Coura Diop, parcours d'un renouveau créatif

Interview

Coura Diop, parcours d'un renouveau créatif

© Benyto

Écrit par ELLE.CI
Publié le 07 décembre 2018 à 11h54

Interview

Participante du Top 10 de la Mode Ivoirienne, Coura Diop a fait un retour remarqué à Abidjan avec sa marque DiCourtney. Elle a présenté une collection saluée par le public lors du Défilé international F, une collection qui porte bien son nom : Evolution. La créatrice présente la femme DiCourtney en 2018 et son renouveau créatif. Échange ! 

Qu'est-ce qui a motivé ta participation au Top 10 de la mode ivoirienne ?

J'ai profité du Top 10 de la Mode Ivoirienne pour présenter ma nouvelle collection capsule 2018-2019 EVOLUTION ce qui m’évitait ainsi d'organiser mon propre événement de mode avec toutes les contraintes. J’étais une styliste basée en Côte d'Ivoire et j’avais ma maison de couture. Mais j'en voulais plus, frustrée d'une mode qui n’évoluait plus, j’ai décidé donc d’intégrer l’école de mode ESMOD internationale groupe de Rennes (Bretagne). Grâce à cette école, j'ai appris des techniques de coupe, comment travailler les volumes, faire de la création matières, dessiner via les logiciels etc. J'ai pu réaliser tout ça (mon rêve) grâce à un homme qui a cru en moi et en mon travail par la suite a mis tous les moyens pour que la nouvelle DiCourtney naisse. Je dis infiniment merci à mon époux Clément Le Riscousse et je profite pour lui dire que je l'aime.

Peux-tu nous parler de ta collection et tes inspirations ?

J'ai toujours aimé l'oversize ! J’ai décidé de réaliser une collection autour de ce terme qui rend hommage à la femme africaine dans toute sa splendeur. EVOLUTION est une collection aux volumes surdimensionnés avec des matières qui allient l'Afrique et l’Occident. Avec des broderie faites-main qui représentent des portraits de femmes Africaines. Étant moi-même une femme malienne et sénégalaise née en côte d' Ivoire, mes origines ont nourri ma collection métissée.

« C'est la plus belle des récompenses car il n'y a pas plus sincère que le public. »

Tu as fait un défilé remarqué pendant le défilé International F du Top 10 de la mode Ivoirienne. Comment te sens-tu après ce défilé ?

Soulagée (rires) ! C'est toujours stressant de présenter une nouvelle collection. J'appréhendais la réaction du public face à ce changement stylistique. Finalement, il [le public] a adhéré à ce changement radical. J'ai été félicitée pour ma recherche et mon travail. C'est la plus belle des récompenses cas il n’y a pas plus sincère que le public.

« [...] en tant que créatrice je me sentais frustrée de la routine et de ne pas pouvoir repousser mes limites. Cette année, je suis arrivée avec une nouvelle proposition artistique [...]. La DiCourtney d'aujourd'hui est très fière de son travail, plus accomplie, inspirée et singulière. »

Création DiCourtney | © Benyto

Création DiCourtney

Quelle est l'évolution entre le style DiCourtney de 2015 et celui de 2018 ?

Un changement brutal (rires) ! Mes vêtements étaient près du corps à la création de DiCourtney et en tant que créatrice je me sentais frustrée de la routine et de ne pas pouvoir repousser mes limites. Cette année, je suis arrivée avec une nouvelle proposition artistique, de nouvelles matières qui ne sont pas encore comprises. La DiCourtney d'aujourd'hui est très fière de son travail, plus accomplie, inspirée et singulière.

Comment s'est passé ton retour sur les bancs de l'école ?

J'ai trois enfants, un foyer à gérer, mon école était à une heure de mon domicile ! Alors, ça n'a pas été facile. Je faisais quelque nuits blanches mais cela a porté ses fruits, un prix en première année et un droit exposition aux magasins Printemps et j'ai eu droit à des ovations en deuxième année devant un panel de jury de la haute couture française. Le travail paye.

Quelles sont les personnalités qui incarneraient le mieux ton label Di-Courtney ?

La femme féminine, féministe, classe et désinvolte ! Une femme sûre d'elle qui s'assume car j'aime les femmes qui ont du caractère. Mes vêtements répondent à ce type de femmes.

Qu'est-ce qui t’a donné envie de créer DiCourtney ?

J'adore la mode ! J'ai eu la chance de travailler dans ce que j'aime. J'ai été mannequin, fait quelques photos pour des couturiers mais j'ai défilé peu. J'étais la muse de Ciss St Moïse qui m'a beaucoup aidé. Un jour j'ai tout arrêté, et décidé de passer au stylisme. Après des cours à l'American Lady Beauty Institute à Abidjan, je suis directement passée par la scène et j’ai créé la marque DiCourtney.

Pourquoi DiCourtney ?

DiCourtney vient en réalité de Di Coura, mon propre nom. J'ai voulu un nom à consonance internationale d'où DiCourtney.

« Quand j'ai une préoccupation dans mes créations, c’est Ciss St Moïse que j'appelle. C'est mon mentor. Il a cru en moi. »

Comment Ciss St Moïse a influencé ta carrière ?

Je l'ai côtoyé longtemps, j'ai pu observer sa manière de travailler, dessiner et créer. C'est quelqu'un de très rigoureux dans son travail et dans sa gestion d'équipe. Ce n'est pas pour rien qu'il est une référence dans la mode Africaine. C'est grâce à lui que j'ai su que j'étais faite pour ça, il m'a énormément conseillée. Quand j'ai une préoccupation dans mes créations, c’est Ciss St Moïse que j'appelle. C'est mon mentor. Il a cru en moi.

Qu'est-ce tu conseillerais à tous ceux qui veulent se lancer dans le stylisme ?

On ne peut réussir que dans ce qu'on aime ! Il faut travailler par passion. On part de rien mais quand on aime et si on croit en soi, il y aura toujours des gens qui vous suivront. J'ai eu cette chance d'avoir des personnes institutions comme la fondation Omais qui ont cru en moi et m'ont soutenue. Et je les en remercie !

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