Femmes à Suivre : Mariama Camara, le rêve Africain

Interview d’une femme inspirante !

Femmes à Suivre : Mariama Camara, le rêve Africain

© Mariama Camara

Lafalaise Dion
Écrit par Lafalaise Dion
Publié le 26 Avril 2018 à 11h09

Interview d’une femme inspirante !

Abidjan à la recherche de tissus pour ses nouveaux clients, cette femme ambitieuse nous raconte la mode. Son histoire dans un échange inspirant.

 

C'est à la rédaction que nous fixons le rendez-vous avec Mariama Camara. Elle était là dans le hall. Pourtant entourée de plusieurs silhouettes, on ne voyait que la sienne. Non pas pour sa splendide robe en tie and dye qu'elle arborait, ou sa fleur jaune logée au coin droit de sa chevelure, mais pour cet aura et cet air chaleureux qu'elle dégageait. Nous nous embrassions chaleureusement comme de vieilles connaissances qui venaient de se retrouver avant de rejoindre le studio pour l'entretien.

 

Installées, nous échangions après quelques minutes de causeries.

Elle parlait avec tant de sincérité, d'énergie de son parcours que ses mots pourraient redonner un vent d'espoir à quiconque venait à l'entendre.

 

 

 

Vous avez quitté le Sénégal en 2001, vous arrivez à New-York avec 100 dollars en poche, et aujourd'hui vous êtes dans le classement Forbes. Entrepreneuse, créatrice de mode, directrice artistique, humanitaire,  vous faites notamment du sourcing pour des marques comme Edun et Tory Burch. Votre histoire est digne d’une success story....Vous attendiez-vous à une telle tournure il y a quelques années en quittant le Sénégal ?

 

 

J’ai quitté Conakry très tôt, très jeune parce que mes parents souhaitaient une meilleure éducation pour moi. Je suis partie vivre au Sénégal où je suis restée 7 ans. C’est de là-bas que je suis partie à New-York. En partant, je suis passée par le Portugal. En arrivant là-bas, j’avais 200 dollars, une personne m’a escroqué 100 dollars pour une carte de crédit téléphonique, je me suis donc retrouvée avec 100 dollars aux États-Unis.

 

 

 

« Lorsque je suis arrivée à New-York, on voulait m’envoyer dans un salon de coiffure pour tresser comme la majorité des femmes Africaines qui arrivent ici, je me suis opposée catégoriquement. J’ai dit non, je ne suis pas venue ici pour ça, je vise plus loin. »

 

 

 

 

Quand je suis arrivée au New-York, je me suis mariée, j’ai été mannequin, maquilleuse, puis styliste pour les hommes. Je me suis vraiment essayée à tout dans ces domaines. Comme tout le monde, j’ai rencontré des difficultés, mais je n’ai jamais baissé les bras. Je me souviens encore, lorsque je suis arrivée à New-York, on voulait m’envoyer dans un salon de coiffure pour tresser comme la majorité des femmes Africaines qui arrivent ici, je me suis opposée catégoriquement. Et vous pouvez retrouver ce petit passage dans le film “Dreamgirls”. J’ai dit non, je ne suis pas venue ici pour ça, je vise plus loin. Je veux être comme les femmes de ce pays parce que je ne me sens pas différente d’Oprah, de Beyoncé ou de qui que ce soit. C’est ce message que je voulais envoyer aux jeunes filles, à tout immigrant qui part dans un autre pays. Ils doivent savoir qu’ils ont les mêmes possibilités que les autres. Moi, j’ai toujours rêvé grand. S’il y a une chose que mes proches apprécient le plus chez moi, c’est cet aspect de ma personnalité. Je me suis vue grande depuis le début, je me suis vue là où je suis avant d’y être.

