Histoire de Miss : Aissata Dia, de la couronne au mannequinat

De miss à mannequin pro ! 

Histoire de Miss : Aissata Dia, de la couronne au mannequinat

©imaxtree

jessica brou
Écrit par Jessica
Publié le 01 juin 2017 à 05h00

De miss à mannequin pro ! 

Élue en 2013, Aissata Dia avait fait l'unanimité ! Depuis, elle a fait bien du chemin depuis son mandat. Aujourd'hui, elle revient sur son expérience de Miss et se confie sur sa nouvelle vie et son métier de mannequin.

Bonjour Aissata, cela fait bientôt 4 ans que vous avez remporté le titre de Miss Côte d'Ivoire 2013. Que devenez-vous ?

Ça va faire à peu près 2 et demi ans que je suis installée à Paris. Je travaille en tant que mannequin à l'agence Metropolitan Models, qui est mon agence mère. Depuis le mois de janvier, j'ai signé avec une agence à Milan qui s'appelle Independent Models. Je suis entre Paris et Milan.

Quel est le plus beau souvenir que vous gardez de votre mandat de Miss Côte d'Ivoire 2013 ?

C'est le concours Miss Monde. C'était une expérience inoubliable. J'ai beaucoup appris durant ce concours. La meilleure des choses qui me soit arrivée, c'est une rencontre. C'est le fait d'avoir rencontré mon mentor, celui qui est devenu comme un père pour moi, un grand frère, Mr Victor Yapobi.

Comment avez-vous géré votre notoriété après votre élection en 2013 ?

Je n'ai pas eu beaucoup à faire pour gérer ma notoriété. J'ai laissé les choses se faire comme elles devaient se faire. Sachant que je suis une personne pétillante, j'aime la vie et je suis une mordue des réseaux sociaux. J'ai toujours gardé de bonnes relations avec les personnes rencontrées durant mon mandat. C'est ce qui fait que j'ai toujours cette notoriété !

Que vous a apporté le concours Miss Côte d'ivoire ?

Ça m'a apporté beaucoup de choses dont la maturité. j'ai été élue quand j'avais 18 ans, j'étais encore une petite fille. Je ne savais pas trop où j'allais dans la vie. Ce concours m'a mis les pieds sur terre, à savoir faire la part des choses, à grandir, à savoir gérer mes priorités.

Á celles qui rêvent de devenir Miss Côte d'Ivoire, quel conseil pouvez-vous leur donner ?

Rester naturelle, être soi-même. Ne pas prétendre être une autre personne car chassez le naturel et il revient au galop (rires). C'est ce qui charme le public. Avoir la tête sur les épaules et savoir où elles vont !

Êtes-vous toujours en contact avec d'anciennes miss Côte d'Ivoire ?

Oui, je suis en contact avec Miss Sery Dorcas et l'actuelle Miss, Esther Memel qui est une fille qui est adorable et très intelligente.

« Le fait d'avoir été miss m'a donné beaucoup confiance en moi pour que je puisse me battre pour être mannequin. »

aissata-dia

Comment avez-vous réussi à entrer dans le milieu du mannequinat ? Le fait d'avoir été miss vous a t-il donné un coup de pouce ?

Être mannequin, c'était un rêve pour moi depuis très longtemps même avant d'être Miss Côte d'Ivoire. Quand j'avais 16 ans, j'étais même allée à New York et j'avais trouvé une agence mais mes parents avaient tellement peur, qu'ils ont refusé que je signe le contrat. J'étais entêtée, je savais que j'allais le faire un jour ! Être miss ne m'a pas vraiment aidée car, être miss et mannequin c'est deux choses totalement différentes. Je vais vous raconter une anecdote. En 2014, j'avais été invitée à un gala dans le cadre de mon mandat et durant ce gala, j'ai rencontré le patron de l'agence Karin Models située à Paris. J'ai tenté ma chance car c'est mon rêve. Je l'ai abordé et il m'a demandé d'envoyer des polaroïds [ndlr : photo standards de mannequins pour postuler. Ce sont des photos naturelles et sans artifices]. Mais il m'a répondu que je ressemblais plus à une miss qu'à une mannequin et que ça ne marcherait pas pour moi. Je suis assez têtue. Quand je veux quelque chose, je me bats pour. Après mon mandat, j'ai voulu me détacher de cette image de miss qui me collait à la peau. J'ai fait une coupe garçonne et je suis allée voir le photographe Daniel Sery, un grand frère pour moi, qui m'a fait un book magnifique ! C'était mes premières photos professionnelles dans le milieu de la mode. Je suis allée moi-même à Paris à l'agence Karin qui avait changé de patron. Ils m'ont tout de suite voulue et j'ai signé avec eux. Mais j'avais postulé auprès d'autres agences dont Metropolitan qui m'a envoyé une réponse plus tard. Mais j'ai gardé un bon rapport avec l'agent de Metropolitan. Avec Karin, ça se passait bien mais je ne me sentais pas à l'aise et je suis donc entrée chez Metropolitan. Le fait d'avoir été miss m'a donné beaucoup confiance en moi pour que je puisse me battre pour être mannequin.

 De quel métier vos parents rêvaient-ils pour vous quand tu étiez plus jeune ?

Mon père voulait absolument un médecin dans la famille. Mon frère et ma soeur ne voulant pas, il espérait que ce soit moi le médecin. Ma mère n'a pas posé de veto. Elle nous encourage à faire ce qui nous rend heureux !

