement et professionnellement, pour justement déconstruire ces schémas mentaux et oser s’affirmer davantage. 

Enfin, les femmes doivent s’associer, s’entraider Nous le faisons beaucoup. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, il y a par exemple le Women Investissment Club (WIC), il y a la Wellness Day où nous étions dimanche.

Il s’agit de saisir, comme votre magazine le fait aujourd’hui, toutes les occasions qui permettent de faire entendre la voix de ces femmes et de ces hommes qui osent croire et prôner un meilleur équilibre homme-femme.

Un conseil aux femmes qui nous suivent ?

Ce serait d’abord d’accepter que nous ne sommes pas seules. Il y a des femmes qui sont dans la même situation que la nôtre, qui sont confrontées aux mêmes opportunités, aux mêmes challenges et qui osent… Aucune de nous n’est seule. Il suffit souvent de demander de l’aide et d’avoir l’humilité de se dire que l’on en a parfois besoin.
Je suis coach. J’accompagne des dirigeants. En même temps, quand j’ai besoin d’aide, j’appelle mon coach.

Il est aussi nécessaire de faire le choix de se développer. Je vois parfois des sommes énormes dépensées dans des coiffures ou des habits. C’est parfois plus que le coût d’une journée à la Wellness Day par exemple.

Cette parité, on la gagnera aussi car nous nous serons développées, que l’on aura osé et qu’on aura investi en nous-mêmes. Faire le choix de toujours se développer est primordial.

Chez Beautiful Soul, nous avons saisi l’opportunité de la Wellness Day pour initier une nouvelle série éditoriale intitulée « Responsable de… ». Le premier tome s’appelle « Responsable de mon bonheur » Nous mettons à la disposition de tous des outils de développement personnel et professionnel, pour la modique somme de 5000 FCFA.

Aujourd’hui, il y a Youtube, Google, les livres. De nombreuses ressources permettent d’investir en soi-même. Je dis aux femmes : investissez dans votre développement personnel et professionnel.
 

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