 

 

Toutes ces compagnies que j’ai aujourd'hui, j’ai travaillé dessus pendant longtemps et j’ai dévoilé chacune, années après années. Quant au textile, c’est une grande histoire de famille, un héritage. J’avais mon oncle qui était tailleur. Je partais tout le temps à son atelier, je prenais des petits bouts de tissus pour habiller ma poupée. Je voulais toujours être différente, mais pour dire la vérité, je ne savais pas que tout ça s’appelait la mode. Je n’avais aucune idée. Tu peux t’imaginer à l’époque dans un pays comme la Guinée ? C’est au Sénégal que j’ai découvert ce que tout ça signifiait. Ma grande sœur était un mannequin célèbre. Elle défilait, donc j’ai pu apprendre auprès d’elle.

 

 

“Je ne suis juste qu’au début. Le plus grand arrive.”

 

 

J’ai toujours cultivé la pensée positive. Plus jeune, avec des copines, quand on sortait des classes, on s’asseyait pour parler de nos rêves, je prenais toujours une craie pour écrire mon plus grand rêve, aller aux États-Unis. Je le voulais vraiment, je le matérialisais ainsi en l’écrivant. Je disais que je voulais venir aux États-Unis, mais je ne m’attendais pas à une telle tournure. Je ne suis juste qu’au début. Le plus grand arrive.

 

 

Pourquoi avez vous pris la décision de partir évoluer aux États-Unis ? Quels ont été les challenges auxquels vous avez dû faire face ?

 

 

 

Mon histoire est drôle. Je n’étais pas partie aux États-Unis dans le but de m’y installer. J’y étais pour visiter ma sœur et j’y ai rencontré l’amour. J’ai rencontré un Polonais qui m’a épousé. Même si nous ne sommes plus ensemble aujourd'hui, nous sommes restés de bons amis.

 

Les deux grandes difficultés auxquelles j’ai dû faire face en venant ici étaient liées au fait que je sois une femme noire grande qui voulait se lancer, et le manque de respect. Le plus grand challenge pour moi était de casser cette image superficielle que les gens avaient. Je me suis battue pour qu'on me voit comme je suis réellement. Une femme avec des valeurs. Ça a été mon plus grand combat. Je me souviens quand je suis arrivée la première fois au Nations Unies avec la coupe de cheveux afro, la fleur... Les gens sont venus me demander de changer mon look. Je leur ai fait savoir qu’il n'en était pas question. Je suis la femme noire atypique. Je ne veux pas me lisser les cheveux. Et, ils ont pu voir le potentiel en moi quand ils m'ont vu travailler et agir.

 

 

 

“On doit travailler quatre fois plus et garder ses valeurs.”

 

 

Quand on est Afro-Américain aux États-unis, on doit travailler deux fois plus pour atteindre le succès... Qu’en est-il quand on est Africaine ?

 

 

KSZ_2421

 

 

On doit travailler quatre fois plus et garder ses valeurs. Quand tu te connais, personne ne pourra jamais te cracher à la figure ton identité.

Je crois que si j’ai pu en arriver là aujourd'hui, c’est grâce à l’éducation que j’ai reçu de mes parents. J’arrive à m’adapter à tous les cadres dans lesquels je me trouve. Quand je suis à Adjamé pour travailler avec mes artisans, je sais me comporter comme tel. Quand je suis dans une soirée gala, je suis une princesse.

 

 

 

“C’est en 2012 que ma vie à réellement changé, quand j’ai rencontré Tory Burch”

 

 

 

Qu’est-ce qui a motivé la création de votre propre label ? Quand on sait que New-York est une des capitales de la mode, comment avez-vous fait pour faire exister votre marque ?

 

 

 

KSZ_0750

 

J’étais à New-York, je connaissais beaucoup de monde, je partais à de belles soirées mondaines, je fréquentais une certaine élite. Puis entre 2007 et 2008, je me suis dit qu’il fallait arrêter et passer à autre chose. Vous savez parfois ça peut monter à la tête ces choses-là. Donc, j’ai décidé à cette période qu’il était temps de commencer à mettre sur pied mes projets. J’ai regardé en Afrique, j’ai vu le style vestimentaire des femmes, j’ai jeté un coup d'œil aux podiums ici, j’ai pu constater comment le textile était utilisé traditionnellement par les designers Européens et Américains. A ce moment-là, je me suis demandée comment est-ce que je pouvais changer les choses. Comment je pouvais valoriser nos textiles en leur donnant une touche moderne ?

