CO.LAB Entrepreneuse : Rencontre avec Athina Niekou

Co-fondatrice de Ma Beauté Connectée

CO.LAB Entrepreneuse : Rencontre avec Athina Niekou

© Athina Niekou

jessica brou
Écrit par Jessica
Publié le 21 septembre 2017 à 10h38

Co-fondatrice de Ma Beauté Connectée

Fondée par Athina Niekou et Gladys Tchoundjeu, Ma Beauté Connectée permet de commander une prestation beauté depuis son smartphone. Le projet devait naître à Paris mais le hasard fait bien les choses ; c'est à Abidjan - précisément au Co.Lab - que Ma Beauté Connectée a posé ses valises. Convaincue que « L'avenir de l'Afrique appartient aux Africains. », Athina Niekou nous raconte ses challenges d'entrepreneuse à Abidjan, la genèse du projet et son expérience au CoLab.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je m'appelle Athina Niekou, camerounaise et cadette d’une fratrie de 3 enfants. Aujourd'hui, je m’occupe du développement commerciale dans un groupe média international installé en Côte d’Ivoire depuis plus de 25 ans. Je me définis aussi comme une Afro-Optimiste. Après mon bac, j'ai intégré le programme Bachelor de Montpellier Business School, lors duquel j’ai fait un an d'échange aux États-Unis. Ensuite, je suis revenue à Montpellier et j'ai terminé mes études à Neoma Business School Paris. J’ai ainsi obtenu mon Mastère Spécialisé en Communication d’Entreprises en travaillant en alternance dans ce même groupe média, avant d’en rejoindre la filiale ivoirienne en 2015. Nous travaillons sur Ma Beauté Connectée depuis 2014, et cela fait plus d'un an que ce projet entrepreneurial a vu le jour à Abidjan.

« Vous voulions simplifier l’accès aux services dont nous avions besoin, redonner à la cliente le pouvoir, faire un Uber de la beauté. »

D'où vous est venue l'idée de la plateforme "Ma Beauté Connectée" ?

Nous nous sommes contentées de répondre à un besoin que nous même avions. Ma Beauté Connectée existe grâce à deux personnes et vient d'un constat que nous avons fait avec une amie de longue date : Gladys Tchoundjeu. On vivait toutes les deux à Paris et on s'est rendues compte de combien il était difficile de concilier notre vie de jeune cadre dynamique avec notre emploi du temps personnel. Nous ne trouvions que rarement le temps de nous occuper de nous. Nous avions l’argent et l’envie, mais le temps nous faisait défaut. On a alors commencé à penser le projet en début d’année 2014. Avec l'essor du digital et le fait que nous fassions partie d'une génération Y hyper connectée, l’idée de plateforme pour commander n'importe quelle prestation de beauté (coiffure, maquillage, esthétique, onglerie) est née naturellement. Vous voulions simplifier l’accès aux services dont nous avions besoin, redonner à la cliente le pouvoir, faire un Uber de la beauté. Des particuliers pourraient commander une prestation beauté et les prestataires mieux gagner leur vie et compenser le manque à gagner du fait qu'ils n'ont pas de salon de beauté.

« Nous avons la chance de faire partie d’une génération qui n’a pas peur du risque. Beaucoup sont passés par là avant nous, sont tombés, se sont relevés, ont persévéré et ont réussi. Nous étions prêtes à passer par tout ça, il n’y avait aucune raison qu'on ne donne pas le jour à notre idée. »

Pouvez-vous nous en dire plus sur la genèse du projet ?

Vous l’avez compris, à la base, le projet devait naître à Paris. Lorsqu'on a commencé à bien structurer les choses, mon employeur m’a fait une proposition pour travailler à Abidjan que j'ai acceptée. Nous avons mis le projet en stand-by car je m’occupais du côté business et Gladys du côté financier. Avec le poste qu’elle occupait, elle ne pouvait pas faire l’impossible. Et lorsqu’avec toute la volonté du monde, elle a voulu relancer les choses en étant toute seule à Paris, elle a eu une opportunité sur un poste qu’elle souhaitait avoir au Cameroun, et grâce à Dieu, elle l’a saisie !
Á ce stade, nous avions déja le business plan, l'identité de la marque et les développeurs. Il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour décider de ne pas laisser mourir le projet, d’autant plus qu’il était porteur et que le besoin était encore plus présent dans nos réalités africaines. Aussi bien Gladys que moi avons un esprit très entrepreneurial. Il y a une citation de Barack Obama que j'aime répéter, il a dit dans l'un de ses discours en 2013 : « L'avenir de l'Afrique appartient aux Africains.». Je pense effectivement que c'est à nous de construire notre continent. Nous devons nous en donner les moyens et nous ne devons pas nous contenter de faire "oui patron” comme mes amis ivoiriens disent. L’idée est de toujours faire plus et d’essayer d’apporter une valeur ajoutée. C'est vraiment ça qui nous a motivé à créer notre entreprise.
Aujourd’hui, 70-80 % de personnes que nous fréquentons sont friandes de challenges, sont ouvertes à de nouvelles opportunités, sont mobiles sur plusieurs continents. Nous avons la chance de faire partie d’une génération qui n’a pas peur du risque. Beaucoup sont passés par là avant nous, sont tombés, se sont relevés, ont persévéré et ont réussi. Nous étions prêtes à passer par tout ça, il n’y avait aucune raison qu'on ne donne pas le jour à notre idée.

Et avec la chance que nous avions que je sois en Côte d’Ivoire, le pays le plus attractif de l’Afrique subsaharienne francophone, nous n’avions plus d’excuses pour ne pas nous jeter à l'eau. Il n'y avait aucune raison qu'un projet aussi porteur que Ma Beauté Connectée ne connaisse pas le succès qu'il mérite.

Vous travaillez pour un groupe média international et êtes entrepreneure. Comment parvenez-vous à gérer vos deux emplois de temps de salarié et de chef d'entreprise ?

Une fois de plus, beaucoup sont passés par là avant moi, et beaucoup ont réussi. Je n’ai pas réinventé l’eau chaude, je me suis contentée de restée concentrée et de revoir mes priorités. Mais je vais être honnête, c'est assez difficile. J’ai la chance d’avoir une partenaire qui m’épaule à distance, et ce point n’est vraiment pas négligeable. Une autre chose qui m’aide énormément, c'est de s'entourer des bonnes personnes. Ce n'est pas évident de trouver les bonnes ressources humaines parce qu'en Côte d'Ivoire, et partout ailleurs, on a des personnes qui sont souvent très volontaires, très passionnées, qui croient au projet, sont disponibles et motivées ; malheureusement qui peuvent manquer d'expérience ou de la capacité à se projeter. Et ce sont des choses dont on a besoin pour driver notre start-up. Nous avons longtemps cherché les bonnes personnes et nous continuons à chercher, tous les jours. Nous avons eu la chance de trouver des personnes qui nous ont suivi dès le début et avec qui nous travaillons depuis un an maintenant. Nous avons même pu embaucher sur des postes clés à l’étranger. Nous sommes aussi passées par les séparations difficiles, les départs en queue de poisson, et les démissions sur WhatsApp. Aux débuts, les nuits étaient hyper courtes, je n'avais plus de vie sociale. On a fait certains sacrifices et ça a payé. Je ne suis plus dans la configuration où je passe mes nuits sur Ma Beauté Connectée. J'ai pris beaucoup de recul et nous avons des personnes qui sont très opérationnelles et très polyvalentes comme notre RAF que je remercie pour son dévouement d'ailleurs. On a mis les moyens pour s'entourer des bonnes personnes et c’est aujourd'hui ce qui m'aide à concilier les deux jobs.

Quels ont été vos plus grands challenges / obstacles dans la création de Ma beauté Connectée ?

Le plus gros challenge, une fois de plus ça a été les ressources humaines. Constituer l'équipe a pris du temps. Entre ce qu'on a imaginé il y a un an et ce qui se passe aujourd'hui, c'est le jour et la nuit parce qu'on s'est rendues compte des réalités du terrain et de ce qu'il fallait adapter. On prenait des ressources humaines "junior" mais le fait est qu'avec mon emploi, c'est assez compliqué d'encadrer un profil junior. On a su apprendre de nos erreurs. Petit à petit, l'oiseau a fait son nid.

Ça nous a aussi pris du temps de construire le projet, réunir les fonds, prendre des bureaux...faire naitre le bébé. L’apprentissage du terrain a été un challenge car Abidjan et Paris, c'est différent. La méthode d'approche est différente, le business model et les consommatrices aussi. On a su surmonter les obstacles parce que nous sommes des personnes qui aimons nous questionner, apprendre, nous remettre en question, échanger. C'est cette capacité à reconnaître nos erreurs qui nous a aidé avec Ma Beauté Connectée.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ?

Comme vous pouvez vous en douter, on s’imagine être plus grands dans 5 ans. Ma Beauté Connectée a pour ambition de s'exporter, couvrir toute la Côte d'Ivoire et être implantée dans d'autres pays d'Afrique. Nous observons les marchés les plus matures qui peuvent nous accueillir. Nous imaginons des prestations complémentaires, un accompagnement plus poussé de nos spécialistes, un service client plus 360 pour nos clients et clientes. Aujourd'hui, nous faisons plus que de l'intermédiation car nous employons aussi des prestataires de beauté. Nous leur offrons un cadre de travail formel, avec une rémunération fixe et une possibilité d’évoluer au sein de notre entreprise. Nous souhaitons aussi mettre un réel accent sur ce volet là dans les prochaines années.

« la qualité de service est une valeur sûre pour notre Afrique d'aujourd'hui. »

Quels sont les projets d'entreprenariat qui vous ont le plus marqué récemment ?

Celui qui me vient spontanément, c'est Africab. Je me souviens que lorsqu'Africab s'installait à Abidjan, je venais d’y arriver. Je pense avoir été l'une des premières clientes. J'avais adoré le concept de chauffeurs privés adapté aux réalités africaines avec un certain professionnalisme. C'est surtout la qualité de service qui m'avait marquée. Africab, c'est quelque chose qui est venu révolutionner le monde du transport en Côte d'Ivoire. C'est quelque chose qui nous a beaucoup inspiré dans notre approche. Ce qui a fait leur succès, ça a été le bouche à oreille car le service était irréprochable. Preuve que la qualité de service est une valeur sûre pour notre Afrique d'aujourd'hui.

 Comment avez-vous connu le Co.Lab ?

Nous avions besoin de locaux car j'étais seule en Côte d'Ivoire et Gladys au Cameroun. Je ne pouvais pas travailler à temps plein sur Ma Beauté Connectée mais nous cherchions des locaux car nous voulions faire travailler notre équipe dans un cadre professionnel. Nous ne voulions pas de quelqu'un qui travaille de la maison car pour l'avoir testé, ce n'était pas envisageable dans une perspective de start-up avec des ambitions comme les nôtres. On a naturellement cherché des locaux pour les start-up et ça, pendant 2 à 3 semaines. C'est une amie, qui est d’ailleurs chez Africab, qui m'a envoyé une capture d'écran d'une publicité du Co.Lab via les réseaux sociaux. La page avait l'air attrayante et ça correspondait à la dynamique dans laquelle on voulait se lancer. C'est comme ça que j'ai appelé Maxime. J'ai visité les locaux et j'ai adoré ! Notre échange a été profond et très convainquant. Nous nous sommes donc domiciliées au Co.Lab et y avons pris un box [ndlr : bureau]. Le Co.Lab, aussi bien pour Gladys que pour moi, c'était un véritable coup de foudre.

« Le Co.Lab est un mini incubateur à sa manière car il ne s’agit pas juste de formules d'hébergement. Il s’agit de vous présenter les uns aux autres, de créer des synergies potentielles, amener les personnes le plus loin possible. C'est très familial sans tomber dans le familier. »

 Qu'est-ce qui vous a donné envie d'y travailler et d'y développer vos activités ?

Je pense sincèrement que c'était Maxime. Avant d'aller au Co.Lab, j’avais visité un autre espace où on s'intéressait peu à nos activités. On nous proposait des formules pour louer des espaces à prendre ou à laisser. Au Co.Lab, l'approche est beaucoup plus humaine. Il y a eu un vrai échange. Il nous a tout de suite aidées à nous projeter. Je suis très axée qualité de service et c'est ce qu'on retrouve dans l'approche de Maxime. Le Co.Lab est un mini incubateur à sa manière car il ne s’agit pas juste de formules d'hébergement. Il s’agit de vous présenter les uns aux autres, de créer des synergies potentielles, amener les personnes le plus loin possible. C'est très familial sans tomber dans le familier. C'est encourageant d'y travailler.

 Aujourd'hui vous avez de nouveaux locaux, que vous a apporté votre passage au Co.Lab ?

Nous avons de nouveaux locaux depuis le mois de juin. En effet, ça nous fait plaisir de nous installer "chez nous". Le Colab nous a apporté beaucoup de nouvelles rencontres, ça nous a aidé à prendre notre envol car ce sont des formules de domiciliation tout-en-un et peu couteuses. Le Co.Lab, via Maxime, a compris que Ma Beauté Connectée n'était pas qu'une idée folle car nous avons eu des oreilles attentives et beaucoup d'encouragement. Au delà d'être un environnement de travail, c'est un environnement de partage qui booste énormément par la synergie et le support humain. Ma Beauté Connectée fera toujours partie de la famille du Co.Lab car c'est notre première source d'encouragement, aussi bien le Co.Lab que les personnes qu'on y a rencontrées.

Quelles y ont été vos plus belles rencontres (pro ou amicales) ?

Une fois de plus, Maxime qui s'est montré motivant, créateur de synergie, hyper disponible, compréhensif. C'est quelqu'un qui nous a aidé à voir plus loin que ce qu'on imaginait. Maxime a été notre belle rencontre aussi bien professionnelle qu'amicale.