Frontières : 7 questions à l’actrice Amélie M’Baye !

Les femmes en avant !

Frontières : 7 questions à l’actrice Amélie M’Baye !

© ELLE

Lafalaise Dion
Écrit par Lafalaise Dion
Publié le 06 octobre 2017 à 12h04

Les femmes en avant !

Avant la sortie prochaine (20 Octobre) du film “Frontières” d’Apolline Traoré aux cinémas Majestic de Côte d’Ivoire, Amélie M’Baye est revenue sur son rôle, les conditions du tournage, et ses débuts dans le cinéma. Celle qui a tourné dans des productions hollywoodiennes aux côtés des acteurs comme Bruce Willis,  évoque cette nouvelle expérience cinématographique.  

Vous interprétez Hadjara, une des quatre femmes du film Frontières. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre personnage, son tempérament ?

Hadjara c'est une femme sénégalaise. Timide et soumise, elle  a finalement osé sortir de son milieu pour aller faire du commerce et revenir aider sa famille. C’est une femme  aussi qui se découvre des qualités de leader, de femme engagée pour la condition des autres. Et on va le découvrir au fur et à mesure qu’elle va rencontrer les 3 autres commerçantes. Elle est celle qui réunit tout le monde, celle qui apaise. Elle a voulu que je sois en quelques sorte, le porte-parole de la CEDEAO.

Pourquoi avoir accepté ce rôle ?

La première raison pour laquelle j’ai accepté ce grand rôle, c’est parce qu’il est différent de tout ce que je fais habituellement. Dans la dernière série dans laquelle je jouais, j’incarne le personnage de la vipère, la femme aux mœurs légères. Celle qui dit haut ce que les autres pensent tout bas. Tout le contraire de Hadjara dans le film “Frontières”. Je devais être la plus sage, la femme qui se laisse parfois écraser.  J’ai donc accepté ce nouveau défi pour briser l’image de la femme dominante. La seconde raison, c’est bien entendu le scénario. Quand je l’ai lu, j’ai découvert une chose que je ne connaissais pas vraiment jusque là. La vie des commerçantes. Je ne savais pas tout ce qu’elles enduraient. J’ai donc accepté d'être celle qui allait vers ces femmes pour montrer au monde ce qu’elles sont réellement.Et aussi faire en sorte qu’elles puissent connaître leur droit en tant que femme et pour le respect de la libre circulation des personnes et des biens.

Comment s'est déroulée cette deuxième collaboration avec Apolline Traoré ?

Très belle expérience même si ça été un gros challenge. Le beau côté du voyage, c'était les rencontres, la découverte des beaux paysages. Tout ça c'était extraordinaire mais c’était très dur de prendre la route et voyager depuis le Sénégal jusqu’au Nigeria durant une période où les menaces terroristes se faisaient entendre. En tant qu’américaine et Sénégalaise, je me sentais pas tous le temps en sécurité. J’avoue que j’avais vraiment peur par moment. II y a eu des fois ou mon passeport Américain je le cachais bien là où il faut. On a dû être escortées dans certaines régions. Même dans les rapports humains ce n'était pas toujours facile. Parce que me connaissant, elle voulait que je sois une autre personne, la femme calme que je ne suis en pas en réalité. Au bout du compte on a appris beaucoup en vivant avec des personnes d’origines diverses.

Au sortir du tournage, que retenez-vous de cette expérience ?

La première chose c’est la patience, beaucoup d’humilité et de l'admiration envers les femmes commerçantes. J’en ai beaucoup d’ailleurs dans ma famille.

Vous vous êtes formée Langues étrangères, Tourisme et aux métiers de l’aéronautique. Rien ne vous prédestinait au cinéma, ni au petit écran. Pourtant, vous avez fait un tour par Hollywood. Comment y êtes-vous arrivée ?

J’ai commencé par le petit écran mais en tant téléspeakerine à la télévision nationale du Sénégal pendant de longues années et parallèlement à ces fonctions, je travaillais dans l'aérien puisque j’avais obtenu mon certificat de sécurité sauvetage et mon diplôme international de tourisme. On peut dire que j'étais déjà habituée à la caméra. Par la suite après un passage au Brésil, je sui partie vivre à Los Angeles où j’ai côtoyé le monde  du cinéma. J’ai fait des castings pour des publicités et ensuite dans le cinéma. C’est vrai que le fait que je parle 5 langues ( Anglais, Français, Portugais, espagnol et wolof)  m’a beaucoup aidée.  J'ai joué dans des films comme  Tears of the Sun (avec Bruce Willis), Something about her de Carl Colpaert, des films documentaires, Voice Over, Monia et Rama d'Apolline Traoré et maintenant Frontières.  Je suis notamment une artiste chanteuse et maîtresse de cérémonies.

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Pensez-vous que Frontières aura un impact sur l'application des textes concernant la libre circulation dans l'espace de la CEDEAO ?

C’est ce qu’on souhaite oui. Mais pour l’instant on vient juste de commencer, le film vient de sortir, on fait la promotion. On est conviées  à de nombreux festivals. On fait beaucoup de premières d'où notre présence en Côte d’Ivoire. Nous essayons de rencontrer des autorités, des associations  féminines, les organismes internationaux et bien entendu la CEDEAO . Avec l’aide des autorités on arrive à faire passer le message. Nous espérons que cela changera les choses. Les femmes  vont se rendre compte qu’elles ont des droits.

Cela fait 18 ans que vous vivez en Californie. De plus, vous avez confié au Quotidien.sn «J'étais une amoureuse de l'Afrique mais là,je suis encore plus amoureuse de notre continent». Envisagez-vous un retour au Sénégal ?

Je suis entrain de rentrer depuis que j’ai quitté mes fonctions administratives aux États-Unis. Ce n'était plus possible de concilier mon emploi à mes déplacements et tournages. J’ai décidé de faire un long break pour revenir en Afrique. Je n'ai pas encore défini le nom du pays bien que je sois Sénégalaise, je suis avant tout Africaine. Je me sens chez moi partout en Afrique.