C’est ce qui m’a poussé à le faire. J’ai commencé avec la fondation There is no limit. Je venais en aide aux femmes. On a plus de 300 femmes au Guinée aujourd'hui, ici en Côte d’Ivoire, on en a 10 pour l’instant.

Pour mon premier défilé de mode, j’ai été aidée par ma mère, mes amies. Plus de 600 personnes étaient présentes. Après ça, j’ai continué à travailler avec les femmes. J’ai bossé, j’ai galéré. C’est en 2012 que ma vie à réellement changé, quand j’ai rencontré Tory Burch. Cette femme-là, je ne cesserai jamais de la remercier. Tout a vraiment changé pour moi lorsqu'un ami qui avait lu un article sur moi dans la presse m’a dit qu’il était temps qu’il me fasse rencontrer Tory Burch. Je n’y croyais pas.

L’ami m’a dit qu’il allait organiser un rendez-vous avec elle, c’était très difficile de l’avoir parce qu’elle est très occupée. Mais elle a accepté comme elle le connaissait. Je suis allée la voir accompagnée de ma petite sœur comme toujours. J’ai porté ce jour-là une robe en textile africain, j’ai pris dix tissus différents avec moi et je suis partie la rencontrer. Quand elle nous a vues, elle était étonnée, elle avait oublié son rendez-vous. Elle a dit d’un air surpris : « j’ai rendez-vous avec vous aujourd’hui ? Ah bon ? Venez ». Je me retrouve ainsi dans son empire. On entre dans son bureau. Elle m’a demandé de lui parler de moi. Je lui ai dit d’où je venais, j’ai parlé de ma fondation, et j’ai dit que je faisais du textile et que j’avais quelques échantillons avec moi. Elle a dit « ah bon ? Je veux voir ». J’ai eu un fou rire. J’avais plusieurs couleurs, du jaune, du marron, je m’en souviens toujours. Elle a regardé, elle a demandé aux personnes autour d’elle d’appeler toute l’équipe. Je me suis retournée, j’ai regardé ma sœur, j’ai dit dans ma langue « qu’est-ce qu’il y a ? » , sans avoir que c’était là que ma vie allait changer.

Elle est revenue m’écouter. Je voyais dans ses yeux qu’elle était très intéressée. Elle m’a demandé si je pouvais les lui laisser et qu’elle allait me rappeler plus tard. J’ai dit qu’il n’y avait pas de problème. Je suis partie chez moi.

Le soir, j’ai reçu un mail qui disait : « Oui, je veux utiliser vos tissus ». J’étais émue, j’ai pleuré. C’était émouvant pour moi. Parce que de 2008 à 2012, j’ai énormément travaillé. Elle m’a rappelée ensuite pour me demander ce que j’attendais de cette collaboration.

 

J’aurais pu être bien égoïste et lui demander d’inscrire mon nom partout, mais j’ai dit, ça, c’est pour toute l’Afrique. Ce n’est pas seulement moi, c’est mon pays la Guinée, ce sont ces femmes qui ont travaillé. Je lui ai dit de faire en sorte que mon pays soit mis en avant sur le plan international pour que l’Afrique soit fière. C’est ainsi que tout a commencé. Elle a fait en sorte que ce soit dans tous les grands journaux et c’est ainsi que j’ai pu habiller Michelle Obama. Grâce à Tory. Il n’y a pas que Michelle Obama, elle a donné les vêtements à Reese Witherspoon, tous les grands éditeurs. L’année dernière, je marchais dans la rue, j’ai vu la responsable de département « Accessoires » du magazine Glamour, je lui ai dit : « Ce que vous portez un de mes tissus-là ». Elle m’a dit : « Mariama, c’est une des plus belles tenues que j’ai dans mon dressing ». Et depuis lors, on est restées en contact, là, elle va bientôt porter la robe dans les tons bleu et blanc.