Si vous pouviez revenir dans le passé, que changeriez-vous ?

Pour être honnête, je ne changerais rien. Absolument rien. C'est vrai qu'on peut se dire qu'on aurait pu faire autrement mais je n'ai aucun regret. Je ne veux absolument rien changer. Toutes mes erreurs et échecs ont fait de moi la personne que je suis aujourd'hui et je suis très fière de celle que je suis devenue. Donc, hors de question de changer le passé.

Quand vous revenez à Abidjan, où peut-on vous croiser ?

Quand je suis à Abidjan, j'aime surtout manger (rires). Je suis au restau, en train de manger des glaces. Je suis partout où on mange (rires). Les soirs, je vais au lounge d'une très bonne amie qui a ouvert récemment et qui s'appelle le Yolo Lounge. J'y suis presque tout le temps. Tous les week-ends, je me retrouve à Assinie. C'est un endroit paradisiaque où j'aime me reposer, passer du bon temps. j'adore le soleil, être en maillot !

« Sur les réseaux sociaux, on me voit faire la fête, voyager...Mais c'est ce que je montre. »

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Vu de l'intérieur, comment se passe le quotidien d'une mannequin pro ?

C'est du travail. Ce n'est pas facile. En commençant le mannequinat, je me suis dit que ce serait facile mais aucun métier n'est facile dans la vie. Je suis épuisée après les fashion weeks. Mais mon agent m'avait prévenue (rires). Un mannequin c'est un petit soldat, elle doit toujours être prête. Courir à gauche à droite, faire des castings, faire la queue dehors dans le froid à 0 degrés avec 300 mannequins sachant qu'ils ne prendront peut-être que 5 filles. Il y a beaucoup de frustrations car on n'est pas tout le temps prise. Il faut faire attention à son alimentation, à son corps, à pleins de choses. Être mannequin pro, ce n'est pas facile du tout (rires). Ce n'est pas que de l'amusement. Sur les réseaux sociaux, on me voit faire la fête, voyager...Mais c'est ce que je montre. Je n'ai pas envie de montrer quand je fais 3 heures de file pour un casting, sauf sur Snapchat (rires) ! Je ne retiens que le meilleur de tout ça ! Quand on aime ce qu'on fait, on ne voit pas les inconvénients. Quand je rentre à la maison, même quand c'est difficile, je suis satisfaite. Plus c'est dur, plus la satisfaction est meilleure !

Quels sont les tops que vous admirez le plus ?

Je sais pas (rires). J'admire Jasmine Tookes, une des anges de Victoria Secret. Je l'admire pour sa façon de travailler, c'est une grande sportive, elle fait attention à sa santé et se met à 200% dans ce qu'elle fait. Bella Hadid qui est magnifique ! Claire Guenna, une amie ! Elle est beaucoup plus jeune que moi, elle a 19 ans mais travaille depuis qu'elle a 14 ans. C'est une battante, elle travaille et ne se plaint jamais !

Quels sont vos 3 objectifs dans le mannequinat dans les 3 prochaines années ?

L'objectif premier d'un mannequin quand il débute, c'est de faire Victoria Secret. Mon plus grand rêve, c'est de faire Victoria Secret ! Pour les trois prochaines années, je ne sais pas car on ne peut pas prédire la carrière d'une mannequin. C'est pour ça que je n'ai pas vraiment d'objectif dans le milieu de la mode. Je fais avec ce qui vient, je prends les choses comme elles viennent. J'essaie de ne pas me poser des questions et de ne pas me placer des tonnes d'objectifs. J'espsère le meilleur et ce que Dieu me donnera, je le prendrai. ce qui ne viendra pas, je laisserai passer. Je me donne à 200 % et ce qui vient, vient (rires).

En dehors des pré-requis physiques, quelles sont les qualités d'une mannequin ?

D'être toujours de bonne humeur ! Même si tu as dormi 2 h ou 1 h 45, il faut que tu sois de bonne humeur sur ton shooting. Ça joue énormément parce qu'on est tellement nombreuses qu'il faut se démarquer par sa personnalité. Quand sur un shooting tout le monde est fatigué et qu'il y a une ambiance "pourrie", il faut quelqu'un qui rajoute un peu de pep's et moi je suis ivoirienne donc je sais ambiancer (rires). Quand j'arrive, je suis de bonne humeur, je vais rigoler, je mets de la musique, je fais le clown pour détendre l'atmosphère.

Les carrières dans le mannequinat sont généralement très courtes. Que comptez-vous faire après ?

C'est vrai que les carrières sont vraiment très courtes mais la carrière d'une mannequin noire dure beaucoup plus longtemps parce qu'on vieillit mieux (rires). On reste plus longtemps dans le milieu de la mode. j'ai beaucoup de projets surtout en Côte d'Ivoire. Je me vois travailler en Côte d'Ivoire dans le milieu de la mode. Inch'Allah, quand je finirai ma carrière, je rentrerai en Côte d'Ivoire pour mettre en place tous ces projets.

Un mantra ?

Je n'ai pas réellement de mantra mais des citations qui me tiennent beaucoup à coeur comme « tomber 7 fois, se relever 8 ». C'est un proverbe japonais de Nanakorobi Yaoki. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'échec. Ma mère me dit souvent en Dioula « l'enfant béni connaitra la souffrance mais ne connaitra jamais la honte.». Et ma devise est persévérance, patience et croyance.