Frontières : l’actrice Naky Sy Savané en 7 questions

 Interview d’une activiste !

Frontières : l’actrice Naky Sy Savané en 7 questions

© ELLE

Lafalaise Dion
Écrit par Lafalaise Dion
Publié le 06 octobre 2017 à 11h38

 Interview d’une activiste !

Si « Frontières » a remporté  trois prix (Prix Félix Houphouët-Boigny Conseil de l’entente, prix CEDEAO de l’intégration pour le meilleur film ouest-africain et de la meilleure réalisatrice CEDEAO ) au Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco) c’est tant pour sa réalisation que pour le grand jeu de ces 4 héroïnes. Naky  Sy Savané, actrice ivoirienne chevronnée et grande figure de ce long métrage parle de son personnage dans “ Frontières”.

Vous interprétez Emma, une des quatre femmes du film Frontières. Comment décririez-vous votre personnage ?

Emma  est un personnage de composition. C’est une femme commerçante par sa mère, une veuve qui fait le commerce pour payer les  études de ses enfants. Elle va rencontrer sur le chemin d’autres femmes dotées de personnalités différentes.  C’est une forte tête qui d’entrée de jeu a l’air acariâtre et méchante. Mais on finit par comprendre les raisons de ce comportement. Emma, c’est une de ces femmes qui portent une carapace.

Pourquoi avoir accepté ce rôle ?

Parce que moi en dehors de mon travail artistique, je suis une activiste féministe qui va à la rencontre des femmes au quotidien pour s'imprégner de leurs difficultés. D’ailleurs quand j’arrive en Côte d’Ivoire, je ne reste pas cloîtrée dans ma chambre d'hôtel 5 étoiles. Je vais au marché de la commune d’Adjamé, d'Anyama de Port Bouet. Je participe à de nombreuses activités. Dans tous les pays où je pars c’est pareil. Je suis dans la marche mondiale des femmes. Ce rôle n’est donc pas nouveau pour moi.

On se souvient de votre performance remarquable dans "Au nom du christ". Quel est votre secret pour entrer dans vos rôles ?

Quand j’ai un personnage,  j’ai pas d'à priori, je travaille à cerner le personnage dans son entièreté, sa psychologie . Il faut noter que je n'accepte pas tous les rôles mais uniquement ceux qui me parlent, qui m'empêchent de dormir la nuit (rires). C’est le même travail que je fais à la fin du tournage pour sortir de la peau du personnage.

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant le tournage de Frontières ?

Ce sont les rencontres. Nous avons sillonné beaucoup de pays. On a rencontré d’autres artistes dans ces pays, des femmes, les associations des femmes dans les pays dans lesquels nous étions. Il y en a même qui nous ont apporté à manger et offert des souvenirs.

Au sortir du tournage, que retenez-vous de cette expérience ?

Une très grande richesse de par ces rencontres. Ces femmes ont nourri mon personnage en m’apprenant de nouvelles choses.

Quels sont vos projets pour la suite ? Que nous réservez-vous ?

En ce moment je prépare la sixième édition du festival international du film des lagunes ici même à abidjan, Grand Bassam, les 14 et 18 Novembre 2017.

Qu'aimeriez-vous voir en plus dans le paysage du cinéma (et artistique) africain ?

Quil soit plus porté, qu’il y ait des mécènes pour investir dans le cinéma.  C’est une grande industrie. Les États africains doivent investir. Dans les pays développés, le cinéma est inclus dans les programmes scolaires. C’est ce qu’on a d'ailleurs initié au sein du festival. Il  y a des projections  pour le public jeune.

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