 

 

 

1001899_10151615738576969_132978903_n

 

“Dreamgirls a été projeté pour la première fois à la maison Blanche.”

 

 

Vous avez habillé Michelle Obama, avez-vous pu la rencontrer en personne ?

 

 

 

1240479_562372160490729_1588354032_n

 

 

 

 

Elle a porté mes créations, mais je n’ai pas eu l’occasion de la rencontrer. À cette période-là, elle était vraiment occupée. Mais vous savez, mon film Dreamgirls a été projeté pour la première fois à la Maison Blanche. Michelle Obama nous a donné la chance de le diffuser là-bas en avant-première. J’y étais avec ma mère, ma sœur, et c’était très émouvant. Malheureusement, elle était en déplacement, elle n’a pas pu y assister. Mais là, on est en train de préparer quelque chose, le moment venu, j’en dirai un peu plus.

 

 

 

 

On retrouve le tie-and-dye est dans toutes vos créations, pourquoi ce choix ? Quelle est l'histoire derrière ?

 

C’est un héritage. Moi aujourd’hui, c’est ce que je veux faire entrer dans la mentalité des Africains. Regardez les Italiens, la maison Fendi, Hermès ou Louis Vuitton. Ce sont des gens qui ont embrassé ce qu’ils ont déjà. Leurs parents ont commencé quelque chose, ils l’ont pérennisé. C’est ce que je veux faire. Le tie and dye ou indigo, c’est quelque chose qui est dans ma famille. Ma grande mère l’a commencé, elle était même populaire dans sa communauté pour cela. Même ma mère qui est une des premières femmes à avoir créé une compagnie en Guinée, lorsqu’elle avait du temps libre, elle se mettait avec les femmes pour faire de l’indigo. J’ai grandi dans cet univers. C’est aujourd’hui une signature pour moi.

 

 

Quels sont les challenges pour la marque Mariama Camara en 2018 ?

 

 

Je pense que j’ai beaucoup de chance, je remercie le bon Dieu pour tout. J’ai commencé Mariama Camara l’été dernier et déjà, on l’a vendu dans les Hamptons, et je serai bientôt vendue dans plusieurs boutiques là-bas. Moi, j’aime bien évoluer.

 

 

 

edun-mariama-camara

 

 

 

edun-collection-resort-2018

 

 

“Le premier contact avec Edun, c’était sur Instagram.”

 

Vous faites notamment du sourcing pour la marque Edun depuis quelques années…. En pratique, en quoi consiste votre travail avec la marque ?

 

 

Mariama Fashion est une compagnie de sourcing. Nous produisons pour des marques qui nous sollicitent. Nous travaillons avec des artisans partout en Afrique. Si un client me dit qu’il souhaite  acquérir un pagne Baoulé, moi je viens ici et je le produis avec une nouvelle touche.

 

Pour tout vous dire, le premier contact avec Edun, c’était sur Instagram. Ils m’ont contactée pour voir ce que je faisais, ils ont vu ce que j’avais. Ils m’ont ensuite envoyée la photo d’un morceau de tissu qu’ils avaient eu à Harlem et ils m’ont demandé ou est-ce qu’ils pouvaient l’avoir. Je leur ai dit que c’était le pagne baoulé de la Côte d’Ivoire et que j’étais dans l’avion pour la Côte d’Ivoire. Quand je suis venue à Abidjan, j’ai montré à un ami la photo du tissu, c’est lui qui m’a conduit chez des artisans, c’est ainsi qu’on a commencé à travailler avec Edun. Ce qui est bien avec cette marque, c’est qu’elle travaille avec des partenaires locaux dans tous les pays Africains où elle prend des tissus. Elle donne ainsi une chance à de nombreuses personnes.

 

 

 

 

“Je veux être un témoignage pour tous les Africains, une inspiration pour toutes ces jeunes filles.”

 

 

Vous êtes à la tête de votre marque éponyme, vous travaillez aussi avec d’autres marques, comment arrivez-vous à donner le meilleur pour d’autres marques et pour la vôtre ?

