Femmes à suivre : Lucille Gomes, la philanthrope

Engagée !

Femmes à suivre : Lucille Gomes, la philanthrope

© Soula Boina-Maka

Lafalaise Dion
Écrit par Lafalaise Dion
Publié le 09 août 2018 à 18h15

Engagée !

Ancienne promotrice de mode, présidente de la Fondation Aua Help Noma AHN, initiatrice de la journée économique et sociale, Lucille Gomes est une philanthrope originaire de la Guinée Bissau. A la tête de sa fondation créée en 2015, elle œuvre pour l'essor économique des jeunes en Afrique et la prise en charge des enfants atteints de la maladie de la Noma. Découvrez-là à présent dans cette interview.

Qui est Gomes Lucille ?

Je suis présidente de la Fondation Aua Help Noma AHN, passionnée et à la découverte du monde et de la connaissance.

Comment de la mode et du luxe vous vous retrouvez à monter la fondation Aua Help Noma AHN ?

Vous savez, souvent le destin n'est pas inévitable, mais c’est juste une question de choix. Celui qui choisit, écrit sa propre histoire, construit ses propres chemins. J’aime toujours autant la mode et je continue de suivre les Fashion-week et les tendances du moment car, je suis jeune et c'est bien aussi de vivre avec sa génération.

Le déclic m’est venu par cette phrase que j'ai lu une fois qui dit : “ouvre la bouche pour défendre ceux qui ne peuvent pas parler, oui parle pour prononcer les justes verdicts pour défendre la loi des opprimés !”

Pouvez-vous nous parler plus précisément de votre fondation ? Comment est-elle née et quels sont ces objectifs ?

Un jour, une tante que je n'avais pas revu depuis des années m'a retrouvé sur les réseaux sociaux, et m'a proposé d’échanger par vidéo sur Skype. J'ai accepté son invitation et nous avons commencé à parler. Pendant la conversation, une petite fille a surgi devant la caméra. Pour ne rien vous cacher, j'ai eu peur et j'étais terrifiée ! Pour la première fois de ma vie, je voyais comment notre visage en tant qu'être humain était fait de l'intérieur. Elle avait la maladie de Noma. Son visage et son regard étaient fixés sur moi. Terrifiée, j’ai dû éteindre automatiquement la caméra. Le jour suivant, elle a demandé à me parler sur Skype parce qu’elle trouvait que j'étais jolie. Cette petite fille s'appelait Aua. Au fur et à mesure que nous parlions, un lien s'est créé entre nous. Je lui avais fait une promesse que je n'ai finalement pas tenue. Je lui ai dit que je viendrais la soutenir le jour de son opération à Francfort. Je n’ai malheureusement pas pu le faire, car je traversais une période instable. Les mois ont passé et ma tante m’a appelé pour m’informer qu'Aua a demandé une photo de moi le jour de son opération. Elle avait vu le chirurgien, qui devait l'opérer pour lui dire que son rêve était d'avoir le même visage que moi. Voilà comment tout a commencé. J’ai décidé de créer la fondation et je l'ai appelée AUA HELP NOMA. Pour moi, elle est porteuse d'espoir pour toutes les actions que soutient notre cause y compris la maladie de Noma. Le slogan est : "Mon rêve est d'avoir le même visage que toi"... ! Je pense que l'être humain est la seule personne qui arrive sur terre reçoit sa lettre de mission et la change pour créer et orienter sa propre lettre de mission.

Les objectifs de la Fondation

Notre objectif premier est de venir en aide aux patients atteint de la maladie de Noma. Nous apportons une aide au niveau de l'éducation, de la santé et nous encourageons  l'entrepreneuriat avec notre partenaire OSF, sous la coordination de notre Médecin expert docteur Pablo Goldschmidt.

Des milliards d'humains vivent dans des conditions de précarité. Dans ce contexte, la prise en charge de la santé et la scolarité des enfants ne peuvent être assumées financièrement par les familles. Lorsque des épidémies émergents,  certains pays déploient des plans d’actions pour pouvoir donner une aide sanitaire ponctuel. En outre, des missions sanitaires mobiles peuvent parfois soulager certaines personnes atteintes, mais cela ne suffit pas pour pérenniser des structures sanitaires soutenables. L’amélioration des conditions sanitaires des populations négligées, nécessite des stratégies qui associent sur place, la prévention, l’amélioration de la prise en charge des malades et l’éducation des enfants à école.

C’est dans ce sens que vous avez créée la journée économique et sociale. Vous pouvez nous en parler ?

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Oui, nous avons mis en place une journée économique et sociale dans le cadre de nos diverses missions en Afrique réalisée par Dr Pablo Goldschmidt, Dr Axel Siben et Dr Oumar en partenariat toujours avec L'OSF. Nous faisons face à des problèmes d'infrastructures manque d'électricité eau potable, je pense qu'il faut encourager l'entreprenariat, c'est très important.

Cette journée économique et sociale a pour objectif de favoriser la créativité économique en promouvant les start-up afin de provoquer et stimuler la création de la valeur ajoutée. Le renforcement des agrégats économiques permets ainsi un développement profitable et durable des structures en Afrique et au reste du monde.

Lors de nos recherches pour la mise en place du projet, nous avions mis l'accent sur la promotion des secteurs d'activités sanitaires, éducatifs, industriels, agricoles, alimentaires, automobiles, les biens d’équipement, les biens intermédiaires, l’eau, l’énergie, la collecte, le traitement des déchets, la construction, les transports, la logistique, l’information, la communication, l'immobilier, la finance, les services aux entreprises et les START-UP.

Quelques jours après la première édition de cet événement, quel sentiment vous anime ?

Ce premier évènement a été très positif ! Beaucoup de gens se sont déplacés des USA, de Suisse, du Portugal, du Brésil, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, la Guinée Conakry, le Kenya, le Japon et bien d’autres encore.

Nous devons encourager ce type de projet avec des "women Entrepreneurship" comme je les appelle. Vous avez l'exemple de Mariama Camara, présidente de There is no limit Fondation et de Mariama Fashion Production. J’estime que si l’avenir appartient à la jeunesse, Mariama l’incarne de la plus belle manière en se donnant corps et âme à cette jeunesse africaine par ses actes et via sa fondation. Il y a aussi Margaux Jeanne Yockbag, à la tête d'une des plus grandes sociétés africaines basée au Kenya : la marque Frescoryl qui produit le meilleur dentifrice bio reconnu par l'Europe, ainsi que Mr Mike Tavares professeur dans l'une des plus grandes écoles de tourisme en Suisse et PDG d'United Consulting qui fait la promotion du tourisme en Afrique.

Enfin, Mr Francis Mallet, avec qui j'ai travaillé sur un projet que porte notre fondation Semence Ubuntu qui a 3 objectifs majeurs :

- Combattre la malnutrition

- Créer des emplois et des activités au sein de la ferme, et un pôle formation.

- Commercialiser des produits, valorisation et transformation des matières premières.

Les objectifs atteints ? Des choses à parfaire pour la prochaine édition ?  

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Oui, on peut dire que les objectifs sont atteints, mais comme disait Aliko Dangote : " il faut savoir démarrer petit et humblement”. Je rajouterai aussi que c'est avec l'aide de Dieu, de ma famille, de mes mentors, et de toutes les personnes qui me soutiennent que nous en sommes là. Donner de la vie au temps, plutôt que tu temps à la vie pour bien faire les choses.

Mon équipe et moi-même sommes déjà en train de travailler pour la prochaine édition avec beaucoup de demandes de participation.

Après avoir réalisé cet événement dans un lieu classé monument historique (Eden théâtre), nous sommes tous satisfaits.