Marie-Josée Ta Lou, itinéraire d'une championne

La reine du sprint africain

Marie-Josée Ta Lou, itinéraire d'une championne

© Stephane Kone Photografrik

jessica brou
Écrit par Jessica
Publié le 26 octobre 2017 à 09h22

La reine du sprint africain

Marie-Josée Ta Lou est la révélation sportive 2017. Celle qui est surnommée "sprinteuse de poche" du fait de sa petite taille a remporté deux médailles d'argent et a frôlé la médaille d'or à l'épreuve du 200 mètres aux championnats du monde d'athlétisme de Londres. Entretien avec une femme résiliente et pleine d'ambitions.

Comment se passent 24 heures dans la vie d'une sportive professionnelle hors des pistes ?

Personnellement, elles sont comme celles de tout le monde. Je vois mes amis, flâne sur le lit, m'affaire sur les réseau sociaux, fais la cuisine. Une vie normale ! Je m'entraîne du lundi au samedi. Il y a des périodes où je m'entraîne 2 à 3 heures par jour.

Le moment le plus mémorable de votre carrière ?

Cette année à Londres évidemment !

Quand est née cette vocation pour le sport, spécifiquement l'athlétisme ?

Au début, j'ai commencé avec le football mais mon frère ne voulait pas que je continue de peur que je devienne un garçon manqué. J'étais dans la classe du fils de mon premier coach. C'est lui qui m'a informé de la section d'athlétisme au stade Félix Houphouët-Boigny.

Vous vous engagiez dan une carrière de médecine, comment est passée la pilule auprès de vos parents ?

C'est ma mère qui voulait que je fasse la médecine mais c'était pour lui faire plaisir. Ça n'a pas été facile car elle me voyait dans un bureau de médecin. Or, je voulais devenir professeur d'EPS et j'ai suivi ce qui me tenait à coeur. Á mes débuts, c'était difficile avec elle mais maintenant elle est heureuse.

« En compétition le stress reste présent jusqu'à ce qu'on te donne le coup de départ. »

En compétition, comment résistez-vous à la pression ?

Il faut dire que je suis de nature détendue, j'écoute de la musique, je prie, je discute avec des amis, je décompresse en regardant des choses drôles sur les réseaux sociaux. Mais en compétition le stress reste présent jusqu'à ce qu'on te donne le coup de départ.

« Ce titre a été un vrai soulagement car les années précédentes ont été difficiles. J'ai pleuré de joie car j'ai réalisé que les sacrifices et difficultés par lesquels je suis passée n'étaient pas en vain. »

Qu'avez-vous ressenti quand vous avez compris que vous étiez vice-championne du monde au 200m ?

J'étais vraiment contente ! Quand tu t'entraînes, ton coach a une idée de ce que tu peux réaliser mais c'est une compétition alors on a tendance à se dire que tout peut arriver. On se pose des questions. Est-ce que peux le faire ? Être sur le podium ? Ce titre a été un vrai soulagement car les années précédentes ont été difficiles. J'ai pleuré de joie car j'ai réalisé que les sacrifices et difficultés par lesquels je suis passée n'étaient pas en vain. Bref, j'étais sur un nuage !

Vous manquiez de soutiens financiers, avez connu une blessure à Rio, qu'est-ce qui vous motive dans ces moments difficiles ?

C'est déja mon entourage, mon coach, ma famille, mes amis. Je me dis que dans ce sport on n'est pas éternellement au sommet. J'ai un objectif et c'est le fait de les atteindre qui me motive. J'ai encore pleins de choses à prouver. Il faut que je me donne les moyens d'y arriver. Á un moment, il faut se couper de tout, et se focaliser sur son objectif et ça j'arrive à le faire.

Maintenant que vous êtes vice-championne du monde, quelle est la prochaine étape ?

Les championnats du monde en salle en 2018 et le championnat d'Afrique. On espère faire beaucoup mieux et on travaille pour. J'espère que j'aurai mieux que ce que j'ai eu et que je ramènerai la victoire au pays.

Les carrières en tant que sportifs professionnels sont assez courtes, qu'envisagez-vous pour plus tard ?

Je ne veux pas dire ce que j'ai en tête. Je peaufine un projet dans le secret. Au moment voulu, on saura ce que je veux faire après ma carrière sportive.

« Ce n'est pas la peine de privilégier la voie facile, travaillez à la sueur de votre front. Travaillez avec la fatigue car au bout de ça, il y a de belles choses. »

Quel message avez-vous envie de faire passer à celles et ceux qui envisagent une carrière sportive ?

C'est vraiment pas facile. Il y a des moments où vous aurez envie d'abandonner, douterez de vous et vous vous demanderez si vous pouvez y arriver. Si vous avez de la volonté, avez confiance en vous,vous y arriverez. Ce n'est pas la peine de privilégier la voie facile, travaillez à la sueur de votre front. Travaillez avec la fatigue car au bout de ça, il y a de belles choses.

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