 

Parce que je veux être un témoignage pour tous les Africains, une inspiration pour toutes ces jeunes filles. Au début, les gens me disaient de ne pas appeler ma marque par mon nom parce que ça faisait trop « Africain » et que les Africains n’allaient pas acheter. J’ai dit, non, elle portera mon nom, parce que je souhaite que même 100 ans après moi, les jeunes filles Africaines qui veulent entamer cette voie se disent “Mariama a pu le faire, je peux le faire aussi”. Je veux que ce soit un symbole, le début des empires Africains dans l’industrie de la mode. Tout comme Azzedine Alaïa, Hervé Léger, je veux que lorsqu’on voit des dessins du Bazin, du tie and dye, on pense Mariama Camara. C’est ce que je veux laisser. Je veux que les Africains soient fiers de leur richesse. Et je sais que dans quelques années, d’autres designers suivront cette voie.

 

 

LIRE AUSSI >> Edun lance une collection aux couleurs de l'artisanat ivoirien

 

 

Quelles ont été les collaborations dont vous êtes particulièrement plus fière ?

Tory Burch sera toujours ma plus grande collaboration, même si un jour je travaille avec Hermès, je serai toujours reconnaissante. J’ai été élevée comme ça. Je suis très heureuse de travailler avec Edun. J’ai toujours aimé Bono. C’était un rêve car j’ai suivi tout ce qu’il fait pour l’Afrique. Donc travailler avec sa marque me touche. Quand il a créé sa marque, il a décidé que toute la conception des vêtements se fasse en Afrique et c’est ce qu’il fait.

“Il faut qu’on arrête de penser que la mode, c’est l’extravagance des coupes. Il faut montrer aux autres qu’on peut réussir à faire des choses extraordinaires en gardant une certaine authenticité.”

Quelle est votre lecture personnelle du paysage de la mode Africaine ? (créativité, industrialisation, évènements communication…)

Beaucoup d’Africains n’aiment pas mes créations parce qu’ils estiment que c’est du déjà vu et que ça fait trop Africain. Pour moi, il faut se libérer de ce complexe. Ce n’est pas la soie qui fera d’un couturier, un designer de renom. Tout designer doit avoir sa touche. Quand on voit mes créations, elles ont une identité. Je fais des vêtements intemporels. Des créations d’aujourd’hui qu’on pourra mettre dans 100 ans. Il faut qu’on arrête de penser que la mode, c’est l’extravagance des coupes. Il faut montrer aux autres qu’on peut réussir à faire des choses extraordinaires en gardant une certaine authenticité. Il faudrait que les jeunes designers Africains se forgent une identité. Il faut se recréer et être fier de ce qu’on est.

«Peu importe d’où tu viens, le plus important est ce que tu veux devenir. »*

* « It doesn't matter where you come from, what is most important, it’s where you expect to be »

Que diriez-vous si on vous appelait le “rêve Africain” ?

Je dirai oui même si certains trouverait que c’est un peu prétentieux. Oui je suis le rêve Africain. J'étais aux États-Unis pour accomplir mon rêve Américain, je suis revenue et aujourd’hui, je veux montrer au monde que le rêve Africain existe. Quand tu regardes d’où je suis partie, de ce petit quartier perdu de Conakry, à ce que je suis devenue, je dis oui je suis le rêve Africain. Mariama doit être le rêve de toute petite fille. J’ai eu des moments où je n’arrivais pas à me nourrir, mais je n’ai pas baissé les bras. Je me suis habillée et je suis partie après mon rêve et je veux que toutes ces filles et ces jeunes hommes sachent que quelles que soient les difficultés qu’on rencontre, nous pouvons en sortir et devenir qui on veut. Et je crois que ce film que je sortirai sur ma vie au mois de mai va inspirer beaucoup de gens parce que le titre est très clair : je dis : « It doesn't matter where you come from, what is most important, it’s where you expect to be ». C’est la fille de Nabaya Conakry qui est venue aux États-Unis et qui a pu accomplir ses rêves.

LIRE AUSSI >>  Angela Aquereburu, une showrunneuse qui fait bouger les lignes