Manon Karamoko : On définit une femme leader par sa passion, ses compétences, son caractère et ses ambitions

#Héroïne2019

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Ruth Déborah N'Guessan
Écrit par Ruth Déborah N'Guessan
Publié le 03 octobre 2019 à 15h08

#Héroïne2019

Chaque année, le forum « Les Héroïnes » réunit plus de 200 femmes ivoiriennes, cadres à fort potentiel et entrepreneures, pour une journée de formation et d’inspiration. Témoignages de dirigeantes aux parcours exceptionnels, panels de discussion de haut niveau et ateliers de développement personnel et professionnel : le forum « Les Héroïnes » vise à former la génération des femmes leaders de demain en leur donnant les outils pour déployer leur plein potentiel dans leur carrière. Pour sa deuxième édition, le forum place le changement au cœur de son programme. Nous sommes parties à la rencontre de ses femmes actrices du changement ! Découvrez l’interview de Mme Manon Karamoko, présidente directrice générale d’Unilever en Côte d’Ivoire avec qui nous avons échangé sur la question du leadership et de la place de la femme en Afrique en tant que leader.                                            

Pouvez-vous vous présenter et parler un peu de votre parcours ?

Je suis Mme Manon Karamoko, présidente directrice d’Unilever en Côte d’Ivoire. Après avoir obtenu mon bac au collège international Jean Mermoz, j’ai intégré une école de management en France où j’ai passé deux ans de cours intensifs dispensés en anglais. Ensuite j’ai été transférée dans une université à Boston, aux Etats-unis pour obtenir mon Bachelor. Entre temps, j’ai fait mes premiers pas dans le monde professionnel et juste après mon diplôme, j’ai travaillé quelque temps encore. J’ai par la suite fait un master en comptabilité à la George Washington University, mais cela ne m’empêchais pas de travailler. Je travaillais donc le jour et le soir, je prenais mes cours. De retour en Afrique, j’ai travaillé à Microsoft pendant 5 ans, ensuite chez Novartis ou j’y ai passé 7 années. À mes 34 ans, je me retrouvais au poste de directrice financière de Novartis basé au Nigeria. S’en est suivi le Sénégal et enfin la Côte d’Ivoire. En clair, j’étais directrice financière des filiales de l’Afrique francophone. A partir de Janvier 2018, j’ai été débauchée pour être la directrice financière d’Unilever, et PDG à partir de novembre 2018. Depuis, je cumule ces deux postes. 

Au vu de votre parcours, on peut dire que vous êtes une femme vraiment accomplie professionnellement. Alors quelles ont été vos forces et vos faiblesses pour atteindre ces postes à fortes responsabilités ?

En terme de faiblesse, je dirais que l’on me reproche très souvent le fait d’aller trop vite. Cela m’a interpellé sur comment mieux travailler en équipe, afin d’avancer au même rythme que tout le monde ou de tirer les autres avec moi. C’est un travail que je continue de faire chaque jour pour m’améliorer. C’est à la fois une faiblesse et une qualité, car c’est cette détermination d’aller loin qui m’a propulsé là où je suis actuellement.

Sur la question du leadership, est ce que vous avez été confrontées à certaines problématiques se rapportant à votre genre ?

Bon nombre de femmes sont confrontées à ce type de problématique parce qu’elles se comportent comme des dirigeantes et non comme des professionnelles dans leur domaine. Pour ma part, j’ai toujours fonctionné comme une professionnelle en mettant mes émotions de côté. De sorte à être brillante dans ce que je fais. C’est ce qui m’a valu de ne pas être confrontée au problème de misogynie ou autre forme de complexe du genre.   

Quelles sont les qualités que doit avoir une femme leader ?

De prime abord, il faut être une passionnée en dépit des difficultés rencontrées sur le chemin. Parce qu’il y en aura, alors il faut beaucoup de passion, car c’est ce qui aidera à se relever. À côté de cela, il faut être compétente, c’est le plus important. Mieux encore, une femme qui a du caractère a le meilleur profil pour être un leader et ça été très déterminant dans mon parcours. Alors je résume en disant qu’il faut de la passion, des compétences, du caractère et par-dessus tout de l’ambition, pour être une femme leader. 

Quelle est votre définition de la réussite ?

À chaque fois que je vois ou entends mon parcours décliné par les autres, j’ai toujours l’impression qu’il s’agit de quelqu’un d’autre ! (rire) Je ne me considère pas comme une réussite pour le moment. Mais je tendrais un jour vers la réussite quand j’arriverais à inspirer de nombreuses femmes à travers le monde, et que ma fille sera une femme accomplie et leader de ce monde.

Quel conseil pouvez-vous donner à toutes ces femmes qui aspirent à diriger ?

N’ayez pas de freins ou de barrières dans la tête, projetez-vous aussi loin que possible et ne vous découragez surtout pas quand surviennent les difficultés. En somme, restez positive et restez focus sur vos objectifs. 

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