C’est mon histoire : un professeur m’a empêché d’avoir mon diplôme

Un professeur vicieux !

C’est mon histoire : un professeur m’a empêché d’avoir mon diplôme

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Écrit par ELLE.CI
Publié le 04 Septembre 2017 à 18h39

Un professeur vicieux !

Vanessa, 39 ans et commerciale pour un opérateur téléphonique a vu son diplôme partir en fumée suite à un chantage sexuel alors qu’elle était une jeune étudiante. Elle brise le silence.

J’ai toujours eu un tempérament dynamique et mon ingéniosité me permettent de m’en sortir dans l’adversité mais j’ai connu une épreuve compliquée durant mes études. Je pensais que le sort s'acharnait sur moi mais il en était tout autre.

Victime de chantage

En 2004, l'université de Bouaké avait été délocalisée à Abidjan. Je fus donc contrainte de gagner la capitale économique pour les études. Un jour, au cours de la composition de passage, un des assistants présents dans la salle s’est approché de moi pour me demander mon nom et mon contact téléphonique. Chose que je fis immédiatement.

« Il m’informa qu'il était en possession de mes copies. Il voulait donc que je parte le rejoindre dans une chambre d'hôtel avec de l’argent si bien sûr je tenais réussir à l’examen. »

Une semaine plus tard, je reçus un appel de la part de l’assistant aux environs de 5 heures du matin. Il m’informa qu'il était en possession de mes copies. Il voulait donc que je parte le rejoindre dans une chambre d'hôtel avec de l’argent si bien sûr je tenais réussir à l’examen.  J’étais paniquée, mais je ne comptais pas céder à cette extorsion, ni à ce chantage sexuel. Je décidais de le dénoncer ! J’ai donc informé un des professeurs que je connaissais mieux au sein du département . Á son tour, il a informé d’autres professeurs. Alarmés, il m’ont demandé de me rendre sur le lieu du rendez-vous fixé par le maître chanteur pour le prendre en flagrant délit. Mais, le risque était grand pour moi, je ne  pouvais pas me rendre dans la même pièce que cet homme. J’avais peur qu'ils n’interviennent pas à temps, et que ce dernier parvienne à me toucher.

La seule option était donc de saisir la hiérarchie du comportement de l’assistant. Le professeur fut convoqué par le doyen de l’université pour entendre sa version des faits. Il a bien évidemment nié en bloc tous les faits qui lui ont été reprochés. On me fit appel de nouveau pour m’expliquer. J'ai expliqué de nouveau les faits avant de préciser que j'étais prête à une éventuelle confrontation. Ils m’ont laissé partir. Plus tard, l'administration s’est rendue compte que je n'étais pas la première victime de ce professeur. C'était un habitué. Il récidivait donc avec moi.  Mais rien de concret n’a été entrepris. Aucune sanction n’avait été retenue contre lui. Je repris le cours de mon existence en pensait laisser cette histoire derrière moi. Ce n’était plus qu’un mauvais souvenir d’étudiante.

« Mes feuilles de compositions restaient introuvables. (...) Je pensais que j'étais victime d’un sortilège. Je pris la décision de mettre un terme à mes études. »

La malchance me souriait

Au cours des trois années qui ont suivi les faits, je me suis retrouvée à reprendre la licence professionnelle pendant 3 années consécutives ! Les efforts que je fournissais pour réussir étaient en vain. Il y avait toujours une nouvelle matière qui se rajoutait à celle que  je devais valider. Mes feuilles de compositions restaient introuvables. Affectée par la situation, je pensais que j'étais victime d’un sortilège ou de malchance. Je pris la décision de mettre un terme à mes études. Mais je me fis le pari de travailler pour intégrer une entreprise sans aucun diplôme du supérieur. J’ai postulé à plusieurs emplois. C’est ainsi qu’en 2007, je décrochais mon premier poste de commercial dans une entreprise de la place.  

« Il avait  pris la ferme décision de ne jamais me laisser valider ma licence jusqu'à la fin de sa vie. »

Découverte du pot-aux-roses

Trois ans plus tard, je revoyais un des professeurs que j’avais averti des années plus tôt. Nous discutions de tout et de rien lorsqu’il marqua la conversation d’un silence insoutenable. Il semblait gêné, ses mains étaient moites.  Il m’avoua que l’assistant (le maître chanteur) était en fait le neveu du directeur du département dans lequel j’étais. Et quand l’oncle fut informé de la situation, il a décidé de me faire payer ce qu’il considérait comme un affront envers sa famille. Il avait pris la ferme décision de ne jamais me laisser valider ma licence jusqu'à la fin de sa vie. J'étais donc victime de sa colère. Je comprenais alors la raison de ces années de ces années d'échecs.

En 2012 j’ai eu un appel téléphonique de l'assistant qui me demandait si j’avais reconnu sa voix et qui m’informait qu’il était désormais professeur titulaire. Une manière de me dire encore que je ne pourrai jamais avoir ce diplôme. C’était quand même osé de sa part de me passer ce coup de fil après ce que son oncle et lui m’avaient fait endurer. Malgré tout, je n’ai point baissé les bras. Dix années plus tard, j’ai tenu mon pari. Je suis commercial dans une entreprise de la  place sans jamais avoir eu recours à mon diplôme universitaire.

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