Femmes à suivre : Adama Paris

Une styliste engagée

Femmes à suivre : Adama Paris
Ines
Écrit par Ines
Publié le 23 juin 2017 à 07h00

Une styliste engagée

Adama Paris n’est plus à présenter dans le milieu de la mode. Tour à tour, entrepreneure et styliste, elle mène tous ses projets de main de maître. Elle oeuvre pour une reconnaissance au niveau africain et international, de la mode africaine, de son savoir-faire et de ses mannequins. Á l’occasion de la date anniversaire de la Dakar Fashion Week, nous avons rencontrée.

Comment vous est venue l’idée de mettre en place des Fashion Week en Europe et en Afrique ?

J’ai décidé de mettre en place ces Fashion Weeks car il n’y en avait pas à l’époque. Il y a 15 ans, l’aventure a commencé avec la Dakar Fashion Week. En tant que créatrice, j’avais besoin de faire des défilés. Ensuite, j’ai développé les Black Fashion Weeks, à Prague pour commencer, car j’étais frustrée de ne pas voir de créateurs noirs et surtout de mannequins noirs sur les podiums. La mode n’était pas assez représentative.

Quel a été votre parcours avant d’entrer dans l’univers de la mode ?

J’ai un DESS (diplôme d'études supérieures spécialisés, ndlr) en sciences. J’ai ensuite travaillé dans le secteur bancaire. Pour les parents, il fallait faire des études. J’ai travaillé dans une banque pour faire plaisir à mon père. En parallèle, je créais mes vêtements et j’organisais des défilés. Je ne regrette pas mon passage à la banque, car j’ai pu connaître tous les rouages et toutes les informations pour créer mon entreprise.

“ Les design de mes collections sont liés à moi, mes états d’âme, mes humeurs. ”

Quelles sont vos sources d’inspiration chaque saison pour vos créations ?

Je suis une de ses créatrices qui présente des collections complètement différentes. J’ai, d’ailleurs, eu des critiques par rapport à cela. Je suis une nomade dans l’âme et les collections sont liées à moi, à ce que je veux être. Les design de mes collections sont liés à moi, mes états d’âme, mes humeurs.

Vous êtes une véritable source d’inspiration pour les jeunes femmes entrepreneures. Quels conseils pouvez-vous leur donner ?

Je ne sais pas si je peux donner des conseils. Je suis encore au début de ce que je veux accomplir, même si j’ai déjà fait beaucoup de choses. Mais je donnerai un seul conseil : la persévérance. Je ne suis peut être pas la plus douée mais j’avance coûte que coûte. Persévérer, c’est avancer avec ses doutes, ses peurs, ses convictions.

“ Persévérer, c’est avancer avec ses doutes, ses peurs, ses convictions. ”

Avez-vous rencontré des difficultés pour faire accepter vos projets de fashion weeks en dehors de l’Afrique ?

J’ai rencontré pas mal de rejets notamment à cause du nom que portait mon projet : Black Fashion Week. J’ai eu des réponses de marques, d’entreprises connues qui me disait “on est prêt à vous suivre, si vous consentez à modifier le nom de votre projet”. Je ne l’ai pas fait. Pour en revenir à ce que je disais plus haut, j’ai persévéré et finalement cela a payé.

Pourquoi avoir eu envie de créer une chaîne de télévision ?

Encore une fois je trouvais qu’il manquait une plateforme d’expression pour moi, en tant que créatrice, et pour les mannequins noirs. C’était mon entreprise la plus risquée au niveau financier. J’ai lancé la plateforme sur le Web pour commencer. Au bout de 2 mois, le groupe Canal+ m’a contactée. Mes talents de businesswoman ont fait le reste.

Dans quelques années, vous voyez-vous continuer à travailler dans la mode ?

Je ne sais pas. Je me vois entreprendre. Je suis une entrepreneure culturelle. Ce qui me plaît le plus, c’est de m’engager. Entreprendre et faire des choses qui me soient utiles, ainsi qu’aux personnes qui me ressemblent. L’engagement ce n’est pas seulement des marches, des slogans, c’est aussi entreprendre. Il ne faut pas attendre que quelqu’un d’autre fasse quelque chose. Si vous souhaitez créer, faites-le. Cela permet de sortir de la pauvreté intellectuelle dans laquelle, on souhaite nous conserver. Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens.

Quelles sont les femmes qui vous inspirent ?

La femme qui m’inspire le plus est ma grand-mère maternelle. Elle n’était pas instruite. Elle a épousé un homme riche et a élevé ses enfants. C’est elle qui m’a inculqué cette notion de persévérance.  Je dirai aussi que toutes les femmes m’inspirent. Toutes les femmes se battent pour quelque chose. Chacune a son propre combat. D’ailleurs, cela me fait penser à une citation qui disait “les femmes qui veulent ressembler aux hommes n’ont pas d’ambition”.

Á part la mode, quelles sont vos passions ?

Ma passion première, c’est voyager. J’adore voyager, notamment en Afrique. Les voyages que je fais à l’étranger sont principalement pour mes activités sur place. J’adore partir à la découverte du Sénégal et d’autres pays africains. J’aime, également surfer et jouer au golf. Ce sont deux sports opposés. Ceux sont les deux seules choses qui parviennent à me calmer.

Que nous réserve Adama Paris pour les prochains mois ?

Pour l’instant, je suis vraiment concentrée sur la Dakar Fashion Week qui aura lieu bientôt et qui célèbre son quinzième anniversaire cette année. On a sorti l’artillerie lourde. Beaucoup d’invités VIP dont les Miss France noires, les influenceurs africains francophones et anglophones. On a toujours été très avant-gardistes dans notre façon de voir les choses. Nous allons réaliser un grand carnaval dans la rue avec les 150 mannequins et les 33 créateurs de mode !

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