Témoignage échange d’une mère à sa fille : “ Ma mère me parle pour la première fois de son expérience avec le cancer du sein”

En parler pour sauver des vies.

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Ruth Déborah N'Guessan
Écrit par Ruth Déborah N'Guessan
Publié le 12 octobre 2019 à 16h50

En parler pour sauver des vies.

On se forge l’image de super-héroïne, généralement à travers ces films de sciences-fictions qui ont bercé plus d’une enfance. On citerait bien Wonder woman pour sa détermination et sa force ou capitaine Marvel pour sa vitesse et son agilité. La véritable héroïne selon moi, qui mérite que l’on lui attribue tous les honneurs : c’est cette femme, souvent inconnue de tous qui a combattu et vaincu le cancer du sein. Elle, c’est une battante, une digne guerrière, un véritable modèle pour des générations. Je veux parler aujourd’hui d’une héroïne, ma maman. Elle a été confrontée à cette maladie et elle a survécu. Aujourd’hui, à travers les lignes qui suivent, elle partage pour la première fois avec moi son expérience personnelle face à la maladie.

1)  Comment tout a commencé ?

Etant dans le corps médical depuis 40 ans, j’ai pris l’habitude de faire des mammographies tous les 5 ans. Et un jour, pendant la routine médicale, le médecin a découvert un nodule assez suspect dans mon sein droit. J’ai par la suite fait une série d’examens pour que finalement l’on me diagnostique un cancer du sein de stade avancé.

2)  Qu’est-ce que ça fait d’apprendre qu’on a un cancer ?

C’est toujours un choc d’apprendre que l’on a un cancer. La première idée qui m’est venue à l’esprit, c’était « mes enfants ». J’avais peur que la maladie ait raison de moi et que je vous abandonne de façon prématurée. Mais je me suis très vite ressaisie.

3)  Comment vivais-tu cette période ?

Je l’ai vécue avec calme, sérénité et beaucoup de foi. J’ai compris qu’il ne fallait surtout pas être affolée, sinon cette peur affecterait ma famille. C’est la peur qui donne du pouvoir à la maladie. J’avais donc besoin d’être une mère forte, qui manifeste en toutes choses cette foi qu’un jour le cancer va disparaître.

4)  Quelles sont les pistes de guérisons qui s’offraient à toi ?

J’avais le choix entre une longue série de traitements et une mastectomie. J’ai préféré choisir l’intervention chirurgicale. Alors dans le courant de l’année 2018, j’ai subi une ablation du sein droit. Depuis lors, je me sens en pleine forme.

5)  Depuis l’ablation, plus aucun signe de cancer, mais cette expérience t’as laissé une cicatrice aussi bien physique que mentale. Comment vis-tu ce changement ?

La mission première de mes seins c’était de vous donner le lait, à présent vous êtes grands. Mission accomplie ! (rire) Mais pour être plus sérieuse, je le vis bien, ce changement. Je porte une prothèse, ce qui fait que souvent je ne m’en rends même pas compte. Je n’ai pas l’impression qu’il me manque quelque chose. Je me sens toujours aussi belle et confiante pour tout te dire.

6)  Est-ce important d’en parler à des femmes qui vivent une situation similaire ? Pourquoi ?

Très important. Parce qu’on ne se sent pas seule du coup. J’ai pris des conseils auprès de femmes qui ont vécu avec le cancer pendant des années et qui ont vaincu la maladie par la suite. Moi à mon tour j’en parle autour de moi pour sauver des vies, en commençant tout d’abord chez mes filles. Comme j’ai l’habitude de le dire, le cancer du sein n’est pas une fatalité, c’est juste une période sombre que l’on traverse pour devenir encore plus forte.

7)  Qu’est-ce que ça fait de vaincre la maladie ?

Je me sens tout simplement reconnaissante. J’ai prié mon Dieu et il est passé par la chirurgie pour me guérir. Je ne peux que rendre témoignage de ses bienfaits. A présent je savoure chaque seconde de ma vie auprès de ma famille. Elles sont si précieuses.

8)  Quel est le conseil que tu pourrais me donner ainsi qu’à toutes ces jeunes femmes qui te lisent ?

Le cancer du sein sévit de façon considérable. Alors j’exhorte tout le monde à faire son test de dépistage. Plus vite on décèle la maladie plus vite on peut la traiter. De même que je m’applique à ce que vous mes filles vous fassiez la mammographie de façon régulière, il faudrait que toutes les mères prennent cette responsabilité au sérieux. Autre chose que je veux souligner, il ne faut jamais cacher une maladie. Plus vous en parlez, plus le processus de guérison se met en marche, et cela vous aide à aller mieux.  

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