C'est mon histoire : sous l'emprise d'un pervers narcissique

Parfait... en apparence

C'est mon histoire : sous l'emprise d'un pervers narcissique
Écrit par ELLE.CI
Publié le 06 juin 2017 à 17h10

Parfait... en apparence

Avant de prendre la dure décision de quitter Stéphane, Félicie n'avait jamais entendu parler du terme de « pervers narcissique ». Aujourd'hui, elle revient sur cette relation toxique qui a failli la détruire.

J'étais étudiante en dernière année d'école de commerce, des projets pleins la tête et la vie devant moi. J'étais décidée à profiter de ma vie en Europe avant de retourner au pays. C'est en 5eme année que j'ai rencontré Stéphane à une fête organisée par des étudiants de médecine. Il se distinguait des autres. Séduisant, flatteur, réservé, Stéphane était interne dans un hôpital et rêvait de devenir neuro-chirurgien. Il était ambitieux et sûr de lui, il avait tout pour me plaire mais avait l'air d'être sorti tout droit d'un rêve. Il était trop parfait et le fait qu'il soit plus âgé que moi en ajoutait à son charme. Stéphane m'a courtisé avec beaucoup de persévérance. Je recevais des messages plusieurs fois par jour. Les attentions étaient quotidiennes. Il est vite entré dans ma vie alors que nous n'étions pas (encore) en couple.

Le début de l'enfer

J'ai cédé au bout de 5 mois. Il tenait à rencontrer mes parents alors il m'a accompagné pendant les vacances de Noël à Abidjan. Il était exigeant et j'aimais ce trait de sa personnalité. Mes parents l'ont tout de suite adopté. La relation, pourtant récente, n'avait pas eu de préjudice sur l'affection que mon père et ma mère portaient à Stéphane. Un an après le début de notre relation, les messages se faisaient de plus en plus rares, les conversations de plus en plus neutres et ses demandes plus autoritaires. J'étais déstabilisée par son comportement car très amoureuse de lui. Je ne comprenais pas cette froideur. Je culpabilisais sans pour autant avoir commis quoi que ce soit. Il me reprochait mon changement de style, disait que je me laissais aller, réprimandait chaque matin mes tenues et répétait que je n'avais pas d'avenir professionnel car j'avais choisi un domaine trop compétitif (pour moi). Lorsque j'ai appris qu'il voyait nos amis sans me le dire, j'ai vraiment été alarmée par son comportement ! Quand j'ai demandé des explications, il a sous-entendu que nos amis communs avaient du mal avec ma présence car j'étais de plus en plus insupportable. Il prenait comme preuve mon énervement et mes petites déprimes. Je pensais que le problème, c'était moi.

« Je vivais dans un stress permanent mais j'attendais ses rares messages et moments d'affection avec beaucoup de ferveur. »

Ma confiance en moi était diminuée. Ses remarques étaient assassines, son regard glacial. Il me critiquait à longueur de journée soit disant "pour mon bien". « Enlève ce short, tu ressembles à un pneu Michelin. C'est pour ton bien que je dis ça. », « En même temps, tu n'as pas de caractère, c'est normal que qu'ils aient préféré ta collègue en négo plutôt que toi. Ne le prends pas mal mais c'est la vérité. », « Renouvelle un peu ton intelligence, ça ne m'étonne pas que tu aies raté ce concours... ». Il a commencé à scruter le moindre de mes faits et gestes, la manière de me vêtir, mon poids. Il était compliqué de raconter avec les bons mots les problèmes que je rencontrais car Stéphane avait des milliers de visages. Il pouvait se montrer doux et prévenant avec mes parents, drôle et adorable avec mes amis, froid et violent avec moi. Notre entourage pensait que j'étais avec l'homme parfait même mes parents ! Tout ce que je lui disais, il l'utilisait contre moi. J'avais le sentiment que je n'avais plus de liberté. Heureusement, j'avais mon travail qui me permettait de tenir la tête hors de l'eau mais rentrer à la maison et le revoir me terrorisait. Je ne savais pas comment le prendre. Il pouvait se montrer drôle, romantique un soir et être dans une fureur terrible le soir suivant. Je vivais dans un stress permanent mais j'attendais ses rares messages et moments d'affection avec beaucoup de ferveur. 

Le prédateur démasqué

Pour éviter de le voir, je passais de plus en plus de temps au bureau et c'est ma rencontre avec Hélène, ma nouvelle collègue, qui m'a sauvé la vie. Nous nous voyions souvent après le bureau pour aller boire un verre, faire un ciné mais jamais je n'avais osé parler de mon problème. Puis un jour, autour d'un dîner après le travail, nous nous sommes racontées nos anciens déboires amoureux et c'est là qu'elle m'a parlé de la fois où elle était sortie avec un pervers narcissique. Je n'en avais jamais entendu parler mais la manière dont elle décrivait cet ex, j'étais interpellée. Son attitude ressemblait point par point à mon Stéphane et je me retrouvais dans le mal être décrit par Hélène. C'est là que je me suis lancée et lui ai raconté mon calvaire avec Stéphane. Elle m'a conseillé d'en finir avec cette relation le plus vite possible et m'a même offert le gîte car elle savait à quel point il était difficile de quitter un pervers narcissique.

« Il exerçait une pression trop forte sur moi car il avait le soutien de ma famille et mes amis. Personne ne connaissait son visage à découvert.»

J'ai passé les semaines suivantes scotchée à mon téléphone afin d'en savoir plus sur ce trouble de la personnalité. Manque d'empathie, changements soudains d'humeur, les dissimulations et mensonges. Je me suis faite ma propre opinion. Tout cela me semblait tellement fou, jamais je n'aurais pensé que mon compagnon avait un trouble de la personnalité. Pour moi, c'était le genre de choses qui n'arrivaient qu'aux autres. J'ai tenté de le quitter à plusieurs reprises mais il exerçait une pression trop forte sur moi car il avait le soutien de ma famille et mes amis. Personne ne connaissait son visage à découvert. Je me réfugiais souvent chez Hélène mais il était menaçant envers elle et je ne pouvais risquer de la mettre en danger. Ce qui m'a définitivement sauvé est une proposition d'emploi à l'étranger. J'ai pu m'éloigner de lui physiquement comme mentalement. J'ai coupé les ponts et ne lui ai pas donné de nouveau numéro telle une fugueuse. Il ne pouvait plus avoir le dessus. C'était la libération.

Aujourd'hui, je suis heureuse de ne rien avoir construit avec Stéphane. Si je l'avais épousé ou avais eu un enfant de lui, j'aurais déja un pied dans la tombe. Nos amis communs m'ont récemment appris qu'il s'est fiancé. Je ne peux pas m'immiscer dans sa vie amoureuse mais je suis triste d'avance pour cette fille qui n'a rien demandé. J'ai décidé d'être égoïste le temps de me reconstruire et oublier les méchancetés gratuites que j'avais subi ces trois dernières